Une blessure invisible, qu’ils ne peuvent oublier car c’est cela que le corps cicatrise le moins bien, les maladies qui n’ont pas de nom. Elles se taisent et n’osent rien avouer.


Il y a une loi de beauté qu’il importe de ne pas oublier ! Malgré l’effort de quelques-uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la Médiocrité, monstres à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes.

Vous ne pouvez pas définir une personne sur une seule chose. Vous ne pouvez pas oublier toutes les choses merveilleuses et belles qu’une personne a faites, simplement car quelque chose ne s’est pas déroulé comme vous le pensiez. On oublie ce qu’on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu’il faut oublier.

La question de savoir s’il faut oublier le passé pour se donner un avenir ? Comment l’homme peut-il se constituer dans le temps, se projeter dans le futur ? Doit-il pour être demain celui qu’il veut devenir oublier celui qu’il a été ? Il faut nous interroger sur notre rapport au passé, tenir compte du présent pour évaluer le futur plus ou moins proche avec l’idée dominante selon laquelle le passé serait un poids et que l’action historique et bien sûr individuelle seraient sensées libérer pour être. Le futur en ce sens devient pour l’homme une promesse de nouveauté et d’inconnu, la quête d’une identité nouvelle, il est donc livré à tous les imaginaires possibles lorsqu’il se projette dans l’avenir par opposition au passé, figé de manière irréversible dans le temps. Mais pour autant devons-nous oublier le passé, ne serait-ce pas un grave danger pour l’homme que de se démunir de son identité passée, devons-nous le considérer comme ce qui fait l’essence de l’homme et comme ce qui le constitue aujourd’hui pour demain, ou au contraire comme un obstacle ?

 Réfléchir sur le passé et s’inquiéter de l’avenir ne servent qu’à nous ravir la jouissance du présent.

 L’amour a d’autant plus de chance d’avenir qu’il plonge plus avant dans le passé, et c’est ce qu’on a toujours chéri qu’on peut encore le mieux chérir toujours. Une étrangère vous renouvelle, une jeune fille vous rajeunit, mais c’est avec les vieilles affections qu’on se continue.

Le passé irréversible

1 – Nous devons admettre qu’il n’y a pas d’avenir dans le passé. Il nous faudrait donc le considérer comme une contrainte pour construire le futur. Il s’agit ici de reconnaitre que le passéisme nous renvoie à l’incapacité de nous tourner vers l’avenir pour nous construire, il nous paralyse et est souvent synonyme de remords et de regrets. Le passé nous enferme et nous réduit à un autre que nous même, un autre qui n’est déjà plus et qui aspire à devenir différent mais il nous empêche, nous limite et nous répétons ainsi les mêmes erreurs, nous piétinons sans jamais progresser. Le champ des possibles s’obscurcit et nous finissons par nous assimiler le présent sur le modèle d’un passé encore trop envahissant.   2. Inutilité des leçons de l’histoire : L’histoire semble inutile en matière de mémoire ou de passé car chaque évènement est unique ainsi, ne pas avoir la mémoire du passé signifie être amnésique par rapport à ce que l’on a été, en conséquence le passé devient ce que l’on subit sans que l’on comprenne pourquoi inconsciemment on fait ceci plutôt que cela. Transition : Négliger le passé peut apparaître comme quelque chose de nécessaire, mais l’homme peut-il malgré vivre sans être conscient de son passé, peut-on s’abstraire complètement de cette partie de nous-mêmes ?

Prendre le risque, oser et être audacieux pour construire un avenir meilleur. Importe peu que le passé ne te satisfait pas, l’important est de construire un avenir satisfaisant.

Nous allons maintenant reprendre pour vous les éléments essentiels de ces discussions entre jeunes… auxquelles participaient aussi des adultes de plusieurs générations.

Quelles sont mes passions, mes valeurs, mes convictions ?

  • Au plus haut niveau, mes passions sont celles qui vont déterminer ma vocation. Les valeurs et la « morale personnelle ».
  • À quelles valeurs je suis et je dois demeurer le plus fidèle ?
  • Mes convictions : service de l’entreprise, du public, de la nation…
  • Faire le point plus concrètement : quels sont alors mes moteurs ?

