Les personnalités d’une femme transgenres noir de plus en plus influentes battante et moderne

De nombreuses personnalités transgenres s’affichent maintenant sur la place publique et militent pour faire avancer les droits de leur communauté, mais aussi celles des lesbiennes, gais et bisexuels (LGBT). Elles exercent toutes sortes de métiers et sont la preuve que peu importe notre origine, nos choix ou notre situation sociale, il est permis de s’accepter tel que l’on est. Les femmes transgenres s’exposent et se mobilisent de plus en plus pour défendre les droits de la communauté LGBT. Ces personnes ont du courage, mais aussi une grande influence dans leurs milieux respectifs, et dans la société en général.

Le racisme anti-transgenre noir en France est devenue un monde frustré(es), un fléau que nous souhaitons voir disparaître à jamais, pourtant le #Racisme n’est pas l’apanage des seuls «blancs».

Le racisme anti-noir est une forme de racisme qui a sa propre spécificité . Il doit être différencié de toutes les autres formes de racisme, de discrimination et d’intolérance. Il représente toute attitude ou comportement qui vise à dévaloriser et à nuire à une personne de couleur noire. Il utilise une caractéristique physique, la couleur de la peau, comme critère principal de discrimination consiste donc à caractériser un ensemble humain par des attributs naturels, en les associant en même temps à des caractéristiques intellectuelles et morales qui s’appliquent à chaque individu relevant de cet ensemble.

Pourtant chaque, endroit chaque, ville chaque région vous voyez un couple noir et blanc avec votre séduction, à pris le dessus, après le confirment 2020 bienvenue dans les années 1924 la date que #JamesBaldwin, commença à écrire des articles sur l’anti racisme.

La presse française vit au rythme des émeutes noires qui secouent les Etats-Unis dès qu’un Noir est tué par un policier blanc. Quand c’est un policier noir – il y en a beaucoup dans les rangs de la police américaine – qui tue un Noir – et ça arrive souvent –, il n’y a pas d’émeute ! Les policiers noirs ont manifestement des privilèges que n’ont pas leurs collègues blancs. Mais nos journaux n’ont que faire de ce genre de « chochotterie ». Ils écrivent : « Encore un Noir tué par des policiers blancs ».

Partons du présent. Le racisme n’est pas mort, il s’est métamorphosé. Ce diagnostic lapidaire doit bien sûr être précisé, expliqué et commenté. Tout d’abord, le racisme peut se manifester de façon non explicite ou d’une manière indirecte, il peut même parfois n’exercer tous ses effets qu’à la condition d’être voilé ou symbolique, et nié par ceux qui le pratiquent. Ensuite, nous nous trouvons souvent aujourd’hui devant des modes d’exclusion illustrant un racisme qui, pour ne pas se fonder sur des caractéristiques dites raciales (soit des traits somatiques visibles), n’en est pas moins virulent. Le nouveau racisme est un racisme sans “races”. Il s’agit le plus souvent, du moins dans les sociétés démocratiques occidentales, d’un racisme intégré dans le nationalisme xénophobe, visant spécifiquement l’immigration ou certaines catégories d’immigrés. Le rejet peut se fonder classiquement sur l’apparence physique, notamment sur la couleur de peau, mais il tend aujourd’hui à privilégier les caractères culturels, au premier rang desquels on trouve la religion.

On en déduira que les flics (blancs) américains ont la gâchette facile. Ce n’est pas faux. Mais aux Etats-Unis, tout le monde a la gâchette facile y compris les délinquants et les criminels. En effet, il est facile là-bas de se procurer une arme. Le tueur de Dallas qui a assassiné cinq policiers en avait une en parfait état de marche. Sa personnalité est intéressante. Et son portrait a toute sa place — en tout cas, on devrait la lui donner — dans la litanie répétitive du « encore un Noir tué par un policier blanc »

Certains responsables politiques, désireux de calmer les esprits, croient cependant devoir déclarer, de temps à autre, pour prendre l’exemple français, que “la France n’est pas raciste” ou qu’elle “n’est pas antisémite”. Ce qui n’est ni totalement vrai, ni entièrement faux. La vérité est autre, plus complexe, plus subtile. Et surtout, étrangère aux dogmes idéologiques et aux passions politiques. Pour la découvrir, il faut commencer par s’interroger sur le sens du mot “racisme”, et reconnaître qu’il n’a cessé de varier selon les contextes historiques. On ne saurait donner une définition unique, fixe et invariable du “racisme”. Oublions provisoirement les guillemets, qui marquent le doute et la distance critique, et argumentons comme si “le racisme” était un phénomène bien connu, clairement reconnu, mais qui gagnerait à être mieux connu.

