Louis Adams Chapitre 3

Louis
 
« Y a quelqu’un ? »
 Je sursaute et mes yeux se détachent de mon écran d’ordinateur. Je reconnais la voix de Lucie et je regarde l’heure, étonné qu’elle se pointe en milieu d’après-midi, comme ça, sans prévenir.
 
« Le bip du portail déconne, fais-moi changer ça, sérieux. C’est pas comme si t’avais pas les moyens, il ronchonne avant de se laisser tomber dans le canapé, à côté de moi. Elle est déjà là Marie ou quoi ?
– Sérieusement ? Vous vous donnez rendez-vous chez moi, maintenant ?
– Oh ça va, vous vivez pas loin. Côté gauche ou côté droit, c’est un peu la même chose. Puis elle m’a dit qu’elle voulait venir te voir et je lui ai proposé de passer la récupérer ici.
– La récupérer ici ? Marie. Elle vit dans l’autre aile du manoir, tu pouvais pas juste l’attendre chez elle ? »
 
Il lève les yeux au ciel avant de loucher sur l’écran de mon ordinateur.
 
« En fait elle est encore sous la douche et comme je sais qu’il y en a pour une heure minimum, j’suis passée voir mon vieux pote en attendant, il avoue.
– C’est trop gentil à toi, je réponds en roulant des yeux.
– J’t’en prie. Comment ça va alors ? T’es rentré y a deux jours, nan ? Hey d’ailleurs. Sérieux faut faire un truc à tes gosses. Les attacher, les endormir, les mettre sous calmant, j’sais pas mais wow. Trouve un truc. Ça ne les réussit pas l’école. »
 
J’éclate de rire parce que je sais qu’elle préfèrerait ne pas avoir d’enfants à mi-temps, mais qu’elle n’a pas le choix s’il veut continuer à voir ma sœur.
 
« Nan mais tu sais ce que c’est que de les avoir pendant des semaines, non stop ?
– Louis… Ce sont mes enfants, je lui fais remarquer.
– Oui. Mais c’est ta sœur et moi qui passons le plus de temps avec eux, j’te ferais remarquer. Puis comment t’arrives à ne pas leur scotcher la bouche ? »
 
Quand il dit ça, ma mâchoire se décroche et je me réentends dire à Nola “t’as vraiment beaucoup d’imagination, ma fille” lorsqu’elle m’a rapporté que Lucie leur avait “attaché” la bouche.
 
« Bordel Lucie ! C’était vrai alors ? Tu leur as vraiment scotché la bouche ?!
– Bah ouais. Et enfermés dans le placard. Mais dans le cadre d’un cache-cache à Londonien. »
 
Je lui décroche un coup de poing dans l’épaule et elle se la frotte énergiquement en me regardant de travers. Malgré tout, j’ai envie de rire.
 
« Hey mais ça fait mal !, il grommèle.
– Ce ne sont pas des chiens, ce sont des enfants. T’es stupide ou quoi ? »
 
Il me jette un regard blasé, et j’hésite à changer de sujet car je déteste réaliser que Lucie peut prétendre connaître mes propres enfants mieux que moi, étant donné qu’elle est celui qui les gardait quand je n’étais pas là et que j’étais très souvent absent. Mais c’était avant les vacances d’été. Avant que je ne me prenne en main et que je décide d’être un meilleur père pour mes jumeaux.
 
« Écoute, Chris a mis sa vie à revenir des courses et moi… J’en pouvais plus. Alors on a fait un jeu. », il répond simplement, en se retenant certainement de me dire qu’il n’avait pas besoin de leçons de ma part pour savoir ce qu’il pouvait faire ou non. 
 
Je secoue la tête avant de fermer l’écran de mon PC. J’ai l’intention de lui proposer quelque chose à boire mais elle est plus rapide.
 
« T’étais sur Twitter ?, il dit. Je t’ai vu.
– Je regardais un truc vite fait, je réponds sur un ton neutre.
– T’es puni de Twitter. Tu le sais. T’as interdiction formelle d’y aller pour fouiller comme t’étais certainement en train de le faire.
– Je regardais juste les photos. C’est tout. Je ne veux pas que les petits se retrouvent partout sur internet. 
– Mouais… », il répond, pas super convaincu par mon argument.
 
Pour une fois que je suis vraiment en train de regarder les photos du jour et pas fouiller pour lire toutes les horreurs qu’on peut dire sur moi, je trouve son jugement injuste. Mais je l’accepte parce que je fais rarement ce que je dis que je fais. 
 
« Je vais quand même le dire à ta sœur. Demain.
– Pourquoi demain ?, je demande dans un soupir.
– Parce qu’aujourd’hui, j’ai l’intention de passer une bonne journée sans qu’elle ne regarde son portable toutes les trois minutes en se demandant si t’es pas en train de vider le bar du salon. »
 
Je me lève en soupirant et je ne réponds rien. Je suis incapable de déterminer si je suis vexé par la justesse de sa réflexion ou blessé qu’elle ose en parler devant moi, comme si c’était une blague.
 
« Quoi, c’est trop tôt pour l’évoquer ?, il demande avec désinvolture.
– J’ai failli perdre mes enfants, Lucie. On ne pourra jamais en rire.
– Ok, elle répond avec un air désolé. Mais ne va plus chercher toute la merde qu’on dit sur toi. Ça finit toujours mal. »
 
Je n’ai pas l’intention de répondre alors il va sûrement renchérir, mais on entend le Talkie Walkie grésiller. Amen. Lucie a toujours le don pour foutre les pieds dans le plat, c’est insupportable.
 
« Un, deux, un, deux. Est-ce que c’est l’heure du goûter ?, demande Nola.
– Putain mais ils sont là ?, s’étonne Lucie.
– Où tu veux qu’ils soient, espèce de débile ?, je lui demande en allant chercher le Talkie Walkie, et j’appuie sur le bouton pour pouvoir parler. C’est l’heure. En plus, y a tattie Lucie. »
 
Même pas un cri dans l’appareil, rien. Mais on entend un vacarme dingue à l’étage et Lucie me fusille du regard.
 
« Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu me trahis comme ça ? Tu ne m’aimes pas, c’est ça ? Tu me détestes ? », elle se plaint. 
 
J’éclate de rire et, dans la seconde, les jumeaux s’accrochent à Lucie comme des petits singes.
 
« Hey oh, c’est comme ça qu’on dit bonjour chez vous ? Bande de sauvages !
– Un tour de magie ! Un tour de magie !, piaille Thaïs comme si il ne l’avait pas vu depuis deux semaines.
– Oh mon Dieu mais t’en as une troisième !, s’exlame Lucie en apercevant Julie. À qui tu l’as volé celle-là ? C’est une fan qui t’as fait un gamin dans le dos ?
– Mais tais-toi !, je râle.
– C’est quoi un gamin dans le dos ?, demande Nola.
– Ton père t’expliquera ça plus tard, répond Lucie en balançant tour à tour mes enfants sur le canapé avant qu’ils ne lui ressautent dessus. Elle ne m’agresse pas celle-là ? C’est une enfant normale ? »
 
Je tourne la tête vers Thaïs qui est dans son coin, tout timide. il a enfilé un déguisement de Clochette et il se balance sur ses pieds, les jambes croisés.
 
« Ne va pas me la traumatiser, c’est clair ?, je dis à l’attention de Lucie avant de m’abaisser près de Marie-Rose. Est-ce que tu veux aller aux toilettes, ma petite nièce ? »
 
Quand elle hoche la tête, ses petits cheveux blonds lui tombent devant les yeux alors je les coincent derrière ses oreilles, et je me redresse.
 
« Rends-toi utile, je dis à Lucie. Sors-leur un goûter.
– Tu devrais me donner un salaire pour tout ça ! », il ronchonne.
 
Je tends une main vers Nola pour l’entraîner dans le couloir et la conduire jusqu’aux toilettes.
 
« Je t’attends ici, d’accord ?
– D’accord. », elle répond d’une petite voix.
 
Elle semble tellement fragile que j’en veux encore plus aux jumeaux de s’en être pris à moi par trois fois.
 
De là où je suis, je peux entendre Louis râler et dire à Thaïs de dégager et à Nola qu’elle est chiante. Je sais que je m’adresse à eux de la même manière, mais je réalise que ce n’est pas comme ça qu’ils se comporteront mieux à l’école. C’est normal qu’ils soient insolents puisque les exemples qu’ils ont ne sont pas les personnes les plus respectueuses qui soient – ma tante  mise à part.
 