Quels sont mes rêves ?

  • Est-ce que des rêves d’enfant peuvent devenir réalité ?
  • Et que deviennent les rêves ou les désirs d’un adolescent ?
  • Est-ce que des rêves nouveaux peuvent apparaître à la jeunesse ou au début de l’âge adulte ?
  • Pourquoi et comment doivent-ils et peuvent-ils se traduire dans la vie réelle ?
  • Réfléchir sur les liens éventuels entre les rêves et la motivation.

Quels sont mes objectifs ?

  • M’efforcer de concilier mes rêves, mes passions, mes centres d’intérêt, et ce qui pourrait devenir mon futur métier.
  • Bien connaître le milieu, l’environnement dans lequel je souhaite m’engager.
  • Où et comment je me vois dans cinq ans ? Et dans dix ou vingt ans ?
  • Quels sont les éléments fondamentaux dont j’ai besoin, et comment mobiliser mon énergie ?
  • Comment me donner les moyens de mes ambitions ?

Pour mémoire : deux autres groupes avaient proposé les acronymes VOIE et VOIR.

VOIE Vouloir   Organiser   Investir   Évaluer
VOIR :Visionner    Organiser    Inventer    Réussir  

…vous pouvez compléter ou diversifier ces listes ! Et poursuivre vos réflexions sur ces mots-clés intéressants.

Le passé nous est caché comme l’avenir ; nous vivons entre deux nuées épaisses, dans l’oubli de ce qui fut et l’incertitude de ce qui sera. Et pourtant la curiosité nous tourmente de connaître les causes des choses et une ardente inquiétude nous excite à méditer les destinées de l’homme et du monde. Regrets – Regretter n’est vivre qu’au passé ; construire, c’est vivre pour l’avenir.

il n’est pas toujours simple pour les jeunes de se projeter,  d’être pleins d’espoir. Si la société ne leur fera sans doute pas de cadeaux (chômage, précarité, retraite retardée), ils auront toutefois le pouvoir de construire un monde meilleur : la relève est en marche !
Quel regard les jeunes portent-il sur leur avenir ?  Sont-ils si pessimistes qu’on le dit ? Quelles couleurs veulent-ils et vont-ils donner à la France de demain ?

 Il faut maintenant penser à l’avenir, qui est toute la vie du sage ; puisque le présent n’est jamais, et que le passé ne sera plus.

Apprendre à fermer les vieux dossiers

Dans la vie on a été confronté à des peurs, des traumatismes, des expériences diverses qui sont tout autant de dossiers ouverts. Tant que tu ne fermeras pas les dossiers, ils resteront dans ta vie et t’empêcheront d’avancer.

Quels sont les dossiers que tu as ouverts? Aussi loin que tu te souviennes, qu’est-ce qui n’est pas clos ? Accepté ? Clôturé ?  Qu’est-ce qui persiste chez toi au niveau de tes doutes et de tes peurs ?

  • Prends le temps de noter tout cela dans un carnet.
  • Analyse chacun des éléments en te posant la question suivante : comment puis-je faire pour clore ce chapitre de ma vie?
  • Si tu ne trouves pas de réponses à tes questions : prends le temps de faire des recherches au niveau des livres, des vidéos ou des articles parlant du sujet.

Le discours que l’on peut avoir sur notre passé va prendre la place de tout notre mental dans le présent. Si tu as des pensées redondantes, cela t’empêche d’avancer et tu vas être confronté à des obstacles.

Comment faire ?

Tout cela représente autant de signes prouvant que tu as tendance à vivre dans le passé. Ce qui fait que tu vas saboter ton présent. Si tu te retrouves dans ce cas de figure qui t’empêche d’être dans le présent pour construire ton futur, il faut que :

Tu te débarrasses de tes vieux fantômes et de tes vieux dossiers !  Pour y arriver rapidement, je te conseille de t’offrir le cadeau d’un coaching ou d’une thérapie.

