Louis-chapitre 1

Je ne me suis même pas encore installé dans le fauteuil qui m’est destiné que je sens déjà le regard accusateur des pères de Marie-Rose me foudroyer sur place. Je ne les ai jamais rencontrés personnellement mais Marie, ma sœur, m’a déjà raconté certaines de leurs entrevues.

Par politesse, je tends une main qu’ils serrent froidement chacun leur tour et je m’installe sur le siège vide face au bureau, alors que le directeur prend place de l’autre côté.C’est la troisième fois que je suis convoqué ce mois-ci, mais c’est la première fois que j’ai la possibilité d’assister au rendez-vous.

Le silence qui règne rend l’endroit encore pire que dans mes souvenirs d’écolier ; cette école est la seule que j’aie jamais fréquentée et je n’ai jamais aimé ce bureau.Le directeur n’était pas le même alors, mais la pièce n’a pas changé. Toujours aussi triste, toujours aussi sombre.Je note tout de même l’investissement dans les ordinateurs et la touche de verdure pour égayer l’entrée – même si ce sont de fausses plantes.Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on dirait le décor d’une série à l’ancienne avec laquelle j’aurais pu commencer ma carrière d’acteur.

« Eh bien… Nous sommes ravis de vous avoir parmi nous aujourd’hui. Je pensais que la tante des jumeaux serait là à nouveau, commence le directeur.
– Surprise, je réponds avec un sourire figé. Mais je peux l’appeler si jamais ça vous arrange de traiter avec elle. »

Mr. le Directeur rit comme si j’avais fait la meilleure blague du monde et ça me met mal à l’aise.Je n’aime pas que les gens se forcent à être aimables juste parce que je suis louis Adams.

« Donc… mes enfants ont encore fait des âneries ?, je demande pour recentrer la conversation.
– Oui, en fait…
– De la colle ! Ils ont mis de la colle dans les cheveux de notre Lola. »

D’après les dires de ma sœur, celui qui vient de prendre la parole n’est pas le flic. C’est l’autre.Celui qui perd patience toujours trop vite parce qu’il est trop inquiet. Celui qui prend les choses trop à cœur et trop personnellement. Celui qui a les yeux bleus et les cheveux châtains, complètement en bataille.

« Je suis désolé, je tente maladroitement.
– Oh oui, vous pouvez l’être. Un tel manque de correction devrait vraiment vous alarmer, me répond le papa aux yeux bleus.
– Hm… oui, ça m’alarme. », je lui affirme, les lèvres pincées, vexé par cette réflexion désobligeante.

Je pose à nouveau mes yeux sur le directeur parce que je n’ai pas envie d’entendre le refrain que la plupart des inconnus me chantent à longueur de journée à propos du manque d’éducation de mes enfants.Quand on est une personne publique, les gens ont le jugement facile ; Ils se disent que, parce qu’ils ont lu une biographie et quelques pages d’un magazine, ils vous connaissent, et que s’ils vous connaissent, alors ils peuvent porter des jugements. Mais ce n’est pas le cas, personne ne devrait avoir son mot à dire.

« Et donc, quelles sont les solutions que vous proposez ? », je demande à l’attention du directeur.

S’il nous convoque, c’est certainement parce qu’il a une solution et j’aimerais vite la connaître pour pouvoir rentrer chez moi. Sauf qu’il n’a pas le temps d’exposer son point de vue car l’émotif transi reprend la parole.

« Éduquez vos gamins ! », il tonne sur un ton pète-sec.

Ma tête se tourne à nouveau vers mon voisin.Lentement. Je n’ai pas envie de perdre mon sang froid, mais je ne supporte pas qu’on me rabaisse comme il vient de le faire. Je crois que le flic le remarque car il se manifeste enfin.



« Louis, c’est bon. On peut essayer de trouver une solution calmement. », il répond pour tempérer, en posant une main sur la cuisse de son compagnon.

julien, c’est le flic qu’elle aime le moins dans le couple ; avec son regard brun sournois et ses cheveux coupés courts, comme s’il sortait de l’armée. Il a l’air strict, c’est vrai, mais jusqu’ici, c’est le plus courtois des deux.

