Covid-19, “les entreprises françaises sont mieux préparées et plus flexibles”… mais pas autant que les restaurateurs

Covid-19, “les entreprises françaises sont mieux préparées et plus flexibles”… mais pas autant que les restaurateurs

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Télétravail, location de leurs propres bureaux, réaménagement des espaces, mise en place des protocoles sanitaires… Comment s’adaptent les entreprises françaises face à ce nouveau confinement ? Le dirigeant de Bureau Veritas France observe déjà quelques tendances fortes.

Porter Davis Offices - Melbourne - Office Snapshots
@Porter Davis Offices – Melbourne – Office Snapshots

Calquées pour la plupart sur l’arsenal dégainé en urgence en printemps dernier, ces aides ont été renforcées notoirement sur plusieurs axes. Coût estimé : 15 milliards d’euros par mois de confinement.

– Prise en charge finalement maintenue pour le chômage partiel

Alors que le niveau de prise en charge de l’activité partielle devait être revu à la baisse dès le premier novembre, celui-ci est finalement maintenu jusqu’à la fin de l’année 2020. Au lieu des 40% initialement prévus, ce sont finalement 15% qui restent à la charge de l’employeur, comme c’est le cas depuis le printemps. A noter : les entreprises fermées administrativement, ou celles jugées comme les plus impactées par la crise (cafés, hôtels, restaurants, clubs de sport ainsi que les métiers connexes), conservent une prise en charge totale.

Pour mémoire, pas de modification dans tous les cas pour le salarié. Il continue de percevoir 70% de son salaire brut.

Montant de la facture pour l’Etat : 7 milliards d’euros par mois de confinement.

– Fonds de solidarité renforcé

Bruno Le Maire l’a indiqué dans sa présentation officielle de l’ensemble des mesures : ” le fonds de solidarité est réactivé pour tous et massivement renforcé pendant la durée du confinement “.

Plusieurs cas de figures peuvent se présenter. Si l’entreprise est fermée administrativement, et emploie moins de 50 salariés, elle peut prétendre à une aide de 10 000 euros. ” Sans exception “ a assuré le ministre de l’économie. Pour les entreprises de moins de 50 salariés des secteurs du tourisme, de l’événementiel, de la culture, du sport ainsi que pour leurs fournisseurs, elles pourront percevoir également jusqu’à 10.000 euros. Et ce, même si elles restent ouvertes, mais à condition de subir une perte de chiffre d’affaires d’au moins 50%. Enfin, pour toutes les autres entreprises, tous secteurs confondus et qui poursuivent leur activité tout en enregistrant une chute de plus de la moitié de leur CA, elles pourront toucher une aide allant jusqu’à 1 500 euros.

Selon les chiffres fournis par le gouvernement, 600 000 entreprises pourront bénéficier de l’aide allant jusqu’à 10 000 euros et un million pour l’aide de 1 500 euros. Coût estimé : 6 milliards d’euros.

– Nouveau report des charges sociales et fiscales

Lors du premier confinement, les entreprises de moins de 10 salariés et les PME travaillant dans certains secteurs d’activité avaient pu bénéficier du report de charges. Dans ce reconfinement, cette mesure est adaptée et renforcée. Les entreprises de moins de 50 salariés fermées administrativement bénéficieront d’une exonération totale de leurs cotisations sociales patronales et salariales pendant la durée du confinement. Idem concernant les PME du tourisme, événementiel, culture et sport qui auront perdu plus de 50% de leur CA.

Pour les indépendants, les prélèvements sont automatiquement suspendus, sans démarche. En complément de ces mesures, les travailleurs indépendants peuvent solliciter l’intervention de l’action sociale du conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) pour la prise en charge partielle ou totale de leurs cotisations ou pour l’attribution d’une aide financière exceptionnelle.

Malgré un confinement allégé et avec l’annonce d’un couvre-feu de plusieurs semaines, les restaurateurs ne sont pas près d’ouvrir leurs portes et d’accueillir à nouveau des clients. Pourtant, en cette période de Covid-19, on n’a jamais eu autant besoin de se sentir bien, autour d’un bon petit plat.

C’est pour soutenir les restaurateurs, qui font l’âme de nos centres-villes, de nos quartiers, de nos villages, que L’Est Républicain offre aux établissements la possibilité de se faire référencer sur son site internet. Quotidiennement, nous mettrons à jour une carte des établissements qui proposent de la vente à emporter ou de la livraison en Meurthe-et-Moselle, afin de donner envie aux habitants de commander ou de se faire livrer.

Toute la restauration est touchée, mais plus encore les établissements gastronomiques. Depuis un mois, la peur et la panique ont généré la désertion des restaurants. Les hôtels subissent une perte de 20% et les annulations des salons s’enchainent de manière alarmante.

Les hôteliers et la restaurateurs croisent les doigts en espérant que l’Etat a prévu des reports de paiement. Il n’y a pas de recettes en face des dépenses et les banques s’inquiètent. 

C’est la même chanson du côté des salons. Les gens n’achètent plus. A 65 ans, le Président de UMIH de Meurthe-et-Moselle déclare n’avoir jamais connu une situation pareille.

Je suis inquiet. La restauration et l’hôtellerie sont des métiers de convivialité. Il n’y en a plus !

