La femme moderne et libre la rébellion des femmes soumise

La première vague féministe est une période de l’histoire du féminisme qui va des années 1850 à 1945 et qui concerne les pays européens et les États-Unis.

Qu’est-ce que le titre, On ne naît pas soumise, on le devient révèle du point de vue que vous adoptez, et de la tradition beauvoirienne dont vous vous revendiquez ?

Ce titre me plaît beaucoup pour deux raisons. D’une part, il permet de démontrer la puissance philosophique de Beauvoir, qui est globalement ignorée en France. Elle est considérée comme la femme de Sartre, une auteur à succès, et une féministe un peu old school, mais elle est exclue du champ philosophique. Par conséquent, il m’a fallu partir aux États-Unis pour travailler sur la dimension philosophique de son œuvre. Et d’autre part, ce titre met en avant le concept de soumission, qui n’était pas un concept philosophique jusqu’à présent et dont la définition est une des contributions majeures de mon travail. La servitude a été étudiée par La Boétie mais dans un contexte strictement politique. Or, le point de vue de la soumission permet d’enrichir l’approche philosophique du pouvoir : à ne penser qu’en termes de domination, on ne pense que du haut vers le bas, alors qu’il y a un intérêt à penser le pouvoir du bas vers le haut, en se penchant sur ce qu’il y a de moins évident dans le pouvoir, c’est-à-dire la façon dont il est vécu.

Vous soulignez aussi l’originalité de l’approche de Beauvoir, qui s’inspire de la phénoménologie pour analyser la soumission des femmes. En quoi cette approche est-elle originale ?

Beauvoir cristallise plusieurs traditions : elle s’inspire bien sûr de l’existentialisme, mais elle aussi héritière de la phénoménologie au sens de Husserl et de Merleau-Ponty, dont elle était très proche. Elle part du principe qu’on ne peut pas réfléchir à la question de ce que c’est qu’être une femme sans réfléchir aux expériences subjectives, à la première personne. Mais ce n’est pas du tout une autobiographie qu’elle propose : au contraire, elle a collecté de nombreux témoignages et a fait un travail bibliographique incroyable, pour essayer de faire surgir des expériences singulières et, à partir d’elles, définir ce que c’est que d’être une femme, non pas à partir d’une définition mais en généralisant à partir d’expériences concrètes, ce qu’on appelle la méthodologie « bottom-up »  en sciences sociales

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Pour l’immense majorité des observateurs occidentaux, les femmes sont l’emblème de la société saoudienne dans ce qu’elle a de plus conservateur et le symbole de l’obscurantisme du régime. Voilée, enfermée, rendue mineure, soumise à l’autorité de son père, de son frère ou de son mari, « empêchée d’être » en un mot, la femme semble être le témoin majeur, quoique muet, de la violence et de l’oppression qu’un État réactionnaire et une société moyenâgeuse infligent à leurs membres les plus faibles.
Il est vrai qu’en Arabie saoudite les femmes ne jouissent pas aujourd’hui de tous les droits que la loi reconnaît aux hommes ; que sans la permission écrite d’un tuteur (mahram) masculin, elles ne peuvent ni voyager ni étudier à l’étranger ; que la part d’héritage que leur reconnaît la loi islamique est inférieure de moitié à celle de l’homme ; que leur principale sphère de liberté est parfois l’espace confiné du foyer conjugal et de la famille ; que bien des volontés conspirent pour confiner ces êtres « fragiles » et « tendres » dans la sphère exclusive de l’éducation des enfants. Ces particularités sembleraient honteuses à qui voudrait prendre une photographie instantanée de la condition féminine en Arabie. Pour qui, plus prudemment et laborieusement, s’efforce de replacer chaque phénomène social dans le cadre historique et politique où il se dessine, les caractéristiques de la condition féminine en Arabie appellent d’avantage l’analyse que l’indignation et l’invective. Toute velléité de condamner écartée, tâchons par conséquent de comprendre…

«On ne naît pas femme, on le devient» peut se comprendre comme: «On ne naît pas féminine, on le devient», la féminité étant socialement une forme de soumission. Voilà comment j’ai interprété la plus célèbre des citations de Simone de Beauvoir. J’ai aussi voulu montrer qu’elle est une «philosophe», et pas uniquement une «romancière». Avec ce livre, je veux clamer que la philosophie féministe est un champ à part entière de la discipline. Aux Etats-Unis, où tous les départements universitaires de philosophie ont un professeur de philosophie féministe, cela ne serait pas révolutionnaire. En France, j’estime que c’est un acte politique.

« Les normes sociales n’ont pas le même coût pour les hommes et pour les femmes »

Vous expliquez que la construction de la féminité, c’est de destiner les femmes à la soumission. Aucune ne peut donc y échapper?

Pour les hommes, parce que mon magazine ne s’adresse pas qu’aux femmes, cette tension est souvent incompréhensible. J’en entends beaucoup dire: «Vous dites que vous voulez être libres, mais vous faites le ménage alors que l’on ne vous a rien demandé…». Ce magazine peut leur faire comprendre à quel point c’est compliqué d’être prise en tenaille entre la féminité comme soumission et la liberté individuelle.