Il serait risqué de se déclarer aujourd’hui “raciste” dans l’espace public. Nul citoyen ne se dit “raciste”, sauf à titre de provocation ostentatoire, dans une société démocratique occidentale où le rejet du “racisme” est la norme. Mais rares sont ceux qui pensent que “le racisme” a disparu.

C’est pourquoi il convient de reconnaître comme des formes émergentes de “racisme”, même si le terme semble mal convenir aux phénomènes désignés, les passions idéologiquement organisées que sont l’islamophobie, la judéophobie et la christianophobie, qui s’opposent ou se combinent diversement. Ces trois derniers termes fonctionnent le plus souvent sans être définis précisément, et leur indistinction en favorise les usages polémiques : il va de soi que “traiter” d’islamophobe ou de judéophobe, par exemple, un individu ou un groupe, c’est le stigmatiser, donc le délégitimer. Et bien sûr, dans les pays où existe une législation antiraciste, l’exposer à des poursuites et à des sanctions.

Mais l’on peut construire des pseudo-races, et les hiérarchiser, sur la base de traits culturels, qu’il s’agisse d’une langue ou d’un système de croyances. C’est ainsi que les islamistes traitent les chrétiens ou les Juifs comme des quasi-races distinctes, inférieures et dangereuses. La question du racisme est devenue en grande partie celle de la racialisation de n’importe quel groupe humain. Ce qui complique le tableau, c’est le fait qu’aux fanatismes religieux s’ajoutent désormais les fanatismes antireligieux. Au nom de la “laïcité”, dont on oublie qu’elle appelle à respecter toutes les croyances, certains, des agnostiques ou des athées mus par une haine spécifique, dénoncent, insultent, rejettent des groupes humains en tant que communautés de croyants. Cette dérive de l’athéisme et du laïcisme est regrettable, certainement difficile à reconnaître dans les sociétés sécularisées, mais il faut partir de ce qui est observable, à savoir le rejet haineux de catégories d’individus en raison de leurs croyances religieuses.

Enfin, le racisme apparaît désormais souvent sans référence non plus à la thèse d’inégalité, il ne présuppose donc plus nécessairement une classification hiérarchique des “types raciaux” ou des groupes humains identifiés. Il substitue l’affirmation de la différence des cultures ou des civilisations au dogme de l’inégalité entre les races, mais il fatalise et absolutise les différences culturelles. D’où un nouveau type d’argument racisant, qui consiste à justifier le rejet des différents en ce que leurs cultures propres seraient incompatibles avec la nôtre. Cet argument est lié à un autre : pour garantir la paix civile, pour prévenir les conflits culturels, il faut fermer les frontières. Ces arguments ne sont pas dénués de justifications empiriques : on observe en effet des phénomènes inquiétants liés aux différences culturelles, allant de la non-intégration sociale aux conflits inter-communautaires. Les antiracistes aveugles ne veulent pas en parler, ni en entendre parler. Les nouveaux racistes en exagèrent l’importance, et les transforment en thèmes mobilisateurs.

Au cours des trente dernières années du XXe siècle, on a assisté au surgissement d’un racisme centré sur l’identité culturelle plutôt que sur les catégories raciales classiques, sur la différence groupale plutôt que sur l’inégalité racialement déterminée. Je l’ai baptisé naguère, au début des années 1980, “néo-racisme différentialiste et culturel”. La question du racisme s’est ainsi décrochée de la vieille question raciale. Et les idéologues racistes, ou plus exactement néo-racistes, ne sont plus voués à répéter les thèses des théoriciens de “l’inégalité des races humaines”. C’est pourquoi la délégitimation scientifique de la catégorie de “race humaine” n’a plus rien à voir avec la nouvelle question raciste. Elle constitue une simple survivance d’une forme d’antiracisme savant qui, après avoir été conçue pour disqualifier les modes de légitimation racialistes des nationalismes expansionnistes et des impérialismes coloniaux, a trouvé sa pleine justification dans les années 1930 et 1940, dans le cadre de la lutte intellectuelle contre le nazisme, dont les idéologues avaient la prétention d’élaborer un “racisme scientifique”.