Tu peux faire un premier travail de débroussaillage, mais il te restera toujours des traces ancrées qui seront des handicaps pour ton évolution. Tu dois arriver à débloquer ton passé pour fonctionner dans le présent. Si ton passé a été difficile, il est très important de pouvoir s’en occuper comme il se doit. Cela te prendre beaucoup moins de temps que si tu le fais toute seule.

Ne reste plus endormie dans ton passé, mais réveille-toi pour vivre ton présent. Tu dois décider de laisser le passé là ou il se trouve, car sinon il te mettra des bâtons dans les roues et t’empêchera de vivre. Arrête de ressasser et d’alimenter ce qui n’a pas lieu d’être, change ton interprétation des événements pour pouvoir avancer.

Le présent

Je ne vais pas te faire le développement de la théorie disant qu’il faut vivre dans le présent en utilisant les différentes méthodes telles que la méditation ou la sophrologue. Ce sont des thèmes que tu trouveras sur Femme d’Influence. Aujourd’hui j’aimerais aller un peu plus loin en t’invitant à te poser les bonnes questions :

  • Comment puis-je faire pour optimiser le présent?
  • Que puis-je faire pour le rendre parfait ?
  • Est-ce que je suis en boucle sur mon passé?

Ton avenir ne peut se construire que par le présent ! C’est là que tu vas poser les bases essentielles à ton avancée personnelle . C’est par des actions que tu construis ton avenir, c’est donc au jour le jour que tout se passe. Tout le travail consistera à matérialiser dans le réel ce que l’on veut construire dans le futur.

Le présent est le lieu de l’apprentissage pour passer à un niveau supérieur.  La réalité c’est maintenant : ce qui est – EST ! Autant s’ancrer dans le réel et considérer tous les événements comme des possibilités, des défis et des portes qui vont s’ouvrir.

Tu auras donc compris que pour construire ton présent, tu ne peux plus être focalisé dans ton passé. Le futur n’est possible que si tu es connecté à ton présent. Si tu n’es pas connectée à ton présent, tu ne vas pas saisir toutes les opportunités qui te permettront de construire ton futur.Tu dois être connectée au réel et revenir dans la réalité du présent.

Est-ce que tu fais du réel ton allié ? Ou ton obstacle? Si tu es présente à ta vie, tu peux avoir une influence sur toute ton existence;

  • Qu’est-ce que tu peux faire pour améliorer ta vie?
  • Comment optimiser ton présent?
  • Comment faire pour réussir ta journée ?


Le futur

Si tu veux construire ton futur, tu dois te dégager de toutes les entraves qui t’empêchent d’avancer. Il ne faut pas être ” en fuite” dans l’imagination sans quoi rien ne pourra se faire. La première chose à comprendre c’est qu‘il est impératif de pouvoir faire la paix avec son passé sans quoi on va se projeter dans un futur qui ne pourra jamais exister. En effet, on finit par vivre avec des chimères basées sur nos plus profondes angoisses.

Attention, car ici aussi on peut retrouver des personnes qui vivent tout le temps dans le futur, c’est le cas si tu as :

  • toujours des projets en cours.
  • tendance à penser que le futur sera prometteur.
  • l’habitude de dire que demain tu seras reconnue et aimer.

Si tu vis dans cette pensée magique, tu ne vis pas dans le présent. Si tu veux être connecté à ton futur, tu dois incarner ton présent et faire en sorte que si tu :

  • as un projet – il faut agir dans ton présent.
  • veux réussir ta relation amoureuse – tu dois poser des actes concrets immédiats.
  • désire évoluer professionnellement – il faut agir tout de suite.

Pour prédire ton avenir, il faut le construire dans le présent.

Avancer pour construire

Réveille-toi maintenant ! Il n’ y a pas d’autre choix que de vivre dans le présent. Tu as donc le choix entre ressasser toute ta vie tes regrets, tes pertes et tes espoirs déchus, soit tout mettre en oeuvre pour te donner les meilleures chances de réussite. Car être dans le présent, c’est décider d’exister face à ce qui se produit maintenant. Apprends à changer ton point de vue sur la situation en étant en paix !