« Madame ?, la voix fluette de Marie-Rose me ramène sur Terre et j’ouvre la porte.
– Appelle-moi, tattie, d’accord ? 
– D’accord, elle dit de sa petite voix avant de désigner son collant en laine. C’est tordu.
– Oh, oui. Attends. »
 
Je me baisse pour l’aider à remettre correctement son collant et j’en profite pour y coincer son sous-pull et remettre sa robe, puis son déguisement. Elle tend ensuite les mains au-dessus du lavabo et je l’aide à ouvrir l’eau. Je trouve étonnant qu’elle ait besoin de moi et je me demande si c’est parce qu’elle n’est pas débrouillarde, si c’est sa petite taille ou si c’est juste c’est enfants qui sont deux et qu’ils n’hésitent pas à grimper sur les meubles et se porter l’un et l’autre pour parvenir à leur fin, qui faisait la différence.
 
« Merci, tattie. », elle murmure avant de s’essuyer les mains sur la serviette près du lavabo.
 
Elle me tend la main et je la trouve tellement mignonne que je me penche pour la soulever et la porter jusqu’à la cuisine.
 
Quand on arrive dans la cuisine, ThaÏs  est debout sur le plan de travail et Nola escalade le buffet pour attraper la seule madeleine qu’il reste. C’est à ce moment précis que je réentends louis nous hurler – à Marie-Rose et moi – qu’on paierait toutes les misères qu’on lui a faites avec nos propres enfants. Evidemment, j’ai tellement fait chier ma mère dis Louis que je n’ai  eu un gamin comme moi, mais deux. En même temps.
 
« Mais vous rigolez ou quoi, là ? », je gronde.
 
Tout le monde se fige. Puis Nola mange la madeleine le temps que je dépose Marie-Rose sur une chaise et alors là, c’est le chaos total. Les jumeaux crient, sautent partout et frappent Lucie. Puis le pire-des-nia refait même surface.
 
« Louis !, je hurle en le voyant faire.
– L’enfoiré, comment ça fait mal !, dit Lucie, en me mettant encore plus hors de moi avec son insulte.
– Lucie PUTAIN !
– Annnh papa, gros mot ! », dit Nola.
 
Je crois que c’est la phrase de trop parce que je vais me mettre à pleurer de nerfs.
 
« Vous allez le payer quand vous aurez des gosses ! Je vous le jure. Thaïs, tu descends de là maintenant, je ne rigole même plus ! C’est une table, pas une aire de jeux. », je me fâche.
 
J’ai à peine eu le temps de réagir qu’il saute dans les airs, sur moi, et je le rattrape au vol.
 
« Mais t’es malade ou quoi ?, je tonne.
– Je vole !, il réplique.
– Ma main va voler sur tes fesses, tu vas voir ce que ça fait. »
 
Ça calme même Nola qui demande à Lucie de l’aider à descendre.
 
« Bon sang mais vous n’avez pas honte d’agir comme ça ? On dirait des échappés de l’asile !
– C’est quoi un lasile ?, m’interroge Nola.
– C’est là où ton père a failli finir quand vous êtes nés. »
 
Je sais qu’il ne fait pas vraiment référence à ce qu’il s’est passé cet été, je sais qu’il est juste en train de continuer la conversation pour leur expliquer qu’ils me rendent chèvre, maintenant, mais c’est trop tard, je suis blessée. Je vois dans ses yeux qu’il se rend compte de ce qu’il vient de dire et ça le calme instantanément. Je prends sur moi mais j’ai la gorge serrée. Je suis fatiguée et personne ne m’aide.
 
« Calmez-vous sinon Marie-Rose n’aura plus envie de venir. Vous vous comportez comme des singes, je soupire.
– C’est un peu la honte ?, demande Marie sans que je ne sache d’où il sort une expression comme celle-là.
– Un peu, oui, je soupire. Je ne veux plus que tu mordes les gens, Thaïs. C’est clair ? Personne, les enfants, les adultes, les animaux… Personne. Tenez-vous correctement sinon, vous ne goûterez pas, je menace.
– Nola elle a mangé la dernière madeleine, murmure Marie-Rose en allant s’asseoir, la mine boudeuse.
– Est-ce que tu vas en mourir ?, je demande, légèrement agacé qu’elle trouve encore quelque chose à répondre.
– Non.
– Alors on est sauvés. »
 
Je soupire avant de sortir tout ce que j’ai comme goûter des placards et je me tourne vers Marie-Rose qui est silencieuse et toute sage – et certainement brusquée par tous ces hurlements. Je me demande s’ils sont comme ça en classe, si je n’ai pas raté quelque chose dans leur ‘éducation que je tente de leur inculquer.
 
« Ça va ? », je lui demande tout de même.
 
Elle hoche la tête avec un petit sourire, pas contrariante pour un sou. 
 
« Tu veux quelque chose ? »
 
Elle tend une main tremblotante vers un paquet de gâteaux que j’ai ouvert et elle se sert avant que les jumeaux ne se jettent dessus. Je leur sers à boire à tout le monde et je vais m’asseoir à mon tour.
 
« Lucie…, commence Louis.
– C’est bon. J’ai pas envie d’en discuter, mais n’insulte plus mes enfants, c’est clair ?
– Désolé d’avoir dit ça. À propos de l’asile, il tente tout de même.
– C’est bon, Lucie, je soupire. Je t’ai dit que je ne voulais pas en discuter. »
 
La fin du goûter se passe dans le plus grand des silences et l’ambiance est si étouffante que je suis mal à l’aise. Mais heureusement, ma sœur arrive.
 
Nola fond sur elle et il fait mine de la prendre dans ses bras, de l’embrasser, mais je sais qu’elle est en train de lui chuchoter ce qu’il s’est passé. Elle lui jette un regard noir et elle vient s’installer à côté de moi.
 
« Salut tata, dit timidement Nola.
– Pas la peine de me dire salut, hein. Je sais déjà tout ce que vous avez fait, bande de sales gosses, elle répond avec un petit sourire en coin.
– thaïs c’est un rapporteur, ronchonne Louis, mais Marie n’a pas envie de rire, il me semble.
– C’est à moi que tu parles, Marie ? C’est à moi que tu dis ça ? »
 
Le ton de ma sœur est ferme, aucun ne bronche. Je suis soulagé même si ça me fait mal de prendre conscience qu’entre ma sœur et moi, je suis celui qui a le moins d’autorité sur mes propres enfants.
 
« Je vous ai déjà expliqué que les adultes ne sont pas vos copains, c’est clair ?, elle gronde.
– Oui tata, Oui Maman ils répondent d’une même voix.
– Vous avez intérêt à vous excusez auprès de Lucie, papa et surtout de votre invi—oh mon Dieu, Marie-Rose. »
 
Je mets un coup de coude à Louis qui n’a visiblement pas su masquer sa surprise. Elle se tourne vers moi avec de grands yeux, l’air de dire “t’es taré ou quoi ?” mais je hausse les épaules.
 
« Bonjour, madame, murmure Nola.
– Bonjour mademoiselle. Tu peux m’appeler Tattie Marie, elle précise avec un grand sourire. Tu aime la nouvelle coupe de cheveux, de Marie-Rose ! Ça lui va  bien. ! »
 
Nola affiche un large sourire, toute fière.
 
« Merci beaucoup.
– C’est parce que Moi et Thais ont lui a mis de la colle dans les cheveux, rapporte Nola.
– Non, c’est toi !
– Non, c’est faux !
– Si, c’est vrai !
– Non, c’est faux ! »
 
 Je donne un coup sur la table et ils cessent immédiatement de se chamailler.
 
« Pardon tout le monde, reprend Thais.
– Oui, pardon tout le monde. On va être sages. », renchérit Nola.
 
J’ai entendu cette phrase tellement de fois qu’elle n’a plus de sens, mais au moins, on aura du répit pendant quelques heures.
 
« On retourne jouer! dis Thais?
– Ouais !! Allez viens Marie-Rose, on va te montrer notre cabane secrète ! »
 
Les jumeaux quittent de table à toute allure et ils foncent vers les escaliers comme des malades. Mais Marie-Rose reste là, assise les bras croisés.
 
« Qu’est-ce qu’il y a ma puce, ça ne va pas ?, je lui demande.
– Est-ce que je peux sortir de table moi aussi ? », elle demande timidement.
 
Je me prends une telle gifle que j’ai envie de pleurer. Comment est-ce qu’on peut-être aussi bien élevé ? COMMENT ?
 
« Bah… Marie-Rose?, fait Marie en pointant de nouveau le bout de son nez.
– Bien sûr que tu peux y aller. », je réponds avec un sourire qui se veut rassurant.
 