Le recul du racisme “classique” ou “traditionnel”, fondé principalement sur la couleur de peau et hiérarchisant les groupes humains selon des caractéristiques somatiques, est net dans le monde démocratique occidental, où il coexiste avec le néo-racisme. On peut voir dans l’élection de Barack Obama, en novembre 2008, avec près de 53% des suffrages, un indice majeur du déclin des rejets racialistes fondés sur la couleur de peau. Mais le racisme “classique” n’a nullement disparu, et l’on ne saurait conclure des travaux sur la question qu’il est en voie d’extinction sur la planète. On ne saurait par exemple considérer que les États-Unis sont entrés d’une façon irréversible dans une “ère post-raciale” ou “post-ethnique”. Il ne faut pas confondre les bonnes intentions avec les faits, ni les rêves avec les processus réels. L’un des effets pervers de l’antiracisme classique, visant pour l’essentiel le racisme de type nazi, a été de rendre le racisme plus subtil, de produire une modification des représentations stigmatisantes et de favoriser le double discours. C’est là un phénomène que, dès la fin des années 1970, certains sociologues américains ont analysé sous la dénomination de “racisme symbolique”, soit un racisme non assumé et indirect, incluant notamment des arguments ou des normes de type “antiraciste”, par exemple le “droit à la différence” ou le “respect des identités culturelles”.

L’antiracisme de l’époque post-nazie et post-colonialiste reste à inventer. Il s’est enlisé jusqu’ici dans un discours commémoratif empêchant de considérer la nouveauté des défis à affronter et favorisant les amalgames polémiques (la réduction de l’adversaire à Hitler ou à Pétain), et embourbé dans le marécage des arguties juridiques liées au politiquement correct, qui pousse à l’interprétation paranoïaque du moindre “dérapage” lexical ou sémantique. D’où l’apparition d’antiracistes visionnaires, victimes d’hallucinations répétées, qui crient au “retour des années trente”, du pétainisme ou du nazisme face à de simples constats concernant par exemple les liens entre immigration et délinquance.

C’est le cas lorsque l’agressé entend ses agresseurs déclarer qu’ils “cassent du cblan (blanc)” ou du “toubab”. Dans les échanges d’insultes entre jeunes, par exemple dans une cour de récréation, les étiquetages fondés sur l’origine ou l’apparence physique sont courants : les “blancs” sont traités non seulement de “Gaulois” ou de “babtou”, mais aussi injuriés en tant que “sales blancs”. Ces identifications stigmatisantes, dès lors qu’elles sont réciproques, perdent en partie leur charge racisante. Elles font partie du vocabulaire argotique marquant l’appartenance à une communauté locale et provisoire de fait (par exemple une communauté scolaire), avec ses différences et ses rivalités internes. Mais si le groupe insultant est majoritaire, tout change. La stigmatisation fonctionne comme un mode d’exclusion et de discrimination visant les représentants du groupe minoritaire. Si, par exemple, les “blancs” sont minoritaires, la stigmatisation relève bien du racisme ordinaire, même dans une société “blanche” comme les Etats-Unis ou la France.

En outre, les milieux antiracistes organisés ont gardé un silence gêné ou prudent sur l’apparition de formes diverses de “contre-racisme”, ou, si l’on préfère, de racisme “classique” retourné ou inversé. Le phénomène n’est pas nouveau (au racisme des dominants les dominés répondent souvent par un racisme de sens contraire), mais il a pris, en raison de la mise en accusation croissante de l’Occident, une importance inédite, en même temps qu’il a subi une élaboration doctrinale. La plupart des difficultés sémantiques rencontrées viennent de ce que, pour nommer et décrire ces phénomènes émergents, on utilise le vieux vocabulaire des couleurs contrastées, censées caractériser des groupes humains différents (les “races”). Dénoncer le “racisme anti-noir” ou le “racisme anti-blanc”, par exemple, c’est postuler que la distinction entre “noirs” et “blancs” est pertinente pour identifier les groupes humains. Le “racisme blanc anti-noir”, en particulier, a fait l’objet d’une imitation par retournement, comme si recouvrer l’estime de soi, pour certains “Noirs”, impliquait le rejet ou la haine des “Blancs”. Et ce “racisme noir anti-blanc” s’est à la fois intensifié et banalisé depuis les années 1970, sans être pour autant toujours clairement revendiqué. Il ne l’est guère que dans des situations de violences commise contre des “blancs”, identifiés comme tels par leurs agresseurs s’identifiant eux-mêmes comme non-blancs.