N’oublie pas que tu crées ta vie en fonction de l’action que tu vas poser, pour avoir du mérite, il faut agir et avancer : mérite ta vie !

FAUNES ET FEMMES MAGAZINE

Jean-Jacques Bourdin, en juin dernier. (Joel Saget/AFP)
French TV host and journalist Jean-Jacques Bourdin poses during a photo session at the head office of BFMTV in Paris, on June 17, 2021. (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Jean-Jacques Bourdin: Enquête ouverte pour des soupçons d’agression sexuelle

Le Parisien révélait samedi matin qu’une plainte pour agression sexuelle avait été déposée mardi 11 janvier au commissariat du XVIe arrondissement de Paris à l’encontre de Jean-Jacques Bourdin par une ancienne journaliste de RMC et BFM.

Le côté désintéressé de la force : Les femmes au cœur de la vérité

L’opinion la plus commune veut que nous agissions toujours pour satisfaire un intérêt particulier. Ce serait donc, en un sens, l’égoïsme qui nous déterminerait à agir. La rubrique des « faits divers » ne confirme-t-elle pas d’ailleurs cette première impression, qui décline dans les plus hautes sphères de l’État, politiques, administratives et financières, et à travers les plus attristants scandales, sempiternellement le même fléau, celui, bien sûr, de la corruption ?

Le côté désintéressé de la force : Les femmes au cœur de l'innovation
@Presse / moneytalksnews.com

C’est dire comme jusque dans nos actions prétendument les plus désintéressées plane le plus inquiétant soupçon touchant leur rectitude morale. Pourtant, s’il est clair que nous serions bien naïfs de croire les hommes toujours sincères en leur aveu de vertu, faut-il pour autant renoncer à penser, premièrement la nature propre de l’action morale, et deuxièmement la possibilité d’une telle action ? Les hommes sont-ils absolument incapables de sacrifice, d’abnégation, de charité librement consentie ?

Que penser, alors, des héros, des martyrs et des saints ? Ne sont-ils que des imposteurs et des prestidigitateurs tentant vainement de maquiller leurs désirs, condamnés à agir encore et toujours par intérêt ? Mais dans ce cas, comment expliquer qu’ils aient pu délibérément choisir de se perdre ? Il y a là un problème qui mérite toute notre attention, et qui nous amènera pour ainsi dire à jouer Mandeville et Smith – et dans leur sillage Bentham – contre Kant. D’un côté donc la passion et son utilité sociale, l’égoïsme, que Luther déjà inscrivit au cœur de la réalité humaine, et de l’autre la vertu, le désintéressement et l’hypothétique force de l’idée du devoir vers quoi tend ce qui seul semble pouvoir la fonder, à savoir l’idée d’une force de l’idée [1]

La vérité est une valeur honorée dans nos sociétés. Depuis que nous sommes enfants, la communauté nous répète qu’il faut dire la vérité. Mais pourquoi la vérité est-elle toujours demandée et recherchée? Le terme de vérité est un terme difficile à appréhender, son sens fluctuant dans l’histoire de la philosophie.

Une recherche de la vérité doit donc s’accompagner d’une réflexion critique, ce que la philosophie permet de faire.
Si il y a toujours des passions qui sous-tendent la recherche de la vérité, il est néanmoins nécessaire de les maîtriser et d’en prendre conscience.

Psychologies : Qu’est-ce qui vous a conduites, l’une et l’autre, à interroger la force des femmes ?

Sophie Cadalen : On a beau considérer l’égalité des sexes comme un acquis indiscutable, femme et pouvoir continuent d’être des termes antinomiques. Celles qui l’exercent sont accusées d’être « phalliques », comme si cette autorité appartenait nécessairement aux hommes. Dans ma pratique, je suis frappée de voir combien les femmes, toutes générations confondues, continuent de se heurter à des représentations du féminin qui les ligotent, les plongent dans des questionnements qui peuvent paraître dérisoires, mais qui sont terribles : est-ce que je peux coucher avec cet homme ? Est-ce que je peux laisser mes enfants, prendre du temps pour moi, gagner plus que mon conjoint ?… La psychanalyse est une entreprise de libération. On se cogne fatalement aux images et lieux communs qui freinent notre émancipation. À mon sens, la vraie puissance, celle qui nous rend charismatiques, motivés et motivants, c’est d’oser nos désirs profonds indépendamment de ce que nous croyons devoir être en tant que femme ou homme.