Marie-Rose descend de sa chaise et, sans trop courir, elle rejoint les jumeaux qui lui prend la main. Elles disparaissent toutes les trois et je me laisse tomber sur la table en enfouissant ma tête entre mes bras. Je sens la main compatissante de ma tante dans mon dos et ça me donne encore plus envie de pleurer.
 
« C’est bon. Vous pouvez y aller, je marmonne entre mes bras.
– Merci. », lâche Lucie avec enthousiasme.
 
J’entends ma tante lui jeter un paquet de gâteaux vide en lui murmurant un truc comme “pauvre con”.
 
« C’est bon, Lucie. Je vais survivre, je lui assure.
– Je sais. Mais tu peux me les confier quand tu veux, t’as juste à passer une porte, elle dit alors que je relève la tête.
– Je suis là depuis deux jours, Louis’. Deux jours. Tu crois vraiment qu’ils vont bien le prendre si je te les amène tout de suite alors que je ne les ai pas vus pendant des semaines ? Puis ils m’ont manqué. J’ai envie de les avoir tout le temps avec moi, j’avoue.
– Mais t’es fatigué à cause du décalage horaire et c’est pas comme s’ils étaient reposants, elle insiste.
– Ce sont des enfants. C’est normal qu’ils soient turbulents.
– Bah quand je vois la copine qu’ils ont ramenée bordel, moi je me poserais des questions. », dit Lucie.
 
Sans un mot, je me lève et je vais m’enfermer dans la salle de bain la plus proche pour ne pas me mettre à crier comme un cinglé. J’entends Louis l’insulter et prendre ma défense point par point, comme toujours. J’entends Lucie se servir de son manque de tact incontrôlable pour se couvrir, mais Marie conlcut qu’il est vraiment trop con. Deux fois en moins de dix minutes qu’elle l’insulte : j’ai l’air à bout à ce point-là ? En si peu de temps ? Quelqu’un vient frapper à la porte pendant que je me passe de l’eau sur le visage.
 
« Désolé, soupire Lucie. Sérieux, c’est juste parce que la petite est élevée par un Gendarme. Elle est là la différence. Mais je suis sûr que si on monte dans la chambre maintenant, elle est en train de courir partout comme une fofolle. »
 
J’ouvre la porte et je passe devant lui en l’ignorant complètement.
 
« Allez-y, ça se passe très bien quand ils jouent, alors c’est bon, j’assure à ma sœur qui me scrute en silence. Allez, vas-y, je te jure que ça va. »
 
Je n’ai même pas entendu Lucie revenir et à l’instant où je vais me répéter, l’interphone sonne. Je regarde l’heure et il est presque une demi-heure trop tôt.
 
« Merde, c’est le père de la petite  Chloé !, je panique, sans savoir pourquoi.
– Le flic ? Oh mon Dieu, cache la coke ! », lâche Lucie? en même temps Lucie pourquoi tu as quitté mon frère que tu sais bien que tu as des enfants avec lui et tu la quitté  pour sortir avec un Gendarme t’es Folle Vraiment Folle, Mes bon vous avez aussi une fille ensemble alors je vais rien dire avant de me faire Psy-canaliser 
 
Je plisse les yeux tout en le jugeant sévèrement.
 
« Tu vois, c’est à cause de phrases comme celles-ci que mes enfants risquent de m’être enlevé, espèce de stupide.
– Ils ne sont même pas là !, il se défend.
– Et c’est même pas le Gendarme, je dis en leur faisant signe de se taire le temps que je décroche l’interphone. Oui ?, je demande.
– C’est le papa de Chloé.
– Je vous ouvre ! »
 
J’appuie sur le bouton avant de raccrocher ; Lucie me fixe avec un sourire en coin que je n’aime que moyennement.
 
« il es bisexuelle , nan ?
– Ouais.
– Tu pourrais te le serrer celui-là ? J’veux dire physiquement. Il est comment ? Il t’attire ou quoi ? » Non
 
Je lui fais un bon gros doigt d’honneur avant que Lucie n’intervienne.
 
« Bon, on va y aller. Je ne suis pas sûre que me voir lui rappelle de bons souvenirs.
– Putain mais oui ! Il étais le pédés de l’école !, il s’exclame avec un faux ton dramatique. Mais tu pactises avec l’ennemi, Nicola ? Tes déviances sexuelles ne te réussissent pas, cher ami !
– Mais Lucie, putain ! Je ne suis pas déviant sexuellement !, je me défends.
– Dis ça au Seigneur. Il te voit là-haut. Tout ça c’est entre lui et toi, tu sais. Et si tu n’ouvre pas les portes du paradis aux gays c’est parce qu’ils ont trop ouverts leur propre porte avant, il ajoute avec un faux air angélique placardé sur le visage.
– J’suis pas gay. C’est arrivé une fois. Une fois. Et j’étais complètement…, je m’interromps en entendant frapper à la porte. Un mot Lucie, un mot de travers et je raconte à Ton Marie toutes tes déviances sexuelles, je menace.
– Quoi ? De quoi tu parles ? », elle demande, soudainement intéressée.
 
Mais j’ouvre la porte alors ils font comme s’ils étaient des personnes tout à fait normales.
 
« Entrez, je dis avec un sourire.
– Oh… Vous avez du monde ?, s’inquiète Louis. Je suis désolé, je suis un peu en avance mais je…
– On partait, coupe Marie. Pas de problème. »
 
Lucie me fait un clin d’œil dans le dos de Louis avant de mimer quelque chose avec sa langue qui lui vaut une tapette de la part de ma sœur.
 
« Espèce de débile mental !, elle dit avant de se tourner vers Louis, qui semble complètement dépassé par la situation. J’espère vous revoir ici plutôt que dans le bureau du Gendarme elle ajoute en tendant une main que Marie serre chaleureusement.
– Moi aussi, elle répond.
– A demain, Marie. Et si t’as besoin, n’appelle pas. », souffle Louis.
 
Je lève les yeux au ciel et Marie vient déposer un baiser sur ma joue avant de sortir définitivement, main dans la main avec son débile de mec. Le calme revient et j’essaie de reprendre mes esprits avant de sourire à Louis, un peu mal à l’aise de me retrouver seul avec lui.
 
« Ils sont encore en train de jouer, j’explique. On vient de finir de goûter, alors…
– Je suis venu un peu plus tôt, je sais. Je laisse rarement ma fille et comme ma femme passe la journée avec ta Sœur, je tournais en rond. C’est stupide, il bafouille, les yeux rivés sur un point derrière ma tête.
– Oh, non, non, ne vous inquiétez pas ! Pas de problème, je le rassure avec un sourire sincère. Vous voulez boire quelque chose ? Je n’ai pas d’alcool ici mais…
– Un verre d’eau m’ira très bien, il me coupe. Merci. »
 
J’acquiesce avant de l’inviter à s’asseoir et je vais lui chercher son verre d’eau. Je n’ai plus l’habitude de recevoir des gens autre que ma sœur et l’autre débile mental que je ne suis pas certain de savoir quoi lui dire.
 
« Voilà. »
 
Je pose son verre d’eau en face de lui et il me remercie pendant que je m’installe aussi.
 
« Tout se passe bien ?, il demande, sans être capable de masquer son inquiétude.
– Oui, ils s’amusent bien. Y a de l’espace. Vous voulez la récupérer peut-être ? Je peux leur dire de descendre ?
– Oh non, non. Enfin… Sauf si vous avez quelque chose à faire ou…, il n’achève pas sa phrase et il se mord la lèvre en rougissant presque. Je n’aurais pas dû venir si tôt, je suis désolé.
– Non. Ce n’est rien. Je comprends. Enfin… en me basant sur ce que j’ai vu de Lucie. Moi je n’ai pas peur de laisser mes enfants étant donné que je sais exactement comment ça va finir, je ris faussement.
– C’est difficile des jumeaux, non ? et toi une fille?
– Hum… oui. ?

C’est bien pour certaines choses, mais c’est très épuisant. Au début c’était compliqué pour leur donner à manger, puis ensuite quand ils ont commencé à marcher, quand ils ont su monter et descendre les marches, les bêtises, s’inventer un langage pour qu’on ne comprenne rien… Tout plein de trucs, en fait. Puis ça ne se calme pas en grandissant, au contraire.
– Oh… »
 
Il semble tellement désolé que je m’en veux d’avoir dit ça.
 
« Mais ils sont adorables, hein, je me rattrape. C’est juste qu’ils débordent d’énergie.
– Ce n’est pas trop dur avec… votre métier ? », il questionne.
 