Je pense que nous en faisons toutes l’expérience. Prenez Beyoncé par exemple, elle est business woman, sportive de haut niveau, richissime… et pourtant, elle a l’air quand même très asservie à son mari lorsqu’elle est «la femme de Jay-Z». Cela ne veut pas dire que nous sommes toutes passives et dénuées de tout libre arbitre.

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Ce qui m’intéresse, c’est de proposer un concept qui nous concerne toutes et qui nous permette de penser nos vies personnelles et quotidiennes. C’est un usage à lapremière personne qui permet d’y voir plus clair sur des actes que l’on ne comprend pas très bien, ou sur cette ambivalence que des femmes peuvent ressentir, entre l’envie d’être libres et celle d’être «de bonnes épouses», «de bonnes mères», «de bonnes femmes». En interrogeant cette tension, on pourra remettre en cause la pérennité de la domination masculine.

Quelle est la spécificité du rapport de domination hommes/femmes par rapport à d’autres formes de domination, fondées sur la classe sociale par exemple ?

Le fait le plus fondamental, c’est que les femmes vivent avec les hommes dans la plupart des cas, et cela rend la question très singulière. Dans un contexte hétérosexuel – qui est le contexte majoritaire –, les femmes se sentent beaucoup plus proches des hommes avec qui elles vivent que des autres femmes, elles ne constituent pas réellement un groupe social et ne se sentent pas par principe solidaires entre elles. C’est d’ailleurs un mot d’ordre des féministes d’essayer de promouvoir la sororité, mais en réalité la domination masculine incite plutôt les femmes à se sentir en compétition les unes avec les autres. L’oppression n’est pas du tout vécue comme une oppression de groupe, à l’inverse des ouvriers par exemple, chez qui une conscience de classe, et donc une action collective, est possible. Ce manque de sentiment de solidarité permet d’ailleurs d’éclairer le sens de la tribune de Catherine Deneuve, Catherine Millet, etc. : elles semblent plus soucieuses de signifier leur disponibilité sexuelle et affective vis-à-vis des hommes que d’être solidaires avec les autres femmes.

Quid des hommes qui pourraient se sentir, eux-aussi, soumis à des normes sociales?

Cette analyse vaut pour tous les milieux. L’éditrice d’une grande maison universitaire aux Etats-Unis m’a assurée recevoir une trentaine d’emails d’hommes par jour. Tous lui jurent qu’ils sont des génies et qu’il faut qu’elle se presse de les publier. Elle n’a jamais reçu pareil courrier signé de la main d’une femme. Les quelques rares qui osent lui écrire prennent des précautions énormes. Et elles ont bien raison de le faire! Si une universitaire écrivait une lettre aussi arrogante, non seulement elle ne serait jamais publiée, mais elle se verrait en plus traiter de folle prétentieuse et autoritaire. Quand on est une femme, mieux vaut parfois ne pas trop se mettre en avant, sous peine d’être disqualifiée d’office. La soumission devient alors une position stratégique.

Les normes sociales n’ont pas le même coût pour les hommes et pour les femmes. Celui qui reste à la maison pour s’occuper de ses enfants sera toujours bien perçu par la société. Je lisais récemment l’interview en anglais d’un papa américain qui raconte comment, quand il fait ses courses au supermarché avec ses enfants, les gens lui font des high five pour le féliciter. «Personne ne tape jamais dans la main de ma femme parce qu’elle fait les courses avec trois enfants dans l’enfer du samedi après-midi», souligne-t-il à raison.

Quant aux pères qui «restent à la maison», il ne le font presque jamais pendant quinze ans, mais plutôt pendant trois ou quatre ans, tout en gardant une activité rémunérée en freelance. La vie des hommes se déroule sur la toile de fond du privilège masculin. Ils ne se mettent pas dans la même situation de vulnérabilité que les femmes.

C’est cela qui fragilise les mouvements féministes ?

Sans aucun doute. Il y a une phrase de Marguerite Duras que j’aime beaucoup : « Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter ». Et justement, les femmes aiment vraiment beaucoup les hommes, et le résultat c’est qu’elles consentent à leur soumission, parce qu’elles ont du mal à imaginer une vie sans hommes (les femmes hétérosexuelles, j’entends, mais c’est ce qui constitue le modèle dominant dans nos sociétés).

Certains et certaines pensent d’ailleurs pouvoir en jouer à leurs bénéfices. Qu’en est-il?

Les femmes savent bien qu’elles seront valorisées si elles jouent le jeu du patriarcat. Bien plus que si elles essaient d’être indépendantes. Si on est jolie, mince, sexy et bonne cuisinière, miser sur ces atouts plutôt que d’entreprendre de longues études périlleuses peut paraître plus rassurant. Mais le vent tournera toujours. Notamment avec l’âge et la question de l’amour. Très souvent, l’amour, et surtout l’amour féminin, est une modalité de domination. Les femmes sont élevées à penser qu’il va donner tout le sens à leur vie. Quand on tombe amoureuse d’un homme, on ne se dit pas qu’il risque de nous quitter dans vingt ans pour quelqu’un de plus jeune et que l’on se retrouvera sans moyens. Les femmes se retrouvent souvent à abandonner leur vie par amour et cela a des conséquences catastrophiques très concrètes en cas de séparation.