D’une façon générale, il faut distinguer le racisme “normal”, un racisme socialement invisible fonctionnant dans l’espace public sans avoir besoin d’être revendiqué, des racismes réactifs ou défensifs, produits par mimétisme en tant que “répliques” (dans tous les sens du terme) du premier. Or, dans les sociétés occidentales, le racisme “normal” ou institutionnel est le racisme “blanc” visant diverses catégories de “non-blancs”. Mais, et là réside l’une des raisons du flou sémantique dans l’usage des termes, le racisme “anti-blanc” est difficilement différenciable du racisme anti-français ou anti-européen, voire anti-occidental (à dominante anti-américaine), ou encore d’une christianophobie portée par les milieux islamistes partout dans le monde. La haine du Blanc, du Français, de l’Européen, de l’Occidental ou du chrétien se donne comme un bloc indifférencié. Lorsqu’une militante gauchiste des “Indigènes de la République”, à l’identité maghrébine (d’origine) fortement affirmée, dénonce les “souchiens” (jouant sur l’effet d’homophonie : “sous-chiens”), soit les Français qui ne sont pas d’origine étrangère, elle illustre à la fois le racisme anti-blanc et le racisme anti-français.

Mais le “racisme anti-blanc” n’a jamais vraiment été reconnu et condamné par le militantisme antiraciste organisé comme une forme de racisme à part entière. Son importance continue d’être minimisée, et sa dangerosité sous-estimée. L’attitude la plus courante consiste à ne pas nier ledit “racisme anti-blanc”, mais à le considérer comme négligeable. Les antiracistes de profession, les dirigeants et les permanents des associations dites de “lutte contre le racisme”, tiennent à conserver le monopole de la définition du “racisme” et de la désignation des “racistes”. Pour ce faire, ils hiérarchisent les catégories de victimes du racisme, et répètent que “les premières victimes du racisme en France” sont les immigrés ou “les personnes issues de l’immigration”. Certains antiracistes extrémistes, non sans mauvaise foi, nient même l’existence du “racisme anti-blanc”, accusant les racistes “blancs” de l’avoir inventé pour mieux dénigrer les vraies victimes du vrai racisme. Et il est vrai que, dans les milieux nationalistes, par exemple en France au sein du Front national ou dans ses marges, la position “anti-antiraciste” enveloppe depuis longtemps l’accusation selon laquelle l’antiracisme ne serait qu’un habillage trompeur du “racisme anti-blanc”, “antifrançais” ou “antichrétien”. C’est que les frontières de la catégorie “racisme anti-blanc” varient selon les situations de discours.

L’antiracisme est aussi une idéologie, formée sur la base d’un certain nombre d’axiomes ou de postulats. Il présuppose notamment que le racisme va toujours du “Blanc” (le dominant supposé) au non-Blanc (le dominé présumé), et que le “Blanc” ne saurait être en position de “victime”. Ce dogme idéologique est à ce point intériorisé par les antiracistes militants qu’il les rend aveugles ou indifférents aux faits observables qui le contredisent.