« Peut-être que nous pourrions leur faire pareil et qu’ils comprendraient enfin que ce n’est pas bien ?, propose l’émotif aux yeux bleus.
– Excellente idée, je réponds avec sarcasme, parce que c’est bien connu qu’il faut faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse !, j’ajoute en me levant. Écoutez, je n’ai pas de temps à perdre.Mes enfants n’ont jamais été en collectivité de leur vie.Ça fait seulement trois mois qu’ils se retrouvent confrontés à la vie en communauté et ce n’est simple pour personne. Alors je fais ce que je peux mais ils sont deux et parfois, ils ne s’écoutent que l’un et l’autre. »

Ma défense sonne plus comme un cri de désespoir que comme un argument qui donne raison à mes enfants, mais j’ai très peu d’autorité sur eux et je passe mon temps à être dépassé par leur comportement. Je n’y peux rien si je n’y arrive pas.

« Séparez-les. », propose soudainement le flic.

Son ton est ferme, son débit lent. Il affiche un air fier et c’est à ce moment-là que je comprends pourquoi ma sœur ne l’aime pas du tout.

« Hors de question !, je réponds vivement en me tournant vers le directeur qui semble approuver l’idée.Je ne suis pas d’accord : les garder dans la même classe faisait partie des conditions pour qu’ils intègrent cette école et je suis désolé, mais je refuse que ça change.
–Vous êtes souvent désolé, vous. Non ?, me demande le flic. Vous êtes le genre de personnes qui agit en se foutant des autres et puis qui est désolé ensuite, c’est ça ? »



Ma mâchoire se décroche tant la gifle est violente. Mais pour qui est-ce qu’il se prend ce flic à la con ? Si j’avais besoin d’une analyse thérapeutique, j’aurais fait la démarche de rencontrer un psy moi-même.

« Allez vous faire foutre, Dr. Freud de mes couilles !, je m’emporte. Si votre fille savait se défendre, elle ne serait pas en train de chialer parce qu’on lui aurait foutu de la colle dans les cheveux, car les autres gamins la respecteraient ! Désolé si je n’élève pas des victimes. »

Le flic se lève pour pouvoir me faire face et je fais un pas vers lui avant que l’autre hystérique ne se mette entre nous et que le directeur se racle la gorge pour essayer de ramener l’ordre.

« Du calme, nous dit le chef d’établissement avec une voix mal assurée. Écoutez, je suis certain qu’il y a une solution : les jumeaux seront certainement punis à leur domicile et prévenus qu’à la prochaine bêtise de ce genre, ils seront séparés.
– Quoi ?, j’articule difficilement.
– Écoutez, je ne pourrais pas garder des enfants aussi turbulents au sein de l’école. Les règles sont les mêmes pour tout le monde. J’en ai déjà discuté avec votre sœur et…
– Très bien, je le coupe. Merci de m’avoir reçu, j’ajoute en me tournant vers les parents de Marie-Rose pour leur sourire faussement. Messieurs. », je murmure à leur attention pour les saluer.

Je tourne les talons pour me diriger vers la porte et je sors. Avant de rentrer une dernière fois pour ajouter :

« Veuillez excuser mon impolitesse, je n’aurais pas dû dire ça à propos de votre fille. Elle a l’air tout à fait adorable.
– Mr Styles ?, m’interpelle le directeur.
– Oui ?
– J’avais prévu un entretien légèrement plus long, il m’explique.
– Oui, mais il me semble que nous nous sommes tout dit. Mes enfants sont mal élevés, il faut leur mettre de la colle dans les cheveux ou les séparer parce que les règles sont les mêmes pour tout le monde. »

Un froid que même Elsa la Reine des Neiges n’aurait pas réussi à jeter suit ma phrase et j’en conclus que c’est la fin de la conversation.

« Ma sœur viendra la prochaine fois, je crois que ça arrangera tout le monde. »

L’émotif a l’air désolé, le flic me regarde de travers et j’ai l’air du pire père qui soit. Mais ce n’est pas vrai, je ne suis plus un mauvais père. Je ne sais pas toujours comment m’y prendre, mais c’est nouveau pour moi alors j’aurais aimé un peu plus d’indulgence.

Je reprendrai rendez-vous avec le directeur seul, plus tard. Hors de question que je continue de passer pour un imbécile comme ça devant d’autres parents d’élèves. Je quitte définitivement le bureau et je m’abaisse auprès des enfants.

« Écoutez-moi les terreurs des bacs à sable, je ne veux pas savoir qui a fait quoi, c’est clair ? Mais ce n’est pas la première fois que vous vous retrouvez ici et ce n’est vraiment pas bien. », je gronde.