La plupart des gens m’interroge sur ma vie de sorte à satisfaire une curiosité malsaine, mais je sens que c’est différent chez lui et ça me plaît beaucoup. mes je dois me faire a l’idée que je ne peux pas faire sa à ma famille?
 
« Ça aurait dû être plus simple, je reconnais. Mais ça ne l’est pas. Ma sœur m’aide beaucoup. »
 
Il hoche la tête et je crois qu’il comprend que je n’ai pas envie d’en parler parce qu’il ne poursuit pas la conversation.
 
« Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, il dit en se levant. Nous inviterons les jumeaux à notre tour.
– NON !, je m’écris malgré moi avant de me racler la gorge. Enfin, non. Ils sont vraiment… turbulents. Ne vous sentez pas obligé de faire ça.
– Je suis sûr que ça ira. », il sourit, confiant.
 
Mais je note dans un coin de ma tête de toujours décliner ses invitations. Toujours. Même dans un moment de faiblesse. Toujours, toujours, toujours. Je m’empare du Talkie walkie et j’appuie sur le bouton.
 
« Le papa de Chloé s’en vas, vous descendez ?, j’annonce.
– Oh noooooon !! On s’amusait trop bien !, râle Thaïs après quelques secondes.
– Maintenant, Ach’.
– Ok. », il soupire.
 
Le sourire amusé du père de Chloé ne m’échappe pas et je me permets de lui souffler un “mission accomplie”. Il hoche la tête et dans la minute qui suit, les enfants déboulent. Les jumeaux font clairement la tête et même si Nola boude un peu, son visage s’illumine quand elle voit le père de Chloé. Elle court vers lui et il la serre dans ses bras comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des mois.
 
« Alors ? tu vas bien ?, il demande avec entrain.
– Super chouette !, elle répond.
 
Il s’approche de Thaïs pour poser une main sur son épaule ; je trouve ça vraiment mignon.
 
« Tu peux le garder celui-là. C’est un cadeau. »
 
Thaïs regarde son père, son père me regarde, je regarde Thaïs et Nola lève un pouce dans ma direction.
 
« Garde-le, j’insiste.
– Merci. », elle  dit timidement.
 
Louis récupère son manteau sur le canapé et il l’aide à l’enfiler par-dessus son nouveau déguisement.
 
« Merci pour tout, dit Louis avant de prendre sa fille dans ses bras. À lundi les enfants ! »
 
« Merci, il répète.
– C’était un vrai plaisir de l’avoir, je lui assure tout en allant ouvrir la porte.
– A une prochaine fois. », il dit en sortant.
 
Je referme la porte et mes deux monstres viennent se coller à moi. Je devrais leur dire qu’ils ne se sont pas bien tenus et que je ne suis pas content, mais je n’y parviens pas. Je me baisse pour leur faire un câlin énorme et ils m’assassinent à coup de bisous et de je t’aime.
 
Je suis tellement faible que je vais même leur chercher McDo pour dîner.

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Par Diana ABDOU.

Rédactrice en chef

En 1949, l’Unesco lançait un programme mondial de lutte contre le racisme piloté par des intellectuels comme Claude Lévi-Strauss ou Michel Leiris. La déclaration finale proclamait que les théories relatives à la notion de supériorité raciale étaient scientifiquement et moralement infondées. Soixante-dix ans après, la « race » n’a pas disparu. Les discours haineux font même un retour en force dans les paroles politiques médiatiques et sur les réseaux sociaux. Au-delà des discours, inégalités et discriminations subsistent dans l’accès au logement ou à l’emploi.

Pourquoi, malgré l’invalidation scientifique de la notion de « race », cette dernière continue à avoir une influence sur la vie de millions de personnes ? Entretien avec Patrick Simon, démographe à l’Institut national d’études démographiques (INED) et spécialiste des discriminations. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages dont Le Racisme et la discrimination raciale au travail (AFMD, 2018), écrit avec Anaïs Coulon et Dorothée Prud’homme.

En soixante-dix ans, comment a évolué l’expression du racisme en France ?

Patrick Simon En 1949, au moment de la rédaction du programme de l’Unesco, les théories d’infériorité raciale circulaient ouvertement dans la vie politique et sociale. Puis, l’expression publique du racisme envers les personnes non blanches a disparu progressivement grâce à l’intervention éducative et aux lois antiracistes.

Le racisme actuel se manifeste à bas bruit. On ne dit plus ouvertement : « Tu es noir, et c’est pour cela que tu es moins intelligent. » Mais certaines pratiques, moins revendiquées et souvent peu conscientes, reposent sur les mêmes représentations stéréotypées et sur des préjugés fondés sur la couleur de la peau. Elles peuvent jouer au moment d’embaucher ou de louer son appartement. Il s’avère donc plus compliqué de repérer et de dénoncer ce racisme insidieux, pratiqué parfois par des personnes qui revendiquent des convictions antiracistes.

Le Noir, à certains moments, est enfermé dans son corps. Or, « pour un être qui a acquis la conscience de soi et de son corps, qui est parvenu à la dialectique du sujet et de l’objet, le corps n’est plus cause de la structure de la conscience, il est devenu objet de conscience.

«Personne n’est né avec de la haine envers l’autre du fait de la couleur de sa peau, ou de son origine, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à se haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer, car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé.»

Nelson Mandela traçait ainsi sa vision de l’humanité, une espérance qu’il offre aujourd’hui en héritage.

Cet «apprentissage» de la haine de l’autre se trouve exacerbé quand la crise économique se manifeste dans toute sa force et fournit des prétextes bien connus des chercheurs : la peur de perdre son emploi, subtilisé par l’étranger; l’affadissement des solidarités, dont témoignent les crispations autour du consentement à l’impôt; les inquiétudes quant à la pérennité du système de protection sociale; la stigmatisation d’un assistanat social.

L’ensemble de ces souffrances, dans le sillage d’une crise économique d’ampleur, peut engendrer un repli identitaire et la désignation bien commode de boucs émissaires.

L’expression du rejet de l’autre n’est pas supportable, dès lors qu’elle porte atteinte à la liberté d’être de celui qu’elle stigmatise, l’enfermant dans une singularité physique ou confessionnelle.

De quelle liberté s’agit-il quand on réduit l’autre à une simple différence, au lieu de percevoir cet universel, ce fonds commun d’humanité qui nous relie les uns aux autres dans une seule race, la race humaine ?

Cette exigence du blanc comme référentiel n’est-elle pas aussi la préoccupation, apparemment bien plus ordinaire que les manifestations du racisme hostile, de celles et ceux qui refusent tout débat sur les imprégnations de l’idéologie des couleurs dans nos mentalités collectives et de ce que cela produit d’une systémique de privilèges ?

Le tout premier des privilèges, c’est de ne pas avoir à savoir ni à penser que l’on en a : c’est le confort de croire à sa seule valeur individuelle et ses seuls mérites pour expliquer sa condition. C’est ne pas avoir besoin de s’affirmer pour être accepté et c’est exercer malgré soi, une forme d’autorité.

C’est disposer notamment de l’autorité qui permet de distinguer le « différent » à partir de sa propre « normalité » impensée. C’est pouvoir alors être dans une posture de magnanimité quand on promeut une « diversité » qui entend inclure les « différents » (de soi) en bénéficiant d’une écoute sociale d’emblée plus attentive pour une parole réputée plus juste et plus universelle que lorsque ce sont les « différents », soupçonnés de défendre d’abord leurs intérêts, qui s’expriment.

L’avenir de la lutte contre le racisme est précisément à l’inversion de ce paradigme : ce ne sont pas les « différents » que l’on doit désigner, c’est ce qui fait le référentiel de normalité et de centralité à partir duquel on fabrique la « différence » que nous devons mettre en cause.

C’est le blanc, ce faux incolore, qu’il est nécessaire d’enfin regarder en face, avec toute la lucidité qui s’impose pour admettre qu’il porte les traces d’un modèle d’inégalités systémiques. Autrement dit, ni culpabilité ni déni : les Blancs ne sont pas les colons ouvertement racistes d’il y a un siècle et demi, mais les Noirs et les autres populations racisées demeurent stigmatisées et discriminées par la persistance d’une idéologie des couleurs dans la perception des différences. Ce n’est donc pas à partir des intentions des Blancs qu’il faut d’abord penser le racisme, mais à partir de l’impact d’une culture infusée de racisme qu’il faut appréhender la condition des personnes qui en sont les victimes.

