Tout effacer et recommencer tout a zéro

Tout effacer et recommencer tout a zéro

C’est toujours l’impatience de gagner qui fait perdre. Perdre ne signifie rien , et si vous êtes trop possédé par l’idée de gagner, la moindre déception peut vous briser. Aimer, ce n’est pas gagner à tous les coups. C’est prendre des risques, faire des paris incertains, connaître la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la doubler.

Perdre du temps est un concept très relatif. C’est pourquoi il conviendrait d’assainir un peu cette idée voire de l’appliquer d’un point de vue différent, comme la clé du bien-être. Réfléchissons-y bien. Dans une société qui nous a convaincus que le temps est “de l’or”. On doit rentabiliser chaque seconde de notre vie pour en tirer un bénéfice.

Suivre cette approche au pied de la lettre nous mène inévitablement vers ce labyrinthe -qui nous est familier- des troubles du stress et de l’angoisse. Ce sont ces conditions qui, à la manière d’un thermomètre, montrent une maladie latente dans notre monde, qui n’est autre que celle de nous oublier. Par conséquent, le temps n’est pas de l’or, ni de l’argent ni de l’étain ; le temps, c’est la vie.

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Savoir le gérer et nous permettre de temps à autre de ne rien faire et de nous limiter à “être, sentir”, c’est préserver sa santé. Néanmoins, il nous est difficile d’appliquer cette idée. Lorsque nous passons tant d’heures de notre vie en mode “productivité“, l’esprit en vient même à interpréter une sieste sur le canapé comme une perte de temps.

Perdre du temps, c’est gagner de la vie

Max Weber, célèbre philosophe, économiste et sociologue du début du XXe siècle nous a légué une précieuse réflexion qui semble être toujours d’actualité. Selon lui, avec l’arrivée de la révolution industrielle, nous avons commencé à considérer l’activité professionnelle presque comme un principe moral. Travailler n’était plus seulement une manière de gagner de l’argent pour survivre, c’était -et c’est- plus que ça.

Le travail est pour beaucoup un moyen de rendre digne l’être humain. L’activité est synonyme de productivité. C’est un moyen de contribuer à la société. Tout cela est vrai. Néanmoins, nous poussons parfois la définition à l’extrême. C’est pour cela que de nombreuses personnes sont incapables de se détendre. Ces hommes et ces femmes en viennent à ressentir une véritable frustration voire un sentiment de culpabilité quand ils ne font rien.

Cette approche, celle où on l’inactivité est synonyme de perte de temps, nous mène à des états d’usure psychologique. Citons par exemple une étude intéressante réalisée à l’université de Mainz, en Allemagne par le docteur Leonard Reinecke. La plupart d’entre nous juge les moments passés devant la télévision comme négatifs.

Nous en profitons pour regarder des films et des séries. Néanmoins, une partie de nous-mêmes agit souvent comme un juge sévère. Pourquoi ? Nous nous reprochons l’inactivité et la perte de temps.

Pour gagner du temps, il va d’abord falloir accepter d’en perdre (un peu). En effet, être organisé ne s’improvise pas. Or, pour identifier les points perfectibles dans votre organisation de travail, il est, selon Pascale Bélorgey, spécialiste de l’efficacité professionnelle pour le groupe Cegos et auteur de “La boîte à outils de la gestion du temps”, “essentiel de passer par une phase de réflexion”.

Même si le tourbillon du quotidien laisse peu de place à l’introspection, il est obligatoire de s’accorder une petite pause pour mettre en place vos nouvelles résolutions. La mise au point, puis en application, de ces nouvelles règles de travail vous donnera l’impression d’avoir un effet contreproductif, mais rapidement vous en ressentirez les bienfaits. “Se ménager des temps de pause tout au long de l’année permet de mieux gérer ses priorités”.

Un délesteur pour rester focus ?

L’un des secrets pour arriver à pratiquer le « rien que », c’est d’arriver à canaliser les informations et les stimulations entrantes. En effet, après avoir choisi et entamé une activité, il n’est pas rare de penser à autre chose, d’avoir une idée lumineuse… A ce moment là, soit on choisit de suivre son idée et fini le « rien que », soit on essaie de se la garder de côté, mais cela crée un certain inconfort par peur de l’oublier. Dans les 2 cas, on ne profite plus de l’activité initialement choisie.

Délester et ritualiser !

Une des solutions face à ces coupures impromptues, c’est de mettre en place des délesteurs. Le principe est le suivant : créez-vous un lieu physique et/ou numérique (un tableau noir dans l’entrée de chez vous, un post-it dans votre portefeuille, une note dans votre smartphone, …) qui vous servira à noter toutes les bonnes idées (ou choses à faire) qui passeront dans votre tête. Une fois que vous avez votre délesteur, créez-vous un rituel de rendez-vous avec vous-même, pour traiter les infos de ce délesteur.

Concrètement cela peut donner : « J’écris toutes mes idées et choses à faire sur une note, dans mon smartphone. Tous les soirs, en rentrant du boulot, dans le bus, je regarde cette note, pour traiter les infos». A vous de choisir la fréquence de traitement qui vous convient !

Délester et ritualiser : deux petites astuces pour vous permettre d’avoir l’esprit plus clair et libre, pour ainsi profiter plus facilement de ne faire « rien que » votre activité en cours !

Mais en quoi ce « rien que » change le monde ?

Vous vous demandez peut-être ce que ce « rien que » vient faire sur notre magazine. En effet, notre objectif est de faciliter la transition personnelle de chacun·e alors en quoi ça vous aide ? Et quel changement vous induisez en le mettant en place ?

Reprendre le contrôle face à l’infobésité

On parle souvent d’infobésité dans le monde actuel et si on n’y prend pas garde on peut vite avoir l’impression de n’avoir jamais le temps… alors même que notre temps de loisirs n’a jamais été aussi important.

Avec le « rien que », l’idée est de vous armer pour choisir plutôt que subir votre vie et de suivre les bonnes résolutions (si si c’est possible) ou au moins les objectifs (écocitoyens ou pas) que vous vous êtes fixés !

Économie de l’attention

Au-delà de reprendre contrôle de votre vie, on pense également qu’en choisissant ce à quoi vous portez votre attention vous changez aussi… le monde ! Rien que ça 🙂 En effet, on parle aussi de plus en plus d’économie de l’attention dans notre société avec en point d’orgue la fameuse phrase de l’ex PDG de TF1 « ce que nous vendons à [une marque de cola dont on ne fera pas la pub ici 🙂 ] c’est du temps de cerveau humain disponible. » En choisissant quel temps de cerveau vous consacrez à quoi, vous orientez ainsi un peu la marche du monde…

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