Mais il faut considérer un deuxième niveau de signification. On peut faire l’hypothèse qu’une forme nouvelle de racisme d’opinion, peu élaborée sur le plan doctrinal, est en train de surgir sur la base de la diabolisation du nationalisme – qui englobe le patriotisme -, telle qu’elle s’est développée dans la période post-nazie. C’est là ce que j’ai appelé “antinationisme” au début des années 1990, lorsque le rejet du Front national a dérivé clairement, dans certains milieux politiques de gauche et d’extrême gauche, vers le rejet de la nation. Dans cette perspective, tout attachement national est perçu comme une persistance détestable de l’esprit pétainiste, de l’idéologie de l’Action française ou du régime de Vichy. Cet “antinationisme” est l’une des composantes de ce qu’on appelle le “racisme anti-blanc” en France. C’est le rejet de la nation française qui est pour ainsi dire figuré par les visages “blancs”, la couleur de la peau n’intervenant cependant qu’en tant qu’indice. Le culte plus ou moins ostentatoire du “métissage” (le plus souvent pensé sur le modèle du croisement “noir/blanc”) peut être aussi une manière d’exprimer, sans l’assumer, une forme de “racisme anti-blanc”. Ici encore, on assiste à la fabrication de pseudo-races : le type métissé peut être érigé en idéal humain ou en norme phénotypique. Et l’on comprend aisément que, dans une société où l’antiracisme est une norme inscrite dans la loi, les “racistes anti-blanc” soient voués à affirmer que le “racisme anti-blanc” n’existe pas !

Ma position sur le “racisme anti-blanc” est d’abord un appel à la prudence méthodologique : il faut se garder d’utiliser naïvement ou cyniquement l’expression, simple étiquette d’usage polémique, sans nier ni minorer pour autant les phénomènes (courants d’opinion, importation de conflits locaux, violences sociales, etc.) auxquels elle se réfère. S’il faut problématiser la catégorisation, en montrant qu’elle assimile d’une façon abusive divers niveaux de représentations, il convient parallèlement d’enquêter sur les attitudes et les comportements socialement observables, analyser les situations où des “blancs” sont stigmatisés, menacés ou injuriés (“sales blancs” !), voire agressés physiquement en tant que “blancs”. S’efforcer aussi d’élargir l’enquête vers d’éventuelles nouvelles formes de ségrégation ou de discrimination dont les populations identifiées comme “blanches” seraient, en tant que telles, les victimes. C’est alors qu’on aura établi les données permettant d’évaluer correctement, en dehors des passions idéologisées, l’importance du “racisme anti-blanc”, préalable à toute détermination des moyens politiques d’y faire face.

a lire sur faunes et femmes magazine

A Abidjan, les violences sexuelles pendant le confinement 

Selon la militante féministe Sylvia Apata, la pandémie de Covid-19 a engendré une hausse des viols et des mariages forcés en Côte d’Ivoire, liée notamment à la fermeture des écoles.

A Abidjan, les violences sexuelles pendant le confinement 
@Presse / A Abidjan, les violences sexuelles pendant le confinement 

Juriste, consultante en droits des femmes et enseignante vacataire en relations internationales, Sylvia Apata, 29 ans, dit être « née féministe ». Cybermilitante, elle dénonce les discriminations et les violations des droits que subissent les Ivoiriennes.

Son combat a débuté en 2016 auprès des femmes rurales. Elle milite alors pour qu’elles aient accès à la terre et qu’elles possèdent un titre de propriété. En 2019, souhaitant s’engager dans une structure « qui ne soit instrumentalisée ni par le pouvoir ni par l’opposition », elle crée l’organisation Citoyennes pour la promotion et la défense des droits des enfants, femmes et minorités (CPDEFM). Elle estime que le manque de données participe à l’invisibilisation de ces femmes, une autre forme de violence dont elles sont victimes.

En juin 2020, son association s’est lancée dans une enquête sur les violences faites aux femmes pendant la pandémie de Covid-19. Les résultats de l’étude, menée au lendemain du confinement (juin et juillet 2020), sont parus le 11 juin.

Pourquoi avoir choisi de mener cette étude après le confinement ?

Nous savons que les victimes parlent plus aisément quand elles sont placées en position de témoins. Nous avons donc orienté nos questions en leur demandant si elles avaient eu connaissance de faits de violences et non pas si elles en avaient subies. Les sondés ont témoigné de plus de 2 000 cas de violences faites aux femmes, dont 1 290 cas de mariage de filles de moins de 18 ans et 1 121 viols. Nous avons constaté qu’il y avait un pic de violences sexuelles pendant la période de restriction imposée par la pandémie de Covid-19. Environ 30 % des cas signalés ont eu lieu à ce moment-là. Nous pensons qu’il y a eu plus de viols du fait de la fermeture des écoles.