Michel Bédu – Président général de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie de Meurthe-et-Moselle

Quelle est l’évolution du coronavirus en France ?

Jeudi 27 novembre dans la soirée, Santé publique France a publié comme chaque fin de semaine son dernier point épidémiologique hebdomadaire sur l’épidémie pour la semaine 47 (du 16 au 22 novembre 2020). Ces points, plus détaillés que les bilans quotidiens délivrés chaque soir, éclairent chaque semaine un peu plus sur la situation sanitaire dans le pays. En résumé, SPF fait savoir que la circulation du Covid-19 dans le pays a fortement baissé en une semaine. Les nouveaux cas confirmés, les passages aux urgences, les hospitalisations et les nouvelles admissions en réanimation restent élevés, mais baissent également. Voici les points clés à retenir :

  • Baisse importante des indicateurs de circulation du Covid-19. Si une diminution de la circulation du virus avait déjà été observée en semaine 46, elle se confirme en semaine 47. Le taux de positivité est désormais de 13,2% sur l’ensemble de la France métropolitaine, il était de 16,4% la semaine passée (-3,3 points). Cela concerne toutes les classes d’âges, mais les diminutions les plus fortes sont observées chez les 65-74 ans (-4,9 points) et chez les 45-64 ans (- 3,5 points). Le taux d’incidence, ou nombre de cas pour 100 000 habitants, est désormais fixé à 154 (255/100 000 en S46, – 40%). Là encore, toutes les classes d’âges sont concernées, la diminution la plus marquée étant observée chez les 65-74 ans (- 44%), suivie par les 45-64 ans (- 42%).
  • Nouvelle baisse du nombre de nouveaux cas. En semaine 47, 757 584 personnes ont été testées par RT-PCR pour la première fois. De ces tests, 99 812 nouveaux cas ont été rapportés, un chiffre en forte diminution par rapport à la semaine précédente (165 230 en semaine 46, soit une baisse de -40%). Santé publique France note également la poursuite de la diminution rapide du nombre de nouveaux cas-contact, y compris à risque.
  • Les chiffres à l’hôpital restent élevés, mais continuent leur décrue. Après 4 semaines consécutives de hausse puis une stabilisation en S45, le nombre de passages pour
    suspicion de Covid-19 en S47 était en baisse pour la 2ème semaine consécutive. La diminution des déclarations de nouvelles hospitalisations observée en S46 se poursuit. En S47, 13 585 nouvelles hospitalisations ont été déclarées contre 17 390 en S46, soit -22 %. Le taux d’admissions en réanimation en semaine 47 a diminué dans toutes les régions de France métropolitaine par rapport à la semaine précédente. En semaine 47, on a compté 2 069 nouvelles admissions en réanimation ont été déclarées contre 2 761 en S46, soit -25 %.
  • Les décès liés au Covid-19 sont encore nombreux, malgré une légère baisse. En semaine 47, pas moins de 3 343 décès ont été enregistrés, que ce soit en hôpitaux ou en Ehpad, contre 4 383 en S46. “Néanmoins, la diminution observée pour les décès en ESMS (Établissement ou service social ou médico-social, ndlr) sera très certainement réévaluée dans le prochain point épidémiologique après la consolidation des données”, avertit Santé publique France.

Nouvelles modalités pour le remboursement des PGE

Pour faire face aux difficultés de trésorerie, les entreprises ont désormais jusqu’au 30 juin 2021, et non plus seulement jusqu’au 30 décembre 2020 pour solliciter auprès de leur banque un Prêt Garanti par l’Etat. De plus, la possibilité de différer son remboursement est allongée d’un an. Concrètement, cela signifie que toutes les entreprises qui ne seraient pas en mesure de commencer à rembourser leur prêt en mars prochain pourront demander un différé jusqu’en mars 2022” Nous avons vu avec la Banque de France pour que ces demandes de différés supplémentaires ne soient pas considérées comme un défaut de paiement des entreprises “, a promis le ministre de l’économie.

Enfin, l’amortissement des PGE pourra être étalé entre une et cinq années supplémentaires, avec des taux négociés compris entre 1 et 2,5% (garantie de l’Etat comprise), quel que soit l’établissement bancaire prêteur.

– Possibilité de prêts directs

Concernant les prêts, si certaines entreprises ne trouvent aucune solution de financement, l’Etat annonce qu’il pourra accorder des prêts directs : jusqu’à 10 000 euros pour les entreprises de moins de 10 salariés, jusqu’à 50 000 euros pour les entreprises de 10 à 49 salariés. 500 millions d’euros sont prévus pour cette aide.

– Prise en charge des loyers

Nouveauté de ce confinement Acte II : un crédit d’impôt sera accordé aux bailleurs annulant une partie des loyers à percevoir de la part de leurs locataires professionnels du secteur de l’hôtellerie restauration et salariant moins de 250 personnes. ” Tout bailleur qui sur les trois mois d’octobre, novembre et décembre 2020, accepte de renoncer à au moins un mois de loyer, pourra bénéficier d’un crédit d’impôt de 30% du montant des loyers abandonnés “, a ainsi promis Bruno Le Maire. Un milliard d’euros a été provisionné sur ce point.

A noter : un numéro spécial d’information sur les mesures d’urgences pour les entreprises est opérationnel depuis le début de la semaine : 0 806 000 245.


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