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Diana Unlimited Hors série

Toute l’actualité en France et à l’international, décryptages et débats. L’Humanité, ♦ Désintoxication ♦ Invention ♦ Diabolisation ♦ Diversion. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes. Qui peut faire appel au coeur des hommes avec plus d’efficacité que la femme.. DIANA UNLIMITED FAUNES ET FEMMES MAGAZINE est un magazine web qui place la femme au cœur de sa ligne rédactionnelle. Vous pouvez découvrir en temps réel toute l’actualité concernant les femmes et les actes qui les concernent. Quelles sont les rubriques de ce magazine féminin ? Pourquoi devriez-vous découvrir Culture Femme ? Ci-dessous quelques mots sur ce magazine web.

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Valérie Colin-Simard : Cette question de la puissance du féminin, je l’ai rencontrée dans mon propre parcours. Elle s’est posée à ma mère et à ma grand-mère avant moi. Ma grand-mère était non seulement licenciée ès sciences, mais aussi l’assistante de Marie Curie. Lorsqu’elle s’est mariée, mon grand-père l’a obligée à s’arrêter de travailler. À l’inverse, c’est ma mère qui pourvoyait à nos besoins, car mon père avait eu un accident cérébral. Elle m’a élevée dans l’idée qu’il fallait être indépendante financièrement, réussir professionnellement, serrer les dents. Elle était passée du côté des hommes, et je me souviens qu’elle regardait avec la plus grande condescendance ses amies femmes au foyer. Elle m’a ainsi transmis son mépris de ce qui, en moi, ressemblait de près ou de loin à une femme. Dans un premier temps, j’ai suivi le même chemin. Aujourd’hui, dans mon cabinet, je suis sidérée de voir le nombre de femmes qui, même brillantes professionnellement, s’accordent peu de valeur.

Comme moi autrefois, elles ont intériorisé les seules valeurs masculines de performance, de rationalité, de rentabilité, d’efficacité… et trouvent dévalorisantes celles que l’on associe au féminin. Par exemple, elles se coupent de ce qu’elles ressentent. Pour beaucoup d’entre elles, seul compte l’intellect. Des mots comme douceur ou vulnérabilité sont presque devenus des insultes. Et pourtant, exprimer ce que nous ressentons nous donne de la puissance. Nous ne le savons pas assez. Nous sommes tous à la fois puissants et vulnérables, homme et femme. Et notre force naît de l’acceptation de cette réalité.

S.C. : Ce malaise que vous décrivez, entre ce qu’elles s’efforcent d’être dans leur vie sociale et ce qu’elles sont dans leur intimité, ne me semble pas être l’apanage des femmes. Il est aussi le lot de beaucoup d’hommes qui ne se satisfont pas de la combativité, la dureté, l’investissement qu’on leur demande dans le contexte économique qui est le nôtre. De manière générale, il touche ceux qui sont aux prises avec un « devoir-être » homme ou femme dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

V.C.-S. : Je suis d’accord, les hommes aussi peuvent se sentir coupés du féminin. Mais ils commencent à se réconcilier avec leurs émotions. De plus en plus, ils osent se montrer vulnérables. Les femmes, beaucoup moins. Elles mettent un point d’honneur à ne dépendre de personne. Certaines de mes patientes cherchent refuge dans la nourriture, seul soutien qu’elles s’accordent, et deviennent boulimiques. D’autres portent à bout de bras carrière et vie de famille sans s’autoriser à demander de l’aide à leur mari ou à leur entourage. Dans mon livre, j’invite les femmes à oser s’appuyer sur leurs vulnérabilités et à en découvrir la puissance.

