Un noël post-apocalyptique

Un noël post-apocalyptique

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Chaque année, à l’approche des fêtes, les marques dévoilent leurs publicités de Noël. Une fois encore, les géants du retail ont fait preuve de créativité pour attendrir les petits comme les plus grands. 

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L’industrie c’est fou s’arrête pendant deux semaines. Tout le monde s’en navre mais ce n’est pas la seule source d’un spleen ambiant. A l’heure du réchauffement climatique, associations et artistes ont le Noël triste.

Cela ne nous ressemble pas : jouer les trouble-fête. Nous aurions pu conclure avec béatitude devant un énième sapin rigolo. Mais un autre phénomène traverse l’économie : un spleen de fin d’année qui dépasse le syndrome de dépression saisonnière. Avant Noël, des associations, des entreprises et des institutions partagent leur angoisse du réchauffement climatique.

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Vous marchez pour le climat et pestez contre le «black friday» ? Ou avez envie, tout simplement, de revenir à un Noël plus authentique? Sapins coupés en pleine forêt puis abandonnés le long de trottoirs quelques jours après, rubans par milliers, dernière décoration féerique tendance, tenue de fête spéciale Jour J… Noël est aussi l’un des moments dans l’année où l’on pollue - et dépense le plus. Mais comment concilier conscience écologique et traditions sans être un trouble-fête?

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Rendez un dernier hommage à l'arbre de Noël qui a égayé vos fêtes de fin d'année.

Voilà une tradition alsacienne bien connue : une fois les festivités de Noël terminées, on apporte son sapin sur la place du village, on le pose sur un tas, et on brûle le tout, dans un grand feu de joie convivial, qui vient éclairer le début de l’année.

Fascinés par le spectacle du feu et des flammes qui s’envolent à plusieurs mètres de hauteur, passez un moment bien au chaud, en toute convivialité !

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Si les codes à l’origine de genèses de nouveaux mondes sont souvent prévisibles, d’autres œuvres proposent parfois un postulat original en tant qu’élément déclencheur de l’apocalypse, qui mènera donc ensuite au récit post-apocalyptique à proprement parler.

Marine Serre présente sa collection printemps-été 2021 post-apocalyptique avec un film

Les masques étaient dans ses collections depuis un an et demi. C’est dans un film que Marine Serre présente la dernière, qu’elle veut comme un “miroir des cinq derniers mois”.

Sa précédente collection, qui avait anticipé le style imposé d’aujourd’hui avec des masques anti-pollution comme accessoire de mode, avait eu beaucoup de succès. Trois semaines après ce défilé, “on a été tous confinés”.

Ames sensibles s’abstenir : sa collection printemps-été 2021 a été présentée mardi 29 septembre dans Amor Fati, un film dérangeant avec des images fortes accompagnées de musique stridente. “Cette collection est le miroir des cinq derniers mois. Je travaille toujours comme ça, c’est le monde autour de nous qui a changé radicalement”, explique à l’AFP Marine Serre.

“Les masques on les vend depuis un an et demi”

Après d’impressionnants défilés à l’esthétique dystopique, elle a opté cette saison pour un court-métrage inspiré du concept d’Amor Fati (“amour du destin”) de Nietzsche qui invite à embrasser la réalité avec sa part de chaos et d’horreurs pour la dépasser. Dans chacune des trois parties du film jouent les mêmes acteurs portant des vêtements différents : costumes ou combinaisons seconde peau imprimés de croissants, son motif fétiche, vestes noires avec de multiples poches, capes ou crinoline, visières et lunettes de soleil.

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“Le masque est arrivé dans mes collections il y a un an et demi. J’allais au travail en vélo et je trouvais que ce n’était pas agréable à Paris”, raconte Marine Serre. Elle a senti qu’un styliste devait proposer cette pièce pour les besoins de la vie quotidienne en ville, au même titre que l’imperméable. “A l’époque, personne n’y a pensé, ce n’était pas très joli, aujourd’hui on y est contraint, c’est différent, vous n’avez pas le choix. Les masques, on les vend depuis un an et demi.”

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"C'est une mise en valeur de la force qu'a le vêtement aujourd'hui, comment il nous protège, nous aide à affronter notre quotidien, à communiquer et à faire passer un message, avancer tout en restant perfectionniste dans sa production", résume la styliste.

Pour une mode “plus responsable”

Actuellement 50% de ses pièces sont fabriquées avec des vêtements récupérés en fin de vie. “C’est une fabrication qui est extrêmement compliquée. La difficulté dans tout cela c’est de pouvoir grandir en quantité, mais aussi de baisser le prix”, explique-t-elle. Ses collections sont produites en Europe, “surtout en Italie, au Portugal et en France” avec des usines familiales “qui peuvent comprendre cette démarche-là”. Pendant le confinement, “il y a eu un vrai questionnement sur comment on vit, ce qu’on mange, comment on s’habille. La plupart des choses dans lesquelles on croyait sont en train de devenir ou sont déjà devenues essentielles”, se félicite la créatrice.

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“Techniquement parlant pour construire une jupe qui est faite à partir d’un tapis et pour que celle-ci vous reste 30 ans, c’est du temps, un temps précieux qu’on a oublié à cause de la ‘fast fashion'”. Le changement, “ce mot du moment” passe pour Marine Serre par la façon dont les vêtements sont produits.

Fer de lance avec le Belge Dries Van Noten d’un manifeste pour une mode plus responsable soutenu par des centaines de petites maisons qui s’engagent à produire moins et à repenser les défilés, elle dit qu’elle va “s’adapter en fonction de ce qui va se passer”.

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Enfin, si les œuvres post-apocalyptiques nous offrent de superbes pistes de réflexions relatives à notre nature humaine, il n’en reste pas moins que toute histoire réclame en général un but. C’est d’ailleurs parfois la faiblesse de ces récits d’aventures, aux situations extrêmes et aux contextes plutôt fatalistes. Finalement, la chute de l’humanité semble se précipiter à grande vitesse, et l’on en vient vite à se demander « À quoi bon ? » Le but de l’histoire réside donc le plus souvent dans un nouvel espoir, un élément-clé de l’intrigue qui mène nos personnages d’une péripétie à l’autre. Si l’œuvre se révèle être particulièrement courte, il est parfois plus délicat pour des récits plus longs de ne pas « épuiser » le spectateur dans une histoire sans fin, et surtout sans but.

“Je n’ai rien contre refaire un show dans les prochains mois. Ce qui est intéressant dans les fashion weeks, c’est de créer une synergie, un moment de partage, être ensemble”, souligne-t-elle, tout en estimant qu’il y en a trop : “Avoir 25 (semaines de mode) par an n’a pas de sens.” Pour une marque indépendante comme la sienne, “deux collections dans une année, c’est déjà beaucoup créativement parlant”.

On est loin des héros classiques survivants à l’apocalypse, et ça fait du bien. Politiquement incorrect, drôle et délirant

Un élément de consolation dans ces œuvres aigres-douces : l’inspiration reste avec les créateurs. Nous vous souhaitons donc un joyeux dernier Noël.

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