La pauvreté, environnement et développement durable en Haïti

Un développement qui ne laisse personne de côté

@Presse / haitianculture.tumblr.com
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On estime que plus de 6 millions d’Haïtiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2,41USD par jour, et plus de 2,5 millions sont tombés en-dessous du seuil de pauvreté extrême, vivant avec moins de 1,23USD par jour. Les femmes et les jeunes subissent davantage les conséquences de la pauvreté, qui est liée, entre autres, à l’absence d’une croissance économique réelle, durable, soutenue et inclusive et reconnaissante des droits humains.

La pauvreté en Haïti est multi-dimensionnelle et causée par un enchevêtrement complexe de facteurs économiques, sociaux et politiques qui ont été aggravés par des épisodes récurrents de troubles politiques, de crises socio-économiques, de catastrophes naturelles et d’épidémies persistantes. Le PNUD s’engage dans une approche axée sur la gestion de crise et de relèvement tout en appliquant une approche programmatique transitoire intégrée axée sur les conseils stratégiques et l’appropriation nationale.

Le soutien du PNUD vise à contribuer à long terme à une croissance économique qui est inclusive et bénéficie ceux qui ont été les plus laissés pour compte ; la réduction de la marginalisation économique, particulièrement des femmes et des jeunes ; la réduction de la pauvreté et l’inégalité ; et la promotion du développement soutenu et durable. Dans ce contexte, le PNUD appuie les autorités nationales dans l’élaboration de stratégies politiques et la mobilisation d’assistance technique pour fournir un appui dans la formulation des initiatives urgentes. Pour asseoir et cibler son appui à une croissance inclusive, le PNUD a opté pour une stratégie visant l’élimination de deux grandes formes d’exclusion résultant de la pauvreté : l’exclusion physique et l’exclusion économique. L’objectif visé est d’accompagner le gouvernement dans le renforcement des capacités humaines et institutionnelles nécessaires à l’identification participative des besoins, à la formulation de politiques et de programmes de développement. Cette stratégie s’inscrit dans une approche multidimensionnelle qui aborde la question de la pauvreté dans ses différentes composantes (santé, éducation, accès aux services, habitat, inégalité de genre…).

Objectifs PNUD

Le gouvernement Haïtien en partenariat avec le PNUD conduit des interventions permettant la mise en œuvre de planification communautaire et réhabilitation ou édification d’infrastructures de quartiers, de construction de logements neufs et de centres de formation, d’appui au secteur agricole etc. Le PNUD appuie également des acteurs clés du secteur public et privé pour le développement de services de proximité aux entreprises, adaptés à la taille et la structure des entreprises, particulièrement, des entreprises dirigées par des femmes. Des actions sont mises en place pour favoriser le lien entre l’offre et la demande de travail et renforcer l’employabilité des jeunes Haïtiennes et Haïtiens. En parallèle de ces actions, le PNUD, en étroit partenariat notamment avec le Ministère de la planification et de la coopération externe et d’autres ministères sectoriels, la société civile et le secteur privée conduit une série d’interventions au niveau politique, stratégique et programmatique, mais aussi local pour la sensibilisation et l’action à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) en Haïti.

@Presse / washingtonpost.com
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L’ensemble des interventions sont conçues et conduites avec une attention particulière aux femmes, et notamment aux jeunes femmes d’Haïti, identifiées comme des moteurs et vecteurs majeurs de la croissance nationale. Le PNUD compte continuer à s’engager auprès du gouvernement et à appuyer l’évaluation et la mise-à-jour urgente du Plan national de lutte contre la pauvreté (2014), la consultation nationale sur les priorités de réforme et les options de financement pour une réalisation accélérée des ODD et des efforts sur la promotion des investissements industriels afin d’accroître la valeur ajoutée dans les chaînes de valeur en Haïti.

Projet de Relèvement – Post Catastrophe

Les effets dévastateurs de Mathieu en 2016 et d´Irma en 2017 n’ont fait que rappeler la grande vulnérabilité d’Haïti face aux aléas climatiques et la nécessité que la planification du développement et l’aménagement du territoire s’articulent autour de la connaissance et de la prise en compte des risques, et de la réhabilitation et la préservation de l’environnement. Le projet de relèvement post-catastrophe vise à soutenir le relèvement à long terme, la résilience aux chocs futurs et le développement durable, tout en répondant aux besoins immédiats dans les régions touchées par les catastrophes naturelles. Le projet favorise l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes en tant qu’objectifs clés pour « reconstruire en mieux ». Afin d’atteindre les résultats attendus, le projet soutiendra le renforcement de la connaissance approfondie des risques et de la vulnérabilité du territoire en tant qu’outil d’aide à la décision pour orienter les efforts de relèvement et de développement, tout en faisant le lien entre l’humanitaire et le développement.

Objectifs

Le projet de « Relèvement Post-Catastrophe » contribue à soutenir le relèvement à long terme, la résilience aux chocs futurs et le développement durable, tout en répondant aux besoins immédiats dans les régions touchées par les catastrophes naturelles. Le projet favorise l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes en tant qu’objectifs clés pour « reconstruire en mieux ». Il contribue également à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) visés par Haïti pour lui faire devenir un pays émergent d’ici 2030, et il s’inscrit particulièrement dans la lignée des ODD 1, 5, 8,11,12,15,16.