 D’une part, les femmes ont une expérience de leur corps qui est différente de celle des hommes, parce que leur corps est conçu comme un objet par la société, avant même qu’elles-mêmes aient pu le vivre comme un sujet. Des sociologues montrent que c’est exactement ce que les jeunes filles vivent encore maintenant : au moment de la puberté, les remarques déplacées dans la rue ou dans le cercle familial conduisent l’adolescente à se découvrir comme suscitant du désir sexuel alors même qu’elle n’a pas encore pu prendre possession de son corps de femme qui est en train d’advenir. Ce qui m’intéresse c’est d’identifier les conséquences sur la façon dont on fait l’expérience de soi et du monde d’être traitées comme des objets par les hommes. Et la conséquence c’est précisément l’aliénation, le sentiment d’étrangeté vis-à-vis de son corps.

Dans votre livre, vous posez la question: «les femmes sont-elles masochistes ?». Le succès mondial de la fiction «Cinquante nuances de Grey», que vous avez étudié en détails, apporte-t-il une réponse évidente?

Cependant, ce n’est pas étonnant que certaines acceptent. Il y a un véritable soulagement à jouer le jeu des normes de genre. Pour appréhender ce phénomène dans l’intimité, il faut comprendre deux choses. La première est que la domination masculine marche tellement bien – c’est l’hypothèse de la juriste et militante féministe américaine Catharine MacKinnon – que les femmes désirent ce que les hommes veulent sexuellement. Nous sommes élevés dans la valorisation de la soumission féminine, sociale et sexuelle. On nous inculque que le rapport «normal», consiste en une pénétration en missionnaire qui s’achève quand l’homme a joui.

De même que les femmes sont tentées par la soumission dans la vie quotidienne, elles la trouvent désirable dans la vie sexuelle. Je ne pense pas qu’il soit possible de distinguer la vie sociale de la vie sexuelle sur cette question. Chez les féministes, il peut même y avoir un effet de vases communicants. Quand l’on se bat au quotidien pour être libre, il y a un soulagement à avoir un espace où l’on se laisse aller à jouer le jeu des normes de genre à 100%.

 La soumission est l’attitude que l’on adopte lorsqu’on se trouve dans la position « inférieure » d’un rapport de pouvoir inégal, c’est ce qu’on fait lorsqu’un pouvoir s’exerce sur nous. Elle peut prendre de nombreuses formes. Effectivement, la soumission féminine passe par le fait que les femmes sont en moyenne plus généreuses que les hommes, elles font preuve de plus de sollicitude, etc. Le problème, c’est que ces qualités ne sont pas valorisées socialement. Lorsque l’on travaille sur les normes de genre à l’œuvre dans la notion d’homo economicus, par exemple, on voit que le comportement économique rationnel est considéré comme la maximisation de son propre bien-être et de sa propre consommation. Dans ce contexte, la générosité des femmes apparaît comme irrationnelle. Par générosité, elles ne demandent pas d’augmentation à leur travail, par générosité, elles laissent leur mari aller regarder le foot avec ses copains pendant qu’elles s’occupent de prendre un rendez-vous chez le pédiatre. On valorise chez les femmes des vertus qui sont des véritables vertus mais qui les rendent vulnérables en raison des valeurs de la société. L’enjeu est donc surtout de promouvoir des normes sociales dans lesquelles cette sollicitude et cette générosité – qui sont très importantes pour le fonctionnement du monde social – ne soient plus des marques de soumission, ne soient plus dévalorisées, ne soient plus réservées aux femmes.

« Cinquante nuances de Grey», c’est juste une façon de rendre moderne et cool le patriarcat dans ce qu’il a de pire. Il faut différencier la pratique ponctuelle du sadomasochisme, où des individus se rencontrent 30 minutes ou 2 heures et définissent ensemble ce qu’il sera possible de faire, de celle que Christian Grey essaie d’imposer à Anastasia Steele. Ce genre de relation existe et peut durer des années. Il s’agit presque systématiquement d’hommes dominants qui font signer des contrats à des femmes plus jeunes et soumises. Il est courant d’y voir préciser combien de calories la soumise a le droit de manger, quel sport elle doit faire et à quelle fréquence ou comment elle doit être épilée…

Comment élève-t-on une petite fille pour qu’elle ne devienne pas une femme soumise, et un garçon pour qu’il ne devienne pas un homme qui exige d’une femme qu’elle le soit?

Il est très difficile de se surveiller sur ces comportements, d’autant plus lorsque l’on a sa propre vision du genre. Souvent, les pères inscrivent leur fille au foot, mais ne laissent pas leur garçon faire de la danse. S’il faut aider les filles à ne pas penser que tout est un obstacle, il faut aussi rassurer les garçons sur le fait qu’avoir des sentiments et prendre soin des autres, c’est aussi important que de savoir bien jouer à la balle. Ce que l’on caractérise comme des attitudes de soumission sont problématiques uniquement parce qu’elles sont dévalorisées socialement. Si l’on considérait que se soucier de son intérieur et s’occuper de ses enfants c’était très bien, on ne parlerait pas de soumission et il n’y aurait pas de problème.

Spontanément, on dit aux petites filles qu’elles sont jolies et aux petits garçons qu’ils sont courageux. Dire l’inverse permet de rééquilibrer cette tendance. Il faut aussi arrêter de penser que les petites filles sont fragiles. Elles ne se font pas plus mal que les garçons en tombant d’un arbre. De la même manière, arrêtons de leur demander avec qui elles vont se marier et combien d’enfants elles auront, tout en demandant aux petits garçons s’ils seront pompier ou astronaute.