La France, Et si les femmes avaient « Le Pouvoir » ?
simone beauvoir

La France, Et si les femmes avaient « Le Pouvoir » ?

La France, les femmes et le pouvoir est le fruit d’une longue enquête destinée à comprendre l’origine et les caractéristiques de l’«exception française» en la matière. On sait que l’Hexagone fut le dernier des grands pays occidentaux à accorder le droit de vote aux femmes, et qu’il était à la fin du XXe siècle en queue de peleton de l’Europe et au 65e rang mondial pour la place qu’il leur réserve dans son Parlement. Mais si les faits sont connus, les raisons de cette situation n’ont jamais fait l’objet d’études approfondies. Parfois attribuées à un mystérieux «retard français», elles font surtout l’objet d’un tabou historique.

La France, Et si les femmes avaient « Le Pouvoir » ?
Aurore Bergé (c) députée et nouvelle présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, avec les députés Renaissance élus aux législatives, le 22 juin 2022 à Paris Aurore Bergé (c) députée et nouvelle présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, avec les députés Renaissance élus aux législatives, le 22 juin 2022 à Paris afp.com – Christophe ARCHAMBAULT

Ce tabou s’éclaire lorsqu’on saisit que l’exception française ne date pas d’hier, qu’elle a eu longtemps un tout autre visage, et que ceux qui ont le plus travaillé à l’exclusion des femmes des positions de pouvoir ne sont pas ceux que l’on croit généralement.

Du début à la fin du Moyen Âge, en effet, la France s’est plutôt signalée par un ample partage des responsabilités entre les sexes. C’est à ce partage que s’attaquèrent, le jugeant incongru, les troupes d’hommes grossissantes qui s’investirent dans la construction de l’État et le commentaire de la vie politique, en se donnant les moyens de gagner à leur point de vue des groupes de plus en plus nombreux. Cette histoire n’a pourtant rien de linéaire. Elle est au contraire remplie de conflits, de polémiques, de reculs et d’avancées, de mises au point de stratégies, de batailles perdues ou gagnées… dont l’Histoire qui s’enseigne à l’école ou à l’université ne dit généralement rien, ou rien de compréhensible.

Lorsque la parité n’est pas imposée par la loi, la proportion des femmes dans le personnel politique est minoritaire. Des effets territoriaux sont toutefois constatés : la proportion de communes dont une femme est maire est plus importante dans l’Ouest de la Métropole, dans le Sud du bassin parisien et en Rhône-Alpes que dans le reste du territoire. Ainsi cette proportion, qui est de 20 % dans l’ensemble du pays n’atteint pas 14 % dans le département du Var mais dépasse 25 % dans celui des Landes.

Les écarts territoriaux concernant les parts de femmes parmi les cadres et les dirigeants salariés des grandes entreprises obéissent davantage à une opposition entre l’Ile-de-France et la Province. En région parisienne, la part de femmes parmi les dirigeants d’entreprises de plus de 250 salariés est pratiquement de 30 % alors qu’elle est située au-dessous de 25 % dans toutes les autres régions.

Trois femmes au pouvoir, de Matignon à l’Assemblée, une donne historique

Fraîchement choisies par la majorité pour les plus hautes fonctions à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé et Yaël Braun-Pivet forment, avec Elisabeth Borne à Matignon, un trio de femmes au pouvoir, un tel alignement constituant une première, encore à l’épreuve.

Bien que fragilisée après les législatives, Mme Borne, deuxième femme à la tête d’un gouvernement après Edith Cresson il y a trente ans, a été « confirmée » samedi par Emmanuel Macron « dans la durée ».

Aurore Bergé, elle, a été élue mercredi dernier à 35 ans présidente des députés Renaissance (ex-LREM). C’est la première fois sous la Ve République qu’une femme devient patronne du groupe majoritaire à l’Assemblée.

Autre première: la présidence de l’institution doit revenir mardi à une femme également, Yaël Braun-Pivet, via un vote de l’ensemble des députés. Elle succèdera à Richard Ferrand, un proche d’Emmanuel Macron défait dans les urnes.

Novice en politique en 2017 et bombardée alors présidente de la commission des Lois au Palais Bourbon, l’élue de 51 ans ne sera restée qu’un mois ministre des Outre-Mer. Elle a quitté ce week-end le gouvernement en vue du perchoir.

Réélue députée des Yvelines le 19 juin, elle a profité d’une fenêtre d’opportunité pour se présenter mercredi à une primaire interne pour la présidence de l’Assemblée, l’emportant sur un autre ex-président de commission LREM, Roland Lescure.

Une observatrice des deux scrutins constate au sein de la majorité « un vrai élan » assez irrépressible en faveur des femmes, dans un Palais Bourbon qui a accueilli en 2016 pour la première fois une statue de personnage historique féminin, au milieu des figures d’hommes et allégories. Il s’agit d’un buste d’Olympe de Gouges, féministe guillotinée sous la Terreur.

Laurence Rossignol, ancienne ministre socialiste des Droits des femmes, reprend Simone de Beauvoir: « il suffira donc d’une crise… pour qu’on laisse les femmes monter au feu ».

Pour la députée sortante de la majorité Valérie Petit également, il s’agit du « Glass Cliff Effect » ou effet « falaise de verre », soit « la surreprésentation des femmes dans les postes de pouvoir en période de crise aigüe ». « Ceux qui d’habitude ignorent leur talent se disent +On a tout essayé, faisons quelque chose qu’on n’aurait jamais imaginé: nommons une femme+ », a-t-elle relevé sur Twitter.

– revanche –

Ces victoires ont aussi l’allure d’une revanche sur les procès en incompétence ou le sexisme ambiant à l’Assemblée. « Certains députés ont pu me dire +Ne faites pas votre maîtresse d’école+, ou +Merci pour vos réflexions quasi maternelles+ », rapportait en 2019 dans Elle Mme Braun-Pivet, avocate de profession et mère de famille nombreuse.

La féminisation de l’Assemblée, avec un record de quelque 39% de députés femmes en 2017, a cependant eu « beaucoup d’effets », relevait-elle auprès de l’AFP il y a quelques semaines. « De facto, certains comportements sexistes ont disparu et les femmes prennent davantage la parole ».

Or la proportion de députées a légèrement reflué avec les dernières élections législatives, passant à 37%.

« La faute à la fois au RN qui a présenté beaucoup de femmes dans des circonscriptions perdues d’avance, et à LR dont le féminisme n’a jamais été la tasse de thé », pointe à l’AFP la politologue Mariette Sineau, co-autrice de « Femmes et République ». Et la poussée de LFI, qui avait investi légèrement plus de femmes que d’hommes, « n’a pas suffi » à inverser la tendance.

« Ce recul du nombre des femmes à l’Assemblée, ça fait mal », lâche la chercheure Marlène Coulomb-Gully. Selon cette spécialiste des questions de genre, « quelque chose doit radicalement changer si l’on veut rendre l’engagement politique désirable pour les femmes », notamment les horaires de travail.

Elle espère toutefois que « l’ordre du jour, la priorité du type des questions » – le « care », l’enfance, les seniors, plutôt que le régalien – puissent « être infléchis par une assemblée où le nombre de femmes est relativement élevé même s’il est en baisse, et où des femmes occupent des postes décisionnels ».

Deux autres femmes président des groupes d’opposition, Mathilde Panot (LFI) et Marine Le Pen (RN). Cyrielle Chatelain codirige le groupe écologiste. La majorité espère atteindre cette semaine la parité à d’autres postes clés au Palais Bourbon.

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Toucher vaginal, spéculum… À quoi doit ressembler un examen gynécologique normal ?

Toucher vaginal, spéculum... À quoi doit ressembler un examen gynécologique normal ?
Toucher vaginal, spéculum… À quoi doit ressembler un examen gynécologique normal ?©pepifoto/IStock

Après les révélations et accusations sur certains gynécologues, on fait le point sur le déroulé d’un examen de routine. 


Le 22 juin dernier, « Marianne » révélait que deux plaintes pour « viol » ont été déposées contre la secrétaire d’État Chrysoula Zacharopoulou. Les faits se seraient déroulés dans le cadre des fonctions de gynécologue de Chrysoula Zacharopoulou, qui exerçait aux côtés d’Emile Daraï. Fin septembre, « Franceinfo » révélait que ce dernier, chef du centre endométriose de l’hôpital Tenon à Paris, était visé par une enquête interne et par une plainte pour viol. Quelques jours plus tard, c’était au tour d’un autre médecin du même service d’être mis en cause pour des violences obstétricales supposées. Ces violences sexuelles ont de particulier de s’être déroulé dans un cadre médical. Quels sont les gestes normaux lors d’un examen gynécologique ? Pour mieux comprendre, on revient sur le déroulé d’une consultation de routine. 

