Main-d’œuvre: Les femmes dans la construction

Main-d’œuvre: Les femmes dans la construction

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La question intéressante à poser aujourd’hui est de se demander pourquoi féminiser un secteur? Quelle valeur ajoutée apportera la féminisation? Comment prévoir l’avenir et trouver un meilleur équilibre homme-femme dans les entreprises de construction?

Main-d’œuvre: Les femmes dans la construction
Main-d’œuvre: Les femmes dans la construction

Pour l’instant le monde humain appartient à ceux qui se demandent “pourquoi”. Mais l’avenir appartient forcément à ceux qui se demandent “comment”.

Quels sont les défis de la construction ?

Il est stratégique pour les entreprises de repenser leurs ressources humaines pour faire face aux défis à venir. Les prochains départs à la retraite constitueront un défi particulier pour renouveler le personnel. Par ailleurs 30 % des entreprises de Bâtiment seront à reprendre dans 10 ans. Le BTP doit se moderniser et s’ouvrir à de nouveaux marchés, nouvelles méthodes de travail. Les femmes y seront complémentaires auprès des hommes permettant d’enrichir la vision du secteur. Côté législatif, l’Europe a établi un plan stratégique 2018-2023 en six points principaux pour la mixité.

La France met en place un indice mesurant la politique de mixité en entreprise. Au-delà de 2022, des pénalités financières seront appliquées pouvant aller jusqu’à 1 % de sa masse salariale. Il est primordial d’avancer dans l’ère de l’Industrie 4.0 – l’automatisation, les technologies de l’IA offrent de nouvelles possibilités d’emploi et de développement économique. Dans le monde, entre 40 et 160 millions de femmes pourraient avoir besoin de passer d’une profession à l’autre d’ici 2030, souvent vers des postes plus qualifiés. Pour faciliter la féminisation au travail, la construction doit relever des défis. Changer l’image du secteur pour le rendre plus ouvert. Attirer des compétences et les talents.

Augmenter la visibilité sur les besoins et la nouveauté. Répondre à la problématique des futures générations et leur proposer des développements de carrières intéressantes. Et enfin satisfaire aux nouvelles contraintes comme les bilans « carbone », le développement durable, la mobilité, la logistique urbaine, le recyclage.

« Les femmes ont vraiment leur place dans la construction »

Un organisme du bâtiment reconnu en Grande-Bretagne a félicité les Témoins de Jéhovah de former des femmes à la conduite d’engins de chantier sur le site de construction de leur nouveau siège national près de Chelmsford, dans l’Essex. La méthode appliquée par les Témoins pour former les femmes aux métiers de la construction leur a valu de recevoir la note maximale donnée par le Considerate Constructors Scheme * (CCS) : 10 sur 10. Cet organisme qualifie leur méthode d’« innovante ». Mais pourquoi une si bonne note ?

En Grande-Bretagne, moins de 13 % des ouvriers du bâtiment sont des femmes. Selon un sondage mené par une entreprise britannique, peu de jeunes femmes envisagent de travailler dans le bâtiment. Mais sur le chantier de Chelmsford, l’équipe est constituée d’environ 40 % de femmes. Ce chiffre dépasse les 60 % dans l’équipe des conducteurs d’engins.

Une femme travaille avec des hommes sur le chantier de construction de la filiale à Chelmsford
Des femmes et des hommes travaillent ensemble à Chelmsford

À quoi ces femmes Témoins doivent-​elles leur réussite ? La formation et le soutien qu’elles reçoivent y sont pour beaucoup. Ces deux critères font aussi partie du code de bonne pratique du CCS. Il encourage les constructeurs à montrer qu’ils accordent de l’importance à leur personnel en « favorisant la formation » et en « permettant que chacun soit respecté, traité équitablement, encouragé et soutenu sur son lieu de travail ».

Des femmes formées à la conduite d’engins

Jade, une des femmes formées sur le chantier pour conduire pelleteuses et camions à benne, raconte : « C’est formidable ! Je n’aurais jamais pensé que je pourrais y arriver ! Parfois le travail est difficile, mais je suis formée en permanence et j’apprends tout le temps de nouvelles choses. » Comme Jade, Lucy est maintenant conductrice d’engins. Elle se rappelle : « Quand je suis arrivée, je pensais n’avoir aucune compétence utile pour ce chantier. Mais dès le premier jour, j’ai reçu une formation. Depuis, j’ai travaillé dans cinq équipes différentes. J’ai beaucoup appris. »

Une femme est formée à la conduite d’engins
Une séance de formation au chariot élévateur

Les compétences des femmes de l’équipe ne se limitent pas à la simple conduite d’engins. Éric, chef d’équipe, constate : « Souvent les femmes prennent mieux soin du matériel que les hommes. Elles savent aussi très bien remarquer un dysfonctionnement sur leur machine et faire remonter l’information. »

Des femmes qui reçoivent du soutien

Carl dirige plusieurs équipes qui utilisent de gros engins de chantier. Il déclare : « Sur ce chantier, les femmes apprennent très vite à conduire des engins. Je suis très impressionné ! Dans certains cas, je préférerais leur demander à elles de conduire plutôt qu’à des conducteurs ayant des années d’expérience ! »

Une femme conduit une machine de soudage pour tubes en plastique
Aux commandes d’une machine qui raccorde des tuyaux en plastique

Les chefs d’équipe qui encouragent leurs collègues leur donnent confiance en eux. C’est ce qui s’est passé pour Thérèse. Conductrice expérimentée, elle sait que la manœuvre de gros engins nécessite d’endosser des responsabilités et de prendre les bonnes décisions en matière de sécurité. Thérèse explique : « Quand je sais que j’ai le soutien de mon chef d’équipe, j’arrive à faire beaucoup plus que je l’imaginais parce que je sens qu’on me fait confiance. Quand on sait que ce qu’on fait est apprécié et respecté, je me dis que ça vaut la peine de travailler dur. »

Abigaïl, une autre conductrice de pelleteuses et de camions à benne, est reconnaissante pour le soutien et la collaboration dont elle bénéficie : « Les hommes sur le chantier ne me traitent pas comme quelqu’un d’inférieur. Ils sont toujours prêts à m’aider sans chercher à faire eux-​mêmes le travail. Ils me laissent faire. »

Des femmes déterminées et minutieuses

En plus de conduire de gros engins de chantier, les femmes volontaires à Chelmsford ont été formées dans des domaines comme la topographie, la gestion foncière, la réparation des machines et l’installation d’échafaudages. Robert, qui a travaillé avec des femmes sur un grand nombre de projets, fait remarquer qu’elles sont « déterminées, pleines d’ardeur au travail et attentives aux détails ». Tom, qui est topographe, ajoute : « Les femmes de mon équipe sont minutieuses et consciencieuses. Elles veulent que leur travail soit nickel. »

Pas étonnant que Fergus, un chef d’équipe, se soit exclamé : « Les femmes ont vraiment leur place dans la construction ! »