Les parents qui donnent à leurs enfants une éducation anti-sexiste voient souvent leurs efforts anéantis par l’entrée à l’école. Au bout de six mois, leur petite fille, qui adorait jouer au foot, veut maintenant être une princesse en robe rose à paillettes. L’école a un fort pouvoir d’imposition des normes de genre. Cela étant dit, on peut faire attention à un certain nombre de choses.

A LIRE SUR FAUNES ET FEMMES MAGAZINE

Johnny Depp acculé ? L’ex de l’acteur appelée à la barre dont la charge va être un cauchemar 

Alors que s’ouvre le dernier volet du procès intenté par Johnny Depp à Amber Heard pour diffamation, l’actrice Ellen Barkin va témoigner contre l’acteur, qu’elle a fréquenté en 1997.

Alors que le procès Depp-Heard reprendra lundi 16 mai pour une dernière ligne droite de sept jours, la fin de la trève pourrait être rude pour Johnny Depp. A la barre du tribunal de Fairfax, où se déroule le procès depuis le 11 avril, en Virginie, une ancienne compagne de la star de Pirates des Caraïbes devrait témoigner. Selon People, il s’agit d’Ellen Barkin, ex-partenaire de Johnny Depp dans le film Las Vegas Parano (1998) de Terry Gilliam. L’actrice âgée de 68 ans avait entretenu une brève liaison avec la star en 1997, après sa séparation d’avec Gabriel Byrne, son mari d’alors.

Et celle qui a partagé l’affiche du film culte avec l’acteur fétiche de Tim Burton ne devrait pas être tendre avec son ex-amant. En effet, Ellen Barkin est proche d’Amber Heard et c’est en sa faveur qu’elle témoignera en vidéo, tout comme elle l’avait fait lors du précédent procès des ex-époux au Royaume-Uni. Lors du récit qu’elle avait livré à Londres en 2020, Ellen Barkin s’était souvenu d’une bouteille de vin que lui aurait lancé Johnny Depp, « jaloux«  et agressif, corroborant la version d’Amber Heard.

Johnny Depp : « Je ne ressentais pas la même chose »

Interrogé à son tour sur cette relation, Johnny Depp avait été clair. Ce dernier, cité dans le Daily Mail, avait précisé qu’il connaissait Ellen Barkin « depuis de nombreuses années« , avant qu’ils ne débutent une liaison plus sexuelle que sentimentale en marge du tournage de Las Vegas Parano. Une idylle que la comédienne ne percevait pas comme lui : « Je ne ressentais pas la même chose pour elle qu’elle ressentait pour moi« , avait expliqué l’acteur. Une divergence qui d’après l’interprète de Jack Sparrow aurait nourri du ressentiment chez Ellen Barkin : « Elle voulait plus qu’une liaison, elle voulait une vraie relation avec moi, ce que je ne souhaitais pas.« , et d’ajouter que cela l’aurait rendue « très en colère« . Les anciens amis ne seraient plus adressé la parole. Ellen Barkin témoignera en parallèle de Whitney Henriquez, la soeur d’Amber Heard.

«Faire de longues promenades»

Selon le journal américain, un porte-parole du père de Lily-Rose Depp a également confirmé la présence de l’acteur sur le sol britannique. «Johnny est en Europe pour prendre le temps de se reposer quelques jours, passer du temps avec de vieux amis, faire de la musique et de longues promenades dans la campagne», a témoigné l’informateur au New York Post.

En vidéo, ces grands noms impliqués dans le procès de Johnny Depp et Amber Heard

Johnny Depp poursuit son ex-compagne Amber Heard pour diffamation, après que cette dernière a insinué dans une tribune pour le Washington Post avoir été victime de violences conjugales lors de leur mariage. Il lui demande la somme de 50 millions de dollars. L’actrice d’Aquaman a pour sa part contre-attaqué, en demandant 100 millions de son côté pour avoir sali sa réputation.

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Quelles chaussures privilégier ce printemps-été 2021 ? Les mules demeurent l’un des ultimes investissements mode estival, ancrées dans une esthétique nineties qui inspire la mode depuis plusieurs saisons. Exit le plat, elle prennent cette saison de la hauteur, dotées d’un petit talon. Bijou pour Cult Gaia, immaculées pour Neous, effet croco pour Rouje ou minimaliste pour aeyde… Ces 12 mules sélectionnées chez Laura Kent et marques du moment s’imposent au rang d’incontournables du vestiaire cet été. 

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Les 10 Astuces pour être en meilleure forme

Vous avez pris un peu de poids cet été, vous vous sentez un peu mou ou vous êtes essoufflés lorsque vous montez les marches pour aller à la cantine, voilà 10 astuces pour être en meilleure forme.

Les 10 Astuces pour être en meilleure forme
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Bougez !

Le corps est fait pour bouger, alors pratiquez une activité physique ou sportive

5 astuces pour bouger plus sans faire de sport :

  • Vous venez au travail en bus ? Descendez 1 arrêt avant ou après et faites-le reste en marchant !
  • Privilégiez le vélo à la voiture comme moyen de locomotion.
  • Préférez les escaliers à l’ascenseur : c’est excellent pour le cœur et ça permet de muscler les mollets et les fesses.
  • Faites le ménage ou ramassez les feuilles devant chez vous ! 50 minutes d’activités ménagères ou de jardinage (tondre la pelouse ou ramasser les feuilles) correspondent à 20 minutes de jogging.
  • Marchez ! Allez chercher le pain à pied ou en vélo, allez déposer les enfants à l’école à pied.