COMBIEN DE TEMPS DURE UNE CONSULTATION DE GYNÉCOLOGIE ? 

Environ une trentaine de minutes – dont maximum 10 minutes d’examen physique, hors actes spécifiques comme la pose d’un stérilet – mais cela peut prendre plus de temps en fonction des questions que vous pouvez avoir pour votre médecin. Nasrine Callet est gynécologue, oncologue et médecin référent pour les femmes à risque génétique de cancer du sein et des ovaires à l’Institut Curie. Elle milite pour une prise en charge plus humaine des patientes. Sa réponse est sans équivoque : « Un examen de gynécologie, ce n’est pas comme aller chez le dentiste ou l’ophtalmo, c’est très intime. On commence forcément par une discussion avec la patiente, on prend le temps. » Avant tout examen physique, le praticien doit donc instaurer un dialogue. Une façon de se renseigner sur la raison de sa venue, ses antécédents, mais aussi et surtout de la mettre à l’aise.

« Le B.A.-BA, c’est mettre en confiance la patiente, insiste Dr. Callet. Et par cela, j’entends aussi ne pas poser de questions inutiles, qui sont juste perverses. » Savoir pourquoi la patiente a pris rendez-vous, ce qu’elle en attend, quels sont ses antécédents et si elle prend une contraception adaptée (de façon à éviter la pilule pour une fumeuse ou un stérilet au cuivre pour une personne souffrant d’endométriose, par exemple) sont des questions importantes pour que le praticien apprécie la bonne santé de la patiente. 

LES QUESTIONS SUR MA VIE SEXUELLE SONT-ELLES UN PASSAGE OBLIGÉ ? 

Non ! C’est une idée assez répandue, mais elle est fausse. « On n’a pas besoin de connaître les détails de la vie sexuelle de notre patiente pour bien la prendre en charge, assure la gynécologue. Dans mon cas, je préfère aborder le sujet de façon plus naturelle. » En cas de consultation pour des infections fréquentes ou pour une IST, il est en revanche indispensable que le, la ou les partenaires soient également soignés. « Mais là non plus, pas besoin de demander des détails. Je demande si ma patiente a un, une ou plusieurs partenaires qui pourraient nécessiter des soins, je fais des ordonnances et je rappelle simplement qu’il faut veiller à ce que chaque personne exposée soit soignée. »

Et en aucun cas, le praticien ne doit tenir des « propos porteurs de jugement sur la sexualité, la tenue, le poids », indique notamment le rapport du HCE, commandé par Marlène Schiappa et publié en 2018, qui liste six types d’actes qui ne doivent avoir lieu sous aucun prétexte pendant un examen – sans quoi, il vous est possible de déposer plainte auprès de la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins. 

DOIS-JE FORCÉMENT ÊTRE NUE PENDANT L’EXAMEN ? 

Certainement pas pendant la phase de dialogue. Ensuite, il faudra enlever le bas pour procéder à l’examen, puis le haut pour la palpation de la poitrine – qui permet de détecter un potentiel cancer du sein. Dans tous les cas, vous pouvez demander à garder le haut pendant l’examen vaginal, et inversement. Certains gynécologues proposent même des blouses jetables pour davantage de confort. Aucun praticien ne peut vous obliger à vous mettre totalement nue : le gynécologue a le devoir de prendre en compte le caractère très intime des conditions dans lesquelles ces examens sont pratiqués, comme détaillé dans le rapport du HCE sur la question. 

LES QUATRE FERS EN L’AIR SUR LA TABLE D’EXAMEN, C’EST OBLIGATOIRE ?

À sa publication, ce même rapport réclamait justement que d’autres positions de consultations, plus respectueuses de l’intimité des femmes, soient prises en considération par les médecins. Il y est notamment question de la position du décubitus latéral, où la patiente est allongée sur le côté. Celle-ci est courante au Québec, par exemple.  

Dans tous les cas, le dialogue reste central dans l’examen gynécologique – c’est d’ailleurs censé être ce qui prend le plus de temps dans la consultation. Au cours de l’examen, le praticien est tenu de vous expliquer le déroulé, et de vous demander votre consentement avant chaque acte pratiqué. « Outre le consentement, nécessaire, il est important de toujours montrer ce qu’on fait, insiste Nasrine Callet. Un examen gynécologique se fait en binôme. » 

LE SPÉCULUM EST-IL NÉCESSAIRE ? 

Souvent, oui. « C’est la seule façon de voir le col de l’utérus et les parois du vagin », détaille la Dr. Callet. L’outil, qui peut être impressionnant, passe par la vulve pour aller dans le vagin. « Si c’est la première fois qu’une femme vient en consultation, je lui montre ce que c’est. C’est important de comprendre comment marche un examen aussi intime. »

Si, il y a quelques années, les spéculums étaient majoritairement en fer, ils sont de plus en plus souvent en plastique et à usage unique – plus faciles à manier et plus doux pour la patiente. Dans tous les cas, il existe des spéculums de différentes tailles, adaptés aux patientes : des plus petits pour celles qui n’ont pas eu beaucoup de rapports ou qui sont ménopausées, et des plus grands pour les femmes en post-partum. Le gynécologue est tenu d’adapter ses gestes à votre sensibilité : il peut par exemple mettre du lubrifiant sur le spéculum pour ne pas vous irriter, et faire les choses en douceur. « Et si la patiente peine à se détendre, on arrête l’examen et on dialogue avant de le reprendre », insiste Nasrine Callet. 

« Dans les pays anglo-saxons, on ne le met pas toujours, explique également la gynécologue. Mais il est nécessaire pour voir s’il n’y a pas de tumeur du col de l’utérus, par exemple, pour les frottis et pour les poses de stérilet. » Le médecin est tenu de vous prévenir avant de l’insérer, et avant de l’enlever – pour vous éviter un maximum de gêne.  « Il est aussi important de respecter le choix de la patiente si pour elle, la virginité physique est importante. Dans ce cas, j’essaie au maximum d’éviter le spéculum, et on ne fait qu’un examen par palpation », détaille Dr. Callet. Certains praticiens, notamment aux Etats-Unis, proposent également à leurs patientes d’insérer elles-même le spéculum, si elles sont plus à l’aise ainsi, comme le rapporte notamment cet article de « Teen Vogue » (en anglais). 

ET LE FROTTIS ? 

Cet examen particulier permet d’analyser le col utérin et de détecter le papillomavirus, responsable d’une majorité de cancers du col de l’utérus. Le prélèvement se fait avec un spéculum et un écouvillon, sorte de long coton-tige, qui vient frotter le col. Ce geste peut être un peu douloureux. La Haute Autorité de Santé recommande un premier frottis à 25 ans, puis un second l’année suivante. Si les résultats sont normaux, il faut en faire un tous les trois ans par la suite. Ce n’est donc pas un geste obligatoire lorsqu’on consulte un gynécologue pour la première fois, à moins de 25 ans – même s’il s’agit d’une consultation pour une contraception. 

DES « ALLERS-RETOURS » RÉPÉTÉS AVEC LES DOIGTS PEUVENT-ILS FAIRE PARTIE DE L’EXAMEN ? 

Absolument pas. Le toucher vaginal, indispensable pour repérer les anomalies de type kystes, ne nécessite pas d’allers-retours similaires à la masturbation. Le praticien met un doigtier en plastique qui recouvre son majeur et son index, pour palper l’utérus et les ovaires dans le vagin. L’autre main est posée sur le bas ventre pour constater toute modification d’élasticité, de forme, de volume ou de place de l’utérus. Encore une fois, il doit vous prévenir et vous informer des raisons de ces gestes, lesquels doivent être exécutés de façon à ne pas vous faire mal.

ET ENFIN, EN QUOI CONSISTE LA PALPATION DES SEINS ? 

Là encore, il ne doit rien y avoir de « sexualisant » dans les gestes de l’examen. Il s’agit d’un examen permettant de détecter un éventuel cancer du sein. Avec le plat de la main, le médecin palpe la poitrine et le dessous des aisselles, en vous détaillant les gestes de façon à ce que vous puissiez les reproduire chez vous

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En Moselle : enquête ouverte pour tentative de féminicide après un incendie dans un appartement à Metz

En Moselle : enquête ouverte pour tentative de féminicide après un incendie dans un appartement à Metz
© Alan Schein / Getty Images

Une enquête pour tentative de meurtre par conjoint a été ouverte après qu’une femme a été retrouvée grièvement brûlée dans l’incendie de son appartement à Metz, a annoncé jeudi le parquet de la ville. 