Ils baissent la tête et je m’en veux immédiatement. Je suis même prêt à m’excuser et à les prendre dans mes bras, mais je sais que je suis écouté de l’autre côté de la porte.

« Alors maintenant, vous vous excusez tous les deux auprès de Marie-Rose. Allez, j’insiste en voyant leur mine boudeuse.
– Pardon Marie-Rose, ils marmonnent d’une même voix, sur un ton monotone.
– Bien. Et vous avez même gagné le droit de l’inviter à jouer un après-midi. C’est une chouette petite fille, pas vrai ? »

Je souris à Marie-Rose et elle me rend le sourire sans hésiter. Je réalise que ma proposition est peut-être un peu précipitée lorsque j’entends des “hors de question” ou “il ne le fera pas” derrière la porte du bureau.Ils vont voir si je ne vais pas les contacter pour leur prouver que je peux arranger les choses sans que mes enfants ne soient séparés.

« Je contacterai tes parents, je conclus à l’attention de la petite blondinette qui me regarde avec ses grands yeux bleus, les mêmes que ceux de son père. Allez, en route les monstres ! »

Mes deux bébés – qui n’en sont plus vraiment – sourient à nouveau et me sautent au cou. Je me relève avec un équilibre précaire et nous partons tous les trois pour quitter l’école maternelle.

Je réentends ma mère me dire qu’essayer de les scolariser n’est pas une bonne idée, qu’ils sont deux et que, pour l’instant, c’est suffisant. Je la réentends me dire qu’ils n’écoutent déjà pas leur père alors : « Bon sang, mais qu’est ce que tu veux qu’ils fassent dans une école, hein ? Ils sont trop en avance sur les autres, ils vont s’ennuyer, faire des bêtises et se faire disputer. »

Évidemment, je veux lui prouver qu’elle a tord et je refuse de baisser les bras – même si elle a drôlement raison pour le moment. 

Je prends le temps de correctement attacher Nola et Thaïs dans leur siège auto et je monte à l’avant.Je suis en vacances depuis une demi-journée seulement et c’est déjà le chaos.Mais je sais que tout ça ne fait que commencer parce qu’ils n’ont que cinq ans et je sens que la vie de père célibataire va encore me résonner dans les oreilles comme un échec cuisant.

« Pourquoi on peut pas rester avec toi quand tu travailles pas ? », me demande Thaïs avec la mine boudeuse.

Je peux la voir à travers le rétroviseur, les bras croisés, ses sourcils froncés et ses cheveux blonds complètement emmêlés. Je vais encore passer des heures à la brosser pendant qu’elle se débattra car elle voudra aller jouer.

« Pourquoi t’as détaché ta queue de cheval ?, je demande.
– C’est moche ! », elle répond, fâchée.

J’affiche un air blasé parce que j’ai passé du temps à la coiffer ce matin et qu’elle ne fait même pas semblant d’en avoir conscience.

« Vous ne pouvez pas rester avec moi parce que tous les enfants vont à l’école et que vous devez y aller aussi, je leur explique.
– Mais c’est nul l’école. On préfère quand c’est tata qui le fait, réplique Thaïs.
– Oui, je sais. Mais comment est-ce que vous voulez vous faire des copains si vous ne rencontrez pas d’autres enfants, hein ?, je tente.
– On n’en veut pas. », ils se défendent en même temps alors que je soupire.

Si je n’étais en train de conduire, j’aurais très volontiers laissé ma tête s’écraser sur le volant pour pouvoir me rendre sourd avec le bruit du klaxon.

« Sauf que ce n’est pas vous qui décidez, je tranche aussi gentiment que possible. C’est pour votre bien.
– Tu nous aimes plus ?, me demande Thais avec une petite moue, juste histoire de me faire culpabiliser.
– Quoi ? Rah mais non. Vous ne commencez pas avec ça, d’accord ? Je vous connais tous les deux, hein. Je vous connais. Vous arrêtez tout de suite. Vous savez très bien que je vous aime, et exactement pareil. Mais je vous ai déjà expliqué qu’il arrivait que les adultes fassent des choix pour les enfants et que même si vous n’êtes pas d’accord, c’est toujours pour votre bien. Toujours. »

Pour toute réponse, ils font le truc que je déteste le plus au monde : parler dans une langue qu’ils ont inventée pour ne pas que les adultes comprennent. Génial.