Faites attention à votre alimentation

Notre corps est un outil de pointe, ultra perfectionné alors choisissiez bien ce que vous allez lui donner si vous voulez qu’il fonctionne correctement :

5 asrtuces pour mieux manger :

  • Limitez les sucres et surtout les sucres cachés. Prenez des aliments à indice glycémique bas comme le pain complet ou le riz basmati et cuisinez « al dente » (une cuisson prolongée augmente l’indice glycémique)
  • Mettez de bonnes graisses dans votre corps. Prenez de l’huile d’olive. Riche en oméga 9 elle va protéger votre système cardio vasculaire. Et de l’huile de Colza. Rapport idéal entre oméga 3 et oméga 6, elle va participer à la perte de poids et vous permettre d’avoir moins de douleurs articulaires.
  • Faites des petits repas. En mangeant trop, vous allongez votre temps de digestion et vous vous sentez lourd et mou. A la cantine, après la « viande » mettez des légumes et terminez par les féculents. Une assiette doit être composée de 50% de légumes, 25% de Féculents (pâtes, Riz, …) et 25% de protéines (viande, poisson, œufs …)
  • Hydratez-vous ! Le corps est composé de 60% d’eau et 1% de votre poids de corps (moins d’1 litre) de déshydratation = 10 % de capacités physiques et intellectuelles en moins.
  • Mangez des aliments à base de magnésium. Ils vous donneront de l’énergie et vous permettront d’être plus détendu. Prenez des lentilles (on en a souvent à la cantine), des Amandes, noix (présents à la cantine), noisettes, haricots blancs et rouge (entrée à la cantine), pain complet, pois, riz complet ou Chocolat noir.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Un membre du Fidesz détaille les conséquences de la loi interdisant la représentation de l’homosexualité devant les mineurs, loi qui inquiète les LGBTQ mais aussi les milieux culturels.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion
La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Le dimanche 3 avril, alors que les législatives prennent déjà l’allure d’un référendum pour ou contre Viktor Orban, les électeurs sont invités à répondre à quatre questions contre la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs.

Le gouvernement demande l’assentiment populaire sur une loi déjà adoptée cet été au Parlement, qui proscrit la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs. Cette dernière interdit par exemple l’apparition de toute personne gay ou transgenre à la télévision avant 22 heures. Les quatre questions du référendum sont ainsi libellées : « Soutenez-vous la tenue de séances d’orientation sexuelle pour les enfants mineurs dans l’enseignement public sans accord parental ? » ; « Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe pour les mineurs ? » ; « Soutenez-vous l’introduction sans restriction de contenus à caractère sexuel dans les médias en direction de mineurs et qui affectent leur développement ? » ; « Soutenez-vous l’affichage de contenu médiatique sensible au genre pour les mineurs ? »

Procédure d’infraction contre la Hongrie

De telles prises de position sont récentes en Hongrie. L’homosexualité avait été dépénalisée dès le début des années 1960, et l’union civile entre conjoints du même sexe reconnue dès 1996. La Commission européenne a lancé jeudi 15 juillet une procédure d’infraction contre la Hongrie, membre de l’Union européenne depuis 2004. La charte des droits fondamentaux de l’UE interdit en effet toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle. Le site progouvernemental du référendum dénonce « les bureaucrates et certains groupes d’activistes à Bruxelles ». Il défend une loi qui « offre une protection adéquate contre la propagande affectant les enfants, que ce soit sous la forme de contenus médiatiques ou de conférences données par des militants dans les écoles ».

L’opposition, elle, dénonce une tentative de manipulation. « Le but n’est pas de protéger nos enfants, mais de renforcer les divisions du pays en reproduisant les politiques de Poutine d’incitation à la haine contre la communauté LGBTQ et détourner l’attention des vrais problèmes du pays : la hausse continue des prix, le système de santé dans une situation catastrophique, les moyens de subsistance ou la corruption généralisée », considère le parti d’opposition Momentum sur son site Internet.

Les ONG appellent à ne pas voter

De nombreux votes nuls pourraient invalider ce référendum parallèle, même si trois Hongrois sur quatre sont tentés de voter « non » à la première question sur l’autorisation parentale pour l’éducation sexuelle à l’école, selon les sondages.

En effet, le vote ne sera valable qu’à condition de mobiliser la moitié du corps électoral (établi à 8,2 millions de citoyens), sur l’ensemble des questions. En tout, 14 ONG ont appelé à ne pas y participer. Dont Amnesty International Hongrie, qui dénonce une tentative de « masquer les minorités sexuelles et de genre aux yeux du public ».

Des citoyens hongrois, exilés en Europe ou restés dans leur pays natal, racontent comment les lois discriminatoires du pouvoir conservateur envers les personnes LGBT changent leur quotidien.