Le pronostic vital de la victime, une jeune femme de 24 ans, était engagé lorsque les secours sont intervenus à la mi-journée, a précisé le procureur de la République, Yves Badorc. Son mari, un homme de 31 ans, a été retrouvé blessé par les pompiers en bas de l’immeuble après s’être « enfui par la fenêtre », a-t-il ajouté. 

Le parquet reste toutefois « très prudent », indiquant qu’« il y a des constatations complémentaires à faire sur l’origine du sinistre ». Toujours hospitalisés, « ni l’homme, ni la femme n’ont été entendus » par les enquêteurs, a aussi précisé Yves Badorc. L’enquête a été confiée aux policiers de la sûreté départementale. 

LA POLICE APPELÉE PAR DES VOISINS  

Depuis le 1er janvier 2022, 59 femmes ont été victimes de féminicides selon le décompte du collectif féministe Nous Toutes. Lors de la présidentielle, Emmanuel Macron avait affirmé que l’égalité femme-hommes, dont la lutte contre les violences faites aux femmes, serait à nouveau la « grande cause du quinquennat ».  

Les pompiers avaient été appelés par des voisins en fin de matinée pour un incendie dans l’appartement de ce couple, situé au deuxième niveau d’un immeuble de quatre étages. Le feu s’était propagé dans tout l’appartement mais a été rapidement éteint et n’a pas touché les autres logements, a indiqué le commandant Gaël Zimmer, à la tête de la 5e compagnie d’incendie et de secours de Metz-Orne, présent sur les lieux. Le sinistre a mobilisé au total une quarantaine de sapeurs-pompiers et une dizaine de véhicules, a-t-il ajouté. 

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Johnny Depp acculé ? L’ex de l’acteur appelée à la barre dont la charge va être un cauchemar 

Alors que s’ouvre le dernier volet du procès intenté par Johnny Depp à Amber Heard pour diffamation, l’actrice Ellen Barkin va témoigner contre l’acteur, qu’elle a fréquenté en 1997.

Alors que le procès Depp-Heard reprendra lundi 16 mai pour une dernière ligne droite de sept jours, la fin de la trève pourrait être rude pour Johnny Depp. A la barre du tribunal de Fairfax, où se déroule le procès depuis le 11 avril, en Virginie, une ancienne compagne de la star de Pirates des Caraïbes devrait témoigner. Selon People, il s’agit d’Ellen Barkin, ex-partenaire de Johnny Depp dans le film Las Vegas Parano (1998) de Terry Gilliam. L’actrice âgée de 68 ans avait entretenu une brève liaison avec la star en 1997, après sa séparation d’avec Gabriel Byrne, son mari d’alors.

Et celle qui a partagé l’affiche du film culte avec l’acteur fétiche de Tim Burton ne devrait pas être tendre avec son ex-amant. En effet, Ellen Barkin est proche d’Amber Heard et c’est en sa faveur qu’elle témoignera en vidéo, tout comme elle l’avait fait lors du précédent procès des ex-époux au Royaume-Uni. Lors du récit qu’elle avait livré à Londres en 2020, Ellen Barkin s’était souvenu d’une bouteille de vin que lui aurait lancé Johnny Depp, « jaloux«  et agressif, corroborant la version d’Amber Heard.

Johnny Depp : « Je ne ressentais pas la même chose »

Interrogé à son tour sur cette relation, Johnny Depp avait été clair. Ce dernier, cité dans le Daily Mail, avait précisé qu’il connaissait Ellen Barkin « depuis de nombreuses années« , avant qu’ils ne débutent une liaison plus sexuelle que sentimentale en marge du tournage de Las Vegas Parano. Une idylle que la comédienne ne percevait pas comme lui : « Je ne ressentais pas la même chose pour elle qu’elle ressentait pour moi« , avait expliqué l’acteur. Une divergence qui d’après l’interprète de Jack Sparrow aurait nourri du ressentiment chez Ellen Barkin : « Elle voulait plus qu’une liaison, elle voulait une vraie relation avec moi, ce que je ne souhaitais pas.« , et d’ajouter que cela l’aurait rendue « très en colère« . Les anciens amis ne seraient plus adressé la parole. Ellen Barkin témoignera en parallèle de Whitney Henriquez, la soeur d’Amber Heard.

«Faire de longues promenades»

Selon le journal américain, un porte-parole du père de Lily-Rose Depp a également confirmé la présence de l’acteur sur le sol britannique. «Johnny est en Europe pour prendre le temps de se reposer quelques jours, passer du temps avec de vieux amis, faire de la musique et de longues promenades dans la campagne», a témoigné l’informateur au New York Post.

En vidéo, ces grands noms impliqués dans le procès de Johnny Depp et Amber Heard

Johnny Depp poursuit son ex-compagne Amber Heard pour diffamation, après que cette dernière a insinué dans une tribune pour le Washington Post avoir été victime de violences conjugales lors de leur mariage. Il lui demande la somme de 50 millions de dollars. L’actrice d’Aquaman a pour sa part contre-attaqué, en demandant 100 millions de son côté pour avoir sali sa réputation.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Un membre du Fidesz détaille les conséquences de la loi interdisant la représentation de l’homosexualité devant les mineurs, loi qui inquiète les LGBTQ mais aussi les milieux culturels.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion
La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Le dimanche 3 avril, alors que les législatives prennent déjà l’allure d’un référendum pour ou contre Viktor Orban, les électeurs sont invités à répondre à quatre questions contre la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs.

Le gouvernement demande l’assentiment populaire sur une loi déjà adoptée cet été au Parlement, qui proscrit la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs. Cette dernière interdit par exemple l’apparition de toute personne gay ou transgenre à la télévision avant 22 heures. Les quatre questions du référendum sont ainsi libellées : « Soutenez-vous la tenue de séances d’orientation sexuelle pour les enfants mineurs dans l’enseignement public sans accord parental ? » ; « Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe pour les mineurs ? » ; « Soutenez-vous l’introduction sans restriction de contenus à caractère sexuel dans les médias en direction de mineurs et qui affectent leur développement ? » ; « Soutenez-vous l’affichage de contenu médiatique sensible au genre pour les mineurs ? »

Procédure d’infraction contre la Hongrie

De telles prises de position sont récentes en Hongrie. L’homosexualité avait été dépénalisée dès le début des années 1960, et l’union civile entre conjoints du même sexe reconnue dès 1996. La Commission européenne a lancé jeudi 15 juillet une procédure d’infraction contre la Hongrie, membre de l’Union européenne depuis 2004. La charte des droits fondamentaux de l’UE interdit en effet toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle. Le site progouvernemental du référendum dénonce « les bureaucrates et certains groupes d’activistes à Bruxelles ». Il défend une loi qui « offre une protection adéquate contre la propagande affectant les enfants, que ce soit sous la forme de contenus médiatiques ou de conférences données par des militants dans les écoles ».

L’opposition, elle, dénonce une tentative de manipulation. « Le but n’est pas de protéger nos enfants, mais de renforcer les divisions du pays en reproduisant les politiques de Poutine d’incitation à la haine contre la communauté LGBTQ et détourner l’attention des vrais problèmes du pays : la hausse continue des prix, le système de santé dans une situation catastrophique, les moyens de subsistance ou la corruption généralisée », considère le parti d’opposition Momentum sur son site Internet.

Les ONG appellent à ne pas voter

De nombreux votes nuls pourraient invalider ce référendum parallèle, même si trois Hongrois sur quatre sont tentés de voter « non » à la première question sur l’autorisation parentale pour l’éducation sexuelle à l’école, selon les sondages.

En effet, le vote ne sera valable qu’à condition de mobiliser la moitié du corps électoral (établi à 8,2 millions de citoyens), sur l’ensemble des questions. En tout, 14 ONG ont appelé à ne pas y participer. Dont Amnesty International Hongrie, qui dénonce une tentative de « masquer les minorités sexuelles et de genre aux yeux du public ».

Des citoyens hongrois, exilés en Europe ou restés dans leur pays natal, racontent comment les lois discriminatoires du pouvoir conservateur envers les personnes LGBT changent leur quotidien.