Ce qui vous gêne, Sophie Cadalen, n’est-ce pas d’associer les qualités dont nous parlons à des pôles masculin ou féminin ?

S.C. : Je reconnais que nous sommes dans la dualité et l’ambivalence, tantôt forts ou faibles, dans la rationalité ou dans l’émotion. Freud préférait parler d’« actif » et de « passif » que de masculin ou de féminin, termes qui pouvaient prêter à confusion. Ce qui me dérange dans le fait de mettre la dureté, la force, la rationalité du côté des hommes, et l’intuition, la tendresse ou l’abandon du côté des femmes, c’est qu’on laisse croire à des « natures », masculine et féminine, fondées sur des différences physiques. Je préfère l’image chinoise du yin et du yang, symbolisant ces énergies complémentaires qui nous traversent dans un tourbillon propre à chacun.

V.C.-S. : Mais ces valeurs nous sont précieuses, elles sont une grille de lecture du monde et de nous-mêmes ! Parmi mes patientes, une chef d’entreprise ne comprenait pas pourquoi ses ordres n’étaient pas exécutés. Le jour où elle a osé dire : « Je suis inquiète pour la survie de l’entreprise, j’y ai pensé toute la nuit et j’ai vraiment besoin de votre soutien », ses employés se sont mis à coopérer. Savoir s’appuyer sur son féminin nous donne de la puissance. C’est aussi vrai pour les hommes. Notre nature profonde à tous, c’est d’être homme et femme à la fois. Il est urgent de retrouver l’équilibre entre ces deux facettes de notre être. Je parle évidemment du masculin et du féminin comme de principes, en aucun cas de dispositions naturelles.

S.C. : Pourquoi alors employer ces termes ? Ils entretiennent une forme de conditionnement. J’entendais ce matin à la radio un bout d’émission où il était question d’écologie. L’un des invités affirmait que la terre était le combat des femmes parce qu’elle était la mère matrice, ajoutant d’un ton faussement repentant : « Laissons la politique et l’économie aux hommes, elles ont bien mieux à faire. » Mais qui est cet homme pour me dire que je dois m’occuper de la terre, et laisser les entreprises aux hommes ? Ce type de discours est la conséquence logique des distinctions que vous faites.

On a beaucoup reproché à Margaret Thatcher de se montrer plus impitoyable qu’un homme, ou à Ségolène Royal de mettre en avant son identité de mère. Le pouvoir se conjugue-t-il différemment selon qu’il est masculin ou féminin ?

V.C.-S. : Le féminin n’est pas le seul apanage des femmes. Je me souviens du débat télévisé qui a opposé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle. Avant de commencer, Patrick Poivre d’Arvor leur avait demandé comment ils se sentaient. Ségolène Royal a répondu d’un air pincé : « Très bien, très fière d’être ici, très heureuse, merci ! » Nicolas Sarkozy, lui, a osé développer ce qu’il ressentait, et cela lui a donné plus de présence. Il s’est appuyé sur son féminin.

S.C. : La féminité des femmes de pouvoir est sans cesse questionnée. Elle n’est jamais à la bonne place. Dans un magazine américain, il a été reproché à Hillary Clinton d’avoir
versé une larme en public. Elle aurait usé de son féminin de façon déloyale, comme on le reproche aussi à Rama Yade. Qu’elles en usent trop ou pas assez, le charme des femmes de pouvoir pose toujours problème. Celui de Barak Obama, lui, est reconnu comme une qualité supplémentaire. De leur côté, elles essuient des insultes d’une rare violence. Celles qui s’en sortent le mieux sont celles qui les laissent glisser pour revenir à leurs convictions politiques. Ségolène Royal a fait l’erreur d’entrer dans le jeu de la justification, d’en appeler à son ventre quand ce n’était pas le propos. Pas étonnant qu’on lui ait renvoyé cette question déplacée : « Qui va s’occuper des enfants ? »

On a récemment parlé d’affrontements en banlieue impliquant des gangs de filles, pour pointer le fait qu’elles deviennent aussi violentes que les garçons. Les filles justifient leur agressivité en avançant qu’il manque des figures positives. En gros, elles refusent d’incarner une féminité dominée.