Angelika, 41 ans, maquilleuse : « Je commence même à avoir peur qu’on me retire ma carte d’identité »

« En 2002, j’ai été la troisième femme en Hongrie à pouvoir bénéficier d’une opération de réassignation sexuelle [qui permet de modifier les caractéristiques sexuelles initiales afin qu’elles correspondent à l’identité de genre]. Comme c’était très rare à l’époque, je suis devenue célèbre : j’ai fait la couverture de magazines, j’ai été invitée par des émissions de télévision à débattre ou à chanter, j’ai participé à des programmes de télé-réalité…

Ces dernières années, je sens que les opportunités se sont raréfiées. A cause des opinions propagées par le gouvernement, je suis sur liste noire. Je ne peux plus vivre de ma notoriété. Il y a deux ans, je suis devenue maquilleuse-coiffeuse, même si je continue de temps à autre à être invitée par une émission. Je commence même à avoir peur que le gouvernement me retire ma carte d’identité de femme. Si c’est le cas, je partirai vivre à l’étranger, même si ce n’est pas ce que je souhaite.

« Le climat transphobe a affecté ma vie personnelle. Quel homme en Hongrie voudra m’épouser et construire une famille avec moi ? »

Cette fixation du gouvernement sur les personnes trans est incompréhensible : nous sommes un très petit nombre en Hongrie et nous ne bénéficions d’aucune visibilité. Un Hongrois moyen ne croisera probablement jamais une personne trans de toute sa vie ! En s’acharnant sur les personnes LGBT, en les excluant, en les forçant à opprimer leurs pairs pour être socialement acceptées, Orbán crée une société traumatisée. »

Klára, 64 ans, ancienne députée : « Sa stratégie est de désigner un ennemi, aujourd’hui ce sont les LGBT »

« En 2005, j’ai été la première responsable politique en Hongrie à faire mon coming-out en tant que lesbienne, durant une émission de télévision. Au sein de ma famille et de la classe politique, ce n’était un secret pour personne. Quand le journaliste m’a demandé si j’étais effectivement lesbienne, j’ai répondu : ‘Oui’. Mentir m’aurait fait honte.

Pourtant, je n’avais pas envie de devenir un symbole. Je n’étais pas du tout active dans la communauté LGBT et je voulais être reconnue pour mes compétences sur les réformes économiques et sociales. Mais évidemment, je le suis devenue. J’ai reçu des centaines de lettres d’électeurs ! Après ça, je n’ai plus occupé de fonctions au sein du bureau national de mon parti et je n’ai plus jamais été élue députée, sans que je sache si c’était directement lié à mon coming-out. J’ai arrêté la politique et désormais, je dirige une clinique à Budapest.

J’ai bien connu Viktor Orbán, avec qui j’ai cofondé le Fidesz [à la fin des années 1980, il s’agissait d’un parti de jeunes démocrates de centre-gauche anti-communistes]. Je ne crois pas qu’il soit sincèrement homophobe, il n’en a rien à faire au fond des personnes LGBT.

« Chacune de ses actions est une tactique politique afin de conserver le pouvoir. »

Sa stratégie est systématiquement de désigner un ennemi : aujourd’hui ce sont les LGBT, mais avant, c’était les chômeurs, les sans-abri, les migrants, l’Union européenne… L’objectif avec cette loi est aussi de diviser l’opposition, entre le Jobbik (droite) qui a voté pour le texte et les autres partis plus progressistes, qui ont voté contre ou se sont abstenus. »

Marton, 38 ans, directeur des ventes : « Un couple hétérosexuel passera toujours avant nous »

« J’ai rencontré mon mari [le mariage pour les gays et les lesbiennes n’existe pas en Hongrie, mais il est possible de se pacser depuis 2009], Adam, il y a dix ans lors d’une fête. Ça a été le coup de foudre. J’ai toujours su que je voulais avoir un enfant et lui aussi. En Hongrie, les couples gays ne sont pas autorisés à adopter, mais les personnes célibataires oui. En 2015, on a donc lancé la procédure pour que j’adopte en tant que personne seule.

Nous n’avons jamais caché à l’agence d’adoption et au psychologue chargé de m’évaluer que nous étions un couple d’hommes. Ça n’a pas posé de problème, et j’ai été déclaré apte à adopter. L’agence nous a néanmoins prévenu qu’un couple hétérosexuel nous passerait toujours devant et qu’il faudrait être patient. Nous avons attendu trois ans.

« En janvier 2018, on nous a proposé un garçon de 18 mois qui avait été refusé par 12 couples hétérosexuels. C’est comme ça que j’ai pu adopter Andréas. »

Comme nous aimerions avoir trois enfants, Adam a à son tour entamé la procédure d’adoption, en 2018. Mais en novembre 2020, le gouvernement hongrois a changé la législation : désormais, toutes les demandes d’adoption de personnes seules doivent passer par le ministère de la Famille pour être validées, même si elles ont déjà été approuvées par l’agence d’adoption. Ça n’est pas dit clairement, mais évidemment cette mesure permet de discriminer plus facilement les personnes LGBT. Comme mon mari et moi avons publiquement dénoncé cette loi, je crains que le gouvernement n’accède jamais à notre deuxième demande d’adoption. »

Csaba, 53 ans, concierge : « Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne »

« Je suis né en 1969 dans une petite ville dans l’ouest de la Hongrie. A l’époque, la télévision nationale hongroise était notre seul lien avec le reste du monde. Elle n’évoquait jamais l’homosexualité et mes parents, un réparateur et une femme de ménage, n’ont jamais abordé avec moi les questions de sexualité. Je ne savais même pas ce que voulait dire être gay. Pourtant, j’ai su très jeune que j’étais différent. Mais toute la journée, j’entendais des gens parler des ‘putains d’homos’, etc. Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne.