Angelika, 41 ans, maquilleuse : « Je commence même à avoir peur qu’on me retire ma carte d’identité »

« En 2002, j’ai été la troisième femme en Hongrie à pouvoir bénéficier d’une opération de réassignation sexuelle [qui permet de modifier les caractéristiques sexuelles initiales afin qu’elles correspondent à l’identité de genre]. Comme c’était très rare à l’époque, je suis devenue célèbre : j’ai fait la couverture de magazines, j’ai été invitée par des émissions de télévision à débattre ou à chanter, j’ai participé à des programmes de télé-réalité…

Ces dernières années, je sens que les opportunités se sont raréfiées. A cause des opinions propagées par le gouvernement, je suis sur liste noire. Je ne peux plus vivre de ma notoriété. Il y a deux ans, je suis devenue maquilleuse-coiffeuse, même si je continue de temps à autre à être invitée par une émission. Je commence même à avoir peur que le gouvernement me retire ma carte d’identité de femme. Si c’est le cas, je partirai vivre à l’étranger, même si ce n’est pas ce que je souhaite.

« Le climat transphobe a affecté ma vie personnelle. Quel homme en Hongrie voudra m’épouser et construire une famille avec moi ? »

Cette fixation du gouvernement sur les personnes trans est incompréhensible : nous sommes un très petit nombre en Hongrie et nous ne bénéficions d’aucune visibilité. Un Hongrois moyen ne croisera probablement jamais une personne trans de toute sa vie ! En s’acharnant sur les personnes LGBT, en les excluant, en les forçant à opprimer leurs pairs pour être socialement acceptées, Orbán crée une société traumatisée. »

Klára, 64 ans, ancienne députée : « Sa stratégie est de désigner un ennemi, aujourd’hui ce sont les LGBT »

« En 2005, j’ai été la première responsable politique en Hongrie à faire mon coming-out en tant que lesbienne, durant une émission de télévision. Au sein de ma famille et de la classe politique, ce n’était un secret pour personne. Quand le journaliste m’a demandé si j’étais effectivement lesbienne, j’ai répondu : ‘Oui’. Mentir m’aurait fait honte.

Pourtant, je n’avais pas envie de devenir un symbole. Je n’étais pas du tout active dans la communauté LGBT et je voulais être reconnue pour mes compétences sur les réformes économiques et sociales. Mais évidemment, je le suis devenue. J’ai reçu des centaines de lettres d’électeurs ! Après ça, je n’ai plus occupé de fonctions au sein du bureau national de mon parti et je n’ai plus jamais été élue députée, sans que je sache si c’était directement lié à mon coming-out. J’ai arrêté la politique et désormais, je dirige une clinique à Budapest.

J’ai bien connu Viktor Orbán, avec qui j’ai cofondé le Fidesz [à la fin des années 1980, il s’agissait d’un parti de jeunes démocrates de centre-gauche anti-communistes]. Je ne crois pas qu’il soit sincèrement homophobe, il n’en a rien à faire au fond des personnes LGBT.

« Chacune de ses actions est une tactique politique afin de conserver le pouvoir. »

Sa stratégie est systématiquement de désigner un ennemi : aujourd’hui ce sont les LGBT, mais avant, c’était les chômeurs, les sans-abri, les migrants, l’Union européenne… L’objectif avec cette loi est aussi de diviser l’opposition, entre le Jobbik (droite) qui a voté pour le texte et les autres partis plus progressistes, qui ont voté contre ou se sont abstenus. »

Marton, 38 ans, directeur des ventes : « Un couple hétérosexuel passera toujours avant nous »

« J’ai rencontré mon mari [le mariage pour les gays et les lesbiennes n’existe pas en Hongrie, mais il est possible de se pacser depuis 2009], Adam, il y a dix ans lors d’une fête. Ça a été le coup de foudre. J’ai toujours su que je voulais avoir un enfant et lui aussi. En Hongrie, les couples gays ne sont pas autorisés à adopter, mais les personnes célibataires oui. En 2015, on a donc lancé la procédure pour que j’adopte en tant que personne seule.

Nous n’avons jamais caché à l’agence d’adoption et au psychologue chargé de m’évaluer que nous étions un couple d’hommes. Ça n’a pas posé de problème, et j’ai été déclaré apte à adopter. L’agence nous a néanmoins prévenu qu’un couple hétérosexuel nous passerait toujours devant et qu’il faudrait être patient. Nous avons attendu trois ans.

« En janvier 2018, on nous a proposé un garçon de 18 mois qui avait été refusé par 12 couples hétérosexuels. C’est comme ça que j’ai pu adopter Andréas. »

Comme nous aimerions avoir trois enfants, Adam a à son tour entamé la procédure d’adoption, en 2018. Mais en novembre 2020, le gouvernement hongrois a changé la législation : désormais, toutes les demandes d’adoption de personnes seules doivent passer par le ministère de la Famille pour être validées, même si elles ont déjà été approuvées par l’agence d’adoption. Ça n’est pas dit clairement, mais évidemment cette mesure permet de discriminer plus facilement les personnes LGBT. Comme mon mari et moi avons publiquement dénoncé cette loi, je crains que le gouvernement n’accède jamais à notre deuxième demande d’adoption. »

Csaba, 53 ans, concierge : « Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne »

« Je suis né en 1969 dans une petite ville dans l’ouest de la Hongrie. A l’époque, la télévision nationale hongroise était notre seul lien avec le reste du monde. Elle n’évoquait jamais l’homosexualité et mes parents, un réparateur et une femme de ménage, n’ont jamais abordé avec moi les questions de sexualité. Je ne savais même pas ce que voulait dire être gay. Pourtant, j’ai su très jeune que j’étais différent. Mais toute la journée, j’entendais des gens parler des ‘putains d’homos’, etc. Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne.

« Peut-être que si j’avais pu en parler à l’époque, ma vie aurait été différente. »

J’ai déménagé à Budapest à 23 ans en pensant que ça serait plus simple de se cacher dans une grande ville. Là-bas, j’ai finalement fait mon coming-out auprès de tout le monde, même mes collègues, et je n’ai jamais eu de souci. Mettre dans la même loi la pédophilie, qui est une mauvaise chose, et l’homosexualité, qui ne l’est pas, entraîne forcément une connexion entre les deux dans l’esprit des gens. Le pays est si divisé sur ce sujet et sur la politique en général, entre les partisans d’Orbán et les autres, que j’ai préféré déménager l’hiver dernier à Cologne, en Allemagne. »

Matteo, 22 ans, étudiant : « La loi interdit de parler d’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas »

« C’est compliqué de tenir la main de mon copain dans la rue, on ne peut jamais être à 100% nous-mêmes. En septembre, on se baladait dans le centre-ville de Budapest quand trois hommes d’une quarantaine d’années nous ont vus au loin et ont couru vers nous en nous insultant.

« J’ai dû attendre de déménager en Angleterre, en 2018, pour comprendre que j’étais gay et réaliser que c’était une option possible dans la vie. »

A Londres, où je suis parti faire mes études d’informatique, je n’ai pas l’impression de devoir faire attention à ce que je fais comme ici. Là-bas, tous mes amis savent que je suis gay. En Hongrie, je l’ai dit à ma famille qui l’a très bien pris, mais pas à tous mes amis d’enfance. Je ne suis pas certain de la réaction de certains d’entre eux, alors je préfère attendre.

La loi qui vient de passer interdit de discuter de l’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas ! C’est un véritable tabou. Mes amis gays qui vivent ici sont obligés de le cacher à leurs collègues, sinon ils savent qu’ils ne pourront jamais être promus. C’est pour ça que je ne me vois pas vivre en Hongrie plus tard. »

Anna, 38 ans, chercheuse et activiste : « Je ne me laisserai pas intimider »

« La loi qui dit ‘protéger les mineurs’ est tellement vague qu’elle n’est pas faite pour être appliquée, mais pour provoquer l’autocensure. Mais je ne crois pas au fait qu’elle entraîne beaucoup de changements. Les professeurs qui veulent aborder le sujet de l’homosexualité pourront le faire en montrant Friends ou Modern Family [deux séries américaines dont certains personnages sont LGBT+par exemple, en prétextant qu’il s’agit de progresser en anglais. Moi-même, en tant qu’enseignante, je ne me laisserai pas intimider et je continuerai d’aider mes élèves à découvrir qui ils sont.

« J’ai confiance en l’Union européenne pour forcer Orbán à reculer. »

En revanche, je crains qu’il utilise les sanctions européennes pour faire monter le sentiment anti-européen au point que la question de la sortie de l’UE se pose un jour. C’est quelque chose qui me fait très peur, car les femmes, la communauté LGBT et les minorités en Hongrie seraient abandonnées. Je pense que si ça arrive, nous serons très nombreux à partir vivre à l’étranger. »

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