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Nous avons été alertés par une hausse des violences faites aux femmes pendant cette période, mais nous n’avions pas de statistiques précises. Nous avons réalisé des entretiens en porte-à-porte dans six communes d’Abidjan – Abobo, Anyama, Attécoubé, Koumassi, Treichville et Yopougon – et interrogé, sans les avoir préalablement identifiées, 5 556 personnes – 3 414 femmes et 2 142 hommes – de tous les âges, couches socio-culturelles et situations matrimoniales.

C’est flagrant pour les mariages forcés : 430 ont eu lieu pendant la période de confinement, soit le tiers des cas répertoriés sur les deux dernières années. Ils se sont faits principalement dans deux communes – Anyama et Attécoubé –, où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où on trouve une forte proportion de communautés du nord de la Côte d’Ivoire, mais également des non-nationaux, majoritairement musulmans. De nombreux parents et chefs de famille légitiment cet acte par la religion, alors que le Coran n’encourage pas cette violence. Nous estimons qu’il faut faire davantage de pédagogie et contrôler les prêches des imams.

Éthiopie : Des centaines de victimes de viols, esclavage sexuel et mutilations au Tigré
@Presse / Éthiopie : Des centaines de victimes de viols, esclavage sexuel et mutilations au Tigré

Ces résultats vous ont-ils surpris ?

Oui. D’abord, nous ne pensions pas rencontrer autant de témoignages de féminicides. On nous a rapporté 416 cas sur les deux dernières années. Abobo est la commune où le plus de cas ont été enregistrés [125], et pourtant nos enquêteurs ont été confrontés à un silence des femmes de cette localité, probablement lié à l’éducation, à une résignation face à la violence ou au sentiment de trahir l’honneur de la famille en révélant des secrets. C’était très spécifique à Abobo. Selon nous, il règne une omerta dans ce quartier populaire que nous considérons comme une zone rouge, au même titre que Treichville, Anyama et Attécoubé.

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Autre fait notable : la victime d’un viol est encore largement, dans la conscience populaire, responsable de ce qui lui est arrivé. La plupart des hommes que nous avons interrogés justifient les viols par des attitudes ou des vêtements qu’ils jugent provocants. Subsiste l’idée que la femme l’a cherché. Les victimes sont d’ailleurs souvent culpabilisées et reçues avec beaucoup de légèreté dans les commissariats quand elles souhaitent porter plainte. La police conditionne encore régulièrement l’enregistrement de la plainte à la délivrance d’un certificat médical, même si un arrêté ministériel stipule que les officiers de police judiciaire n’ont pas à l’exiger. Nous préconisons que ce certificat médical, facturé 50 000 francs CFA [76 euros], soit rendu gratuit pour les victimes en situation de précarité.

Enfin, nous avons été étonnés par le nombre de cas d’excision : 828 déclarations, malgré les actions du gouvernement. Ce n’est donc pas une pratique réservée aux régions du nord de la Côte d’Ivoire, mais bien une réalité à Abidjan.

En 2019, vous aviez mené une grande enquête sur les violences conjugales. Les autorités ont-elles entendu vos chiffres et vos requêtes ?

A l’issue de cette enquête menée sur les deux communes de Yopougon et Cocody, nous avions pu conclure que 70 % des femmes étaient victimes de violences conjugales. Nous avions demandé la création d’un lieu d’écoute et d’hébergement pour ces femmes.

Le Centre de prévention d’appui et d’assistance aux victimes de violences sexuelles [vandalisé lors de la crise post-électorale de 2011] a été réhabilité [grâce aux fonds du PNUD] et est de nouveau opérationnel depuis l’automne 2020, mais il ne possède que dix lits et est situé dans le quartier d’Attécoubé, très difficilement accessible pour les femmes des localités d’Abobo ou d’Anyama. Il faudrait un lieu d’accueil et de transit dans toutes les communes de la capitale, géré par du personnel qualifié qui pourrait offrir un véritable accompagnement psychologique et prévoir la réinsertion socio-économique de ces victimes.

Enfin, nous militons pour que le viol conjugal soit reconnu dans le Code pénal. En Côte d’Ivoire, une femme mariée est toujours considérée comme consentante. Cette présomption de consentement doit impérativement être changée dans le Code pénal.

Crédit photo : Diana ABDOU Éditrice En Chef Web | Diana Unlimited
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