« Peut-être que si j’avais pu en parler à l’époque, ma vie aurait été différente. »

J’ai déménagé à Budapest à 23 ans en pensant que ça serait plus simple de se cacher dans une grande ville. Là-bas, j’ai finalement fait mon coming-out auprès de tout le monde, même mes collègues, et je n’ai jamais eu de souci. Mettre dans la même loi la pédophilie, qui est une mauvaise chose, et l’homosexualité, qui ne l’est pas, entraîne forcément une connexion entre les deux dans l’esprit des gens. Le pays est si divisé sur ce sujet et sur la politique en général, entre les partisans d’Orbán et les autres, que j’ai préféré déménager l’hiver dernier à Cologne, en Allemagne. »

Matteo, 22 ans, étudiant : « La loi interdit de parler d’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas »

« C’est compliqué de tenir la main de mon copain dans la rue, on ne peut jamais être à 100% nous-mêmes. En septembre, on se baladait dans le centre-ville de Budapest quand trois hommes d’une quarantaine d’années nous ont vus au loin et ont couru vers nous en nous insultant.

« J’ai dû attendre de déménager en Angleterre, en 2018, pour comprendre que j’étais gay et réaliser que c’était une option possible dans la vie. »

A Londres, où je suis parti faire mes études d’informatique, je n’ai pas l’impression de devoir faire attention à ce que je fais comme ici. Là-bas, tous mes amis savent que je suis gay. En Hongrie, je l’ai dit à ma famille qui l’a très bien pris, mais pas à tous mes amis d’enfance. Je ne suis pas certain de la réaction de certains d’entre eux, alors je préfère attendre.

La loi qui vient de passer interdit de discuter de l’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas ! C’est un véritable tabou. Mes amis gays qui vivent ici sont obligés de le cacher à leurs collègues, sinon ils savent qu’ils ne pourront jamais être promus. C’est pour ça que je ne me vois pas vivre en Hongrie plus tard. »

Anna, 38 ans, chercheuse et activiste : « Je ne me laisserai pas intimider »

« La loi qui dit ‘protéger les mineurs’ est tellement vague qu’elle n’est pas faite pour être appliquée, mais pour provoquer l’autocensure. Mais je ne crois pas au fait qu’elle entraîne beaucoup de changements. Les professeurs qui veulent aborder le sujet de l’homosexualité pourront le faire en montrant Friends ou Modern Family [deux séries américaines dont certains personnages sont LGBT+par exemple, en prétextant qu’il s’agit de progresser en anglais. Moi-même, en tant qu’enseignante, je ne me laisserai pas intimider et je continuerai d’aider mes élèves à découvrir qui ils sont.

« J’ai confiance en l’Union européenne pour forcer Orbán à reculer. »

En revanche, je crains qu’il utilise les sanctions européennes pour faire monter le sentiment anti-européen au point que la question de la sortie de l’UE se pose un jour. C’est quelque chose qui me fait très peur, car les femmes, la communauté LGBT et les minorités en Hongrie seraient abandonnées. Je pense que si ça arrive, nous serons très nombreux à partir vivre à l’étranger. »

Faits et chiffres clés sur la situation des femmes : la pauvreté multidimensionnelle en Haïti

Aujourd’hui plus que jamais, la voix des femmes, des jeunes femmes et des filles haïtiennes doit être entendue. Alors qu’Haïti fait face à une crise prolongée aux multiples facettes et que la situation des femmes se fait de plus en plus alarmante, ces dernières continuent à faire preuve d’une résilience exemplaire.

Faits et chiffres clés sur la situation des femmes : la pauvreté multidimensionnelle en Haïti  
Faits et chiffres clés sur la situation des femmes : la pauvreté multidimensionnelle en Haïti  

Il n’et donc pas surprenant que les femmes soient touchées de façon disproportionnées par la crise profonde qui affecte Haïti. La violence généralisée des gangs, qui trouve en partie raciné dans les inégalités de genre et d’autres inégalités sociales, a un impact particulier sur les femmes. Les homicides et enlèvements commis par les gangs, en hause ces six derniers mois, font souvent des femmes des victimes tant directes que collatérales – en plus de celles qui sont assassinées, de nombreuses femmes deviennent par la force des choses cheffes de famille monoparentales, tandis que le viol et l’esclavage sexuel sont utilisés par les gangs comme arme pour terroriser et affirmer leur contrôle sur les populations des zones qu’ils convoitent.

Les femmes haïtiennes représentent un pilier majeur de l’économie, notamment informelle et commerçante, sont à la tête de plus de la moitié des foyers haïtiens, et œuvrent quotidiennement, souvent seules, pour permettre un accès à l’éducation et à la santé à leurs enfants, en dépit de la pauvreté et de l’insécurité dont elles doivent faire face. De plus, elles insufflent la vitalité de la société civile haïtienne, à Port-au-Prince et dans chacun des dix départements, en se battant pour le respect des droits de la personne pour la justice, l’équité, et contre l’impunité et la corruption.