V.C.-S. : La femme a été libérée dans la société, pas dans l’intimité. Nos grilles de lecture du féminin n’ont pas changé, nous les avons héritées de l’idéologie patriarcale : la maman et la putain. Ces carcans ne sont pas nouveaux.

N’avez-vous pas le sentiment qu’en associant le féminin à la douceur vous ne pouvez qu’agacer celles qui ne veulent pas être résumées à ça ?

V.C.-S. : Je ne dis pas aux femmes d’être seulement dans la douceur ! Je leur dis qu’elles ont le droit d’être fermes et douces à la fois. Je les invite à ne plus jouer le seul jeu des valeurs masculines et aussi à oser se réapproprier des valeurs du féminin telles que l’émotion, le lien, oser prendre le temps…

S.C. : Mais qui décide de ce qui est masculin ou féminin ? Sur quoi vous fondez-vous ?

V.C.-S. : Ces notions sont présentes et définies dans toutes les traditions spirituelles ou presque. Un livre, Le Sexe des âmes(1) de Charles Mopsik, montre ainsi la place des principes féminin et masculin dans le Talmud et la Kabbale. Dans le christianisme, les évangiles apocryphes nomment également le féminin et le masculin. Dans mon livre, j’ai voulu mettre ces concepts spirituels au service de la psychologie

S.C. : Les références à la religion nous mènent sur une pente glissante. Elles renvoient à des figures qui sont, pour moi, le prolongement fantasmatique des parents tout-puissants. Or, à mon sens, grandir, devenir adulte, élaborer sa propre masculinité ou féminité et trouver sa force supposent de pouvoir s’émanciper de ces imagos de père et de mère, dont on ne s’affranchit jamais complètement, mais qu’il faut pouvoir questionner pour être dans son propre désir.

1. Le Sexe des âmes de Charles Mopsik (Éditions de l’Éclat, 2003).

Ce qui est intéressant, c’est de comprendre pourquoi on continue de s’accrocher à ces images…

S.C. : Parce qu’elles donnent aux hommes et aux femmes un pouvoir auquel ils ne veulent pas renoncer. Celui, pour les premiers, de maintenir leur position de force dans la société et sur les femmes; celui, pour les secondes, de garder la mainmise sur le foyer et les enfants. Cet attachement est inconscient et n’empêche pas de s’élever en toute bonne foi contre la discrimination faite aux femmes. La psychanalyse nomme « phallus » cette puissance autour de laquelle nous construisons nos identités. C’est un symbole, celui du désir en érection. Ces phallus sont nombreux, chaque sexe brandit les siens : l’argent, la grosse voiture, la maternité, ou cette fameuse intuition féminine…

Mais, que la voiture explose, que l’intuition échoue, que la beauté se fane, et cette prétendue supériorité fond comme neige au soleil. La véritable force, celle que chaque individu, quel que soit son sexe, peut trouver, est celle qui n’est pas dupe de ces phallus, qui sait s’en servir sans s’identifier à eux, et qui s’appuie sur ses désirs singuliers. Dès lors, une femme sera puissante, qu’elle choisisse de planter des salades ou d’être entretenue par un homme. Sa force ne sera ni masculine ni féminine, elle sera celle de son désir.

V.C.-S. : Pour moi, si nous continuons de nous accrocher à ces images, c’est parce
que nous en avons besoin. Elles véhiculent un certain nombre de valeurs qui sont les
lunettes à travers lesquelles nous regardons le monde. Ces lunettes, nous avons aujourd’hui la liberté de les changer. Je voulais au départ intituler mon livre « Dieu est aussi une femme ». C’est écrit noir sur blanc dans la Bible : « Dieu a fait l’homme à Son image, homme et femme, Il le créa ». Il est donc, aussi, une femme. Et ce n’est jamais dit. Cela signifie que les valeurs du féminin sont en réalité aussi importantes que celles du masculin. Oser le féminin, c’est oser être soi.

Crédit photo : Diana ABDOU Éditrice En Chef Web | Diana Unlimited
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