Résultats atteints à date

  • 2051 participants-es dont 556 femmes et 6 personnes en situation de handicap issus de 12 communes sont informés et sensibilisés, aux principes et démarches du Plan de Contingence Communal Multirisques.
  • 2 PCD réalisés pour les communes de Dame-Marie et de Anse-d’Hainault. Des ateliers de restitution des PCD sont réalisés dans les communes concernées.
  • 9 sections communales sont couvertes dans le cadre de la réalisation des plans communaux de développement (PCD) des communes de Dame-Marie et Anse d’Hainault : diagnostic en cours de validation.
  • 12 grands groupes de travail représentés chacun par un comité élu, en synergie avec les cadres techniques de la Direction de la Protection Civile (DPC), sont créés dans 12 communes en vue d’assurer l’ancrage et l’appropriation des PCCM.
  • Les matériels et équipements d’appui aux COUC et les systèmes d’alertes précoces sont en cours d’acheminement.
  • 1 plan de renforcement participatif est élaboré en appui à l’OPC.
  • 120 micro-entreprises et 10 coopératives ont bénéficié de l’appui technique du projet dans le la cadre du renforcement de leurs capacités de production.
  • 1 évaluation technique est réalisée au profit de (32) trente et deux infrastructures communautaires reparties dans (4) quatre communes en vue des réhabilitations des infrastructures prioritaires.
  • 86 bénéficiaires dont 29 femmes, groupes représentatifs des OCB de (4) communes sont sensibilisées sur la protection de l’environnement et l’inclusion sociale dans l’optique de la création d’emplois verts.

Fiche : étude de projet post-catastrophe PNUD-Haïti


Messages Clés
  • Malgré une légère baisse du taux de pauvreté en Haïti depuis 2000 la pauvreté reste répandue dans le pays, surtout dans les zones rurales
  • Haïti est l’un des pays les plus inégaux du monde, en termes de revenus et l’accès aux services
  • Pour lutter contre la pauvreté et les inégalités d’une manière durable, au delà d’une plus forte croissance économique et de l’amélioration de la gouvernance, le rapport désigne trois domaines prioritaires—investir dans la population, augmenter les revenus et les opportunités, et protéger les pauvres et vulnérables contre les chocs.
Vidéo du jour

Obstacles au monde du travail

Les données recueillies dans le cadre de cette enquête ont révélé que plus des trois quarts des personnes en âge de travailler vivant avec un handicap ne travaillent pas, citant leur état de santé et de handicap comme raison principale. Seulement 2,6 % des répondants travaillent comme salariés. La plupart d’entre eux déclarent gagner de l’argent grâce à l’entrepreneuriat.

L’histoire de Rose Dinette reflète cette sombre réalité. « Après avoir obtenu ma licence en sciences administratives, j’ai postulé plusieurs postes, mais sans succès », se souvient-elle. Aujourd’hui, Rose Dinette est bénévole pour un organisme au service des femmes handicapées en tant que secrétaire comptable pour un projet.

Elle rapporte que de nombreuses personnes vivant avec un handicap se sont vu refuser un emploi en raison de préoccupations concernant leurs limitations physiques. « Parfois, ils sont embauchés à titre caritatif, sans que l’employeur ne tienne compte de leur réelle compétence. »

Perspectives

Dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, les personnes handicapées continuent d’être largement discriminées et se heurtent à des obstacles qui limitent leur développement personnel et leur mobilité sociale. Dans le cas d’Haïti, les personnes handicapées sont extrêmement vulnérables, ont des taux d’analphabétisme très élevés et font face à un manque d’insertion dans le monde du travail, ainsi qu’à des besoins importants en termes d’assistance techniques.

La Politique nationale de protection et de promotion sociales (PNPPS), adopté en 2020, reconnaît la vulnérabilité des personnes handicapées.  C’est dans ce cadre que le Projet de protection sociale adaptative pour une résilience accrue (ASPIRE), financé par la Banque mondiale, supporte le nouveau programme phare de filets sociaux piloté par le ministère des Affaires sociales et du Travail, Klere Chimen, dans le département de la Grand’Anse.

Le projet fournit des transferts monétaires aux ménages les plus vulnérables, y compris ceux avec des personnes handicapées, pour les soutenir avec des transferts monétaires réguliers ainsi que des mesures d’accompagnement portant sur les problèmes de santé, de nutrition et d’inclusion financière.

Au-delà de la collecte de données d’enquête pour le SIMAST, le BSEIPH a également mis en œuvre une série d’activités pour favoriser l’accès au marché du travail à travers des services de formation professionnelle et de placement, ainsi que le partage des connaissances à travers des activités de sensibilisation, y compris une campagne de communication.  

Une formation dans les domaines de la cuisine, de l’agriculture et de la transformation, et de la réparation de motos a également été dispensée à une première cohorte de 127 personnes, dont Rose Dinette. Le projet vise à leur fournir des moyens d’augmenter leurs revenus afin qu’ils puissent progressivement devenir économiquement indépendants.   

« Si vous n’êtes pas issu d’une famille aisée, la seule option de mobilité sociale pour une personne handicapée en Haïti est de lancer sa propre activité génératrice de revenu. Par exemple, après ma formation en transformation des produits agricoles, j’ai monté mon entreprise qui me permet de diversifier mes sources de revenus », explique Rose Dinette.

Dans l’ensemble, ces nouvelles données commencent à combler un manque critique de connaissances, permettant une meilleure compréhension des conditions de vie des personnes handicapées et mettant en évidence leur extrême vulnérabilité. Les personnes vivant avec un handicap sont souvent exclues des services, ce qui entraîne de faibles taux d’alphabétisation ainsi que de faibles niveaux de participation au marché du travail, et n’ont pas un accès adéquat aux aides techniques ou aux allocations nécessaires.

Un cycle de crises a encore aggravé la vulnérabilité de ces populations. Dans ce contexte, il est essentiel de poursuivre leur inscription dans le registre social et de promouvoir leur résilience et leur inclusion à travers des programmes traitant de leurs vulnérabilités spécifiques.

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