S’il est alarmant que les services médicaux et sociaux pour accompagner les femmes survivantes de violences sexuelles soient quasiment inexistants et très peu efficaces, il est scandaleux que les mesures pour protéger les populations affectées, enquêter sur ces crimes, et punir ceux qui en sont responsables demeurent inadéquates. Cette situation alimente la perception d’impunité et contribue à la perpétuation des cycles de violence. De plus, la participation limitée des femmes tant à la conception qu’à la mise en œuvre des réformes judiciaires qui les concernent directement en entrave la réalisation et est préjudiciable à la protection de droits fondamentaux de la personne et plus particulièrement ceux des femmes et des filles.

L’éducation formelle et en famille joue aussi un rôle crucial dans la transmission et la consolidation des principes d’égalité et de respect des droits de toute personne, sans distinction de genre. Par ailleurs, un effort de sensibilisation visant le grand public apparait nécessaire sur la violence faites aux femmes et aux filles, et ses conséquences psychologiques et physiques pour les victimes, mais aussi légales pour les responsables. Ainsi, l’école devrait représenter le premier forum ou les jeunes haïtiennes et haïtiens participent de manière égale, non seulement l’espace ou les matières traditionnelles sont enseignées mais aussi le vecteur principal de transmission de notions comme la citoyenneté et l’égalité des droits.

Les femmes haïtiennes s’expriment aujourd’hui et veulent être entendues. Elles réclament la place qui leur a été systématiquement refusée dans les processus de prise de décision et dans les cercles de pouvoir. En ce moment historique pour Haïti, où les réformes sont réclamées par toutes les sensibilités politiques, où l’on parle de dialogue national et de solutions pour rétablir la sécurité, le rôle et la place des femmes ne peuvent plus être ignorés, elles qui représentent plus de la moitié de la population du pays et qui sont souvent celles qui payent le plus cher prix des conséquences de la mauvaise gouvernance, de la corruption et de l’impunité.

La faible représentation des femmes en politique représente un affront à la notion de représentativité dans un système démocratique. Leur absence dans les forums de débat et de décision entrave considérablement la compréhension globale des questions touchant les différents segments de la population, et tend à exclure des discussions et des décisions de politiques de développement économique et sociale les spécificités qui appartiennent aux femmes et aux filles. Cela entraine des propositions de solutions souvent inadaptées et à faible impact.

Prises entre deux feux

Tout comme la pandémie, les conflits armés ont limité les possibilités de déplacement et l’accessibilité en général. Les femmes « sont prises entre la COVID-19 et la violence », déplore le Dr Marie Deschamps, directrice adjointe du centre médical GHESKIO. « Les victimes sont enfermées chez elles ou dans des refuges temporaires et ne peuvent pas demander d’aide. Une autre faiblesse actuelle du système est le manque d’assistance juridique pour les victimes qui nous disent avoir été violées. »

Certaines sont brutalisées par des membres de gangs. « Des criminels armés sont encore venus nous violer, nous ont jetées hors de chez nous et battues », raconte une femme du quartier de Martissant. « Ils ont brûlé notre maison, ils nous ont tout pris. »

L’UNFPA a déployé des équipes et des solutions d’assistance dans les camps de personnes déplacées (PDIP). Au cours des cinq premiers mois de 2021, l’UNFPA et ses partenaires ont aussi offert de l’aide à 1 347 survivant·e·s de violence sexuelle (dont près de 700 enfants et 110 hommes), et pris en charge 6 356 cas de violence physique. Des cliniques mobiles ont également été mises en place et une aide psychologique a été proposée dans les zones de la Vallée de Bourdon, de Canaan, de Delmas 103, de Bel-Air, de Martissant et de Carrefour. Près de 130 000 personnes, dont certaines en situation de handicap, ont pu bénéficier de services de santé sexuelle et procréative, de planification familiale et de prévention des infections sexuellement transmissibles. Les femmes enceintes ont reçu des kits d’accouchement stériles contenant des produits d’hygiène de base et des lampes à énergie solaire.

Une fois de plus, la vie et la dignité des femmes et des filles sont les victimes innocentes du conflit. Selon l’Aperçu de l’action humanitaire 2021 de l’UNFPA, Haïti est l’un des dix pays ayant le plus besoin de fonds pour une aide d’urgence, alors que l’UNFPA prévoit de mobiliser 4,5 millions de dollars (sur un besoin total de 25,5 millions) pour continuer à proposer une aide et une assistance d’urgence en matière de santé sexuelle, procréative et maternelle aux survivantes de violence basée sur le genre.

Il est temps que le gouvernement haïtien, les partis politiques, l’ensemble des secteurs de la vie nationale, ainsi que la communauté internationale, écoutent la voix des femmes et des filles haïtiennes, et prennent toutes les mesures pour garantir et protéger leur participation pleine et entière dans le processus de consolidation de la paix et de la stabilité en Haïti, ainsi que dans celui de création d’une société plus juste et plus égale.

CORÉE DU SUD : Le chanteur de K-pop Holland agressé et insulté de « sale gay »

Holland, l’une des premières stars de K-pop à avoir fait son coming out gay, a annoncé sur Twitter qu’il s’était fait agresser dans un quartier de Séoul, capitale de la Corée du Sud, dénonçant un « crime de haine ».

CORÉE DU SUD : Le chanteur de K-pop Holland agressé et insulté de "sale gay"