Lorsque nous arrivons, je repère les trois ou quatre paparazzi qui campent devant le portail de ma propriété et j’ouvre la fenêtre en leur demandant gentiment de ne pas prendre en photo le visage de mes enfants.

Je traverse le parc alors que le portail électrique se referme derrière nous et je comprends vite que je dois me préparer à lire tout un tas de conneries sur moi dans la presse à scandales de demain. Parce que je suis enfin chez moi et que j’ai l’air de me rappeler que j’ai des enfants.

Parfois, en y réfléchissant vraiment bien, je n’ai pas envie que les jumeaux grandissent. Je n’ai pas envie qu’ils apprennent à lire.                                                                              * * *La fin d’après-midi a été longue et la soirée encore plus.J’ai l’impression de ne pas avoir vu mes enfants depuis tellement longtemps qu’en plus de mon impatience, je suis incapable de les gérer. Pourtant, lorsque je suis loin d’eux et que je ne peux pas les emmener avec moi, il ne se passe pas un jour où je ne leur parle pas.C’est vrai que le tournage de mon dernier film a été vraiment long et que j’aurais aimé me reposer un peu, mais c’est impossible lorsqu’on est parent de Nola et Thaïs.

« Papa !! Thaïs m’a caché ma pièce de puzzle !
– Parce que Nola m’a pris mon doudou ! », il se défend.

Après ça, je n’arrive plus à suivre ; ça crie, ça s’accuse et quand ça commence à se pincer et se mordre, je suis obligé de courir jusqu’à eux pour les séparer. Athéna se jette entre mes jambes, en larmes et tenant son bras.

« Hey mais ça va pas ou quoi ?, je me fâche en prenant ma fille dans mes bras pour la calmer. Thaïs bon sang mais est-ce que t’es un chien ? 
– Non, il répond en me regardant droit dans les yeux, avec un air de défi.
– Alors pourquoi tu mords ta sœur ? T’as pas assez mangé tout à l’heure, c’est ça ?, je demande alors qu’il se met à rire. Excuse-toi, Achille, y a vraiment rien de drôle.
– Pardon, il soupire avec agacement.
– Va t’asseoir là-bas, j’ajoute en désignant la petite chaise bleue dont il se sert lorsqu’il dîne sur la table basse devant la télé.
– Je suis puni ?, il s’étonne avec ses yeux grands ouverts.
– Bien sûr que oui, t’es puni ! T’as mordu ta sœur !
– Mais c’est elle d’abord ! C’est elle qui a commencé à me pincer !! », il rétorque.

Mon fils de cinq ans me répond effrontément et ma sœur le punit pour ça, elle dit que c’est de l’insolence. Je sais que je dois sévir, mais il me fait de la peine.

« Tu discutes avec moi ?, je demande sévèrement.
– Non.
– Alors va t’asseoir. »

Il se résigne et rejoint sa petite chaise en tapant des pieds sur le carrelage, comme s’il avait l’intention de faire des trous dans le sol.

« Fais voir, je demande à Nola alors qu’elle calme ses sanglots.
– Nola c’est un pire-des-nia, elle pleurniche en me montrant son bras.
– Un quoi ?, je demande, sourcils froncés.
– Un pire-des-nia. Le poisson qui croque, papa !
– Oh, je souffle, sans être capable de m’empêcher de rire. On dit un piranha. Et non, ce n’est pas un piranha. C’est un petit garçon vraiment pas gentil.
– Si je suis gentil !, me coupe Thaïs.
– Non, tu m’as mordu comme un chien, rétorque Athéna.
– J’suis pas un chien !
– Si !
– Non !
– Si !
– Non !
– Ça suffit !!, je crie pour qu’ils se taisent. Bon sang mais qu’est-ce qu’il y a aujourd’hui ? Hein ? Qu’est-ce qu’il se passe ? »

Un long silence suit ma question. Je me fâche rarement, mais je suis fatigué de les voir dans cet état.

« Sur le canapé. Tous les deux », j’ordonne fermement.

Je pose Nola sur le sol et je la laisse rejoindre son frère sur le canapé. Pour les avoir bien en face de moi, je m’installe sur la table basse.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui ne va pas, hein ? Pourquoi tu pinces ton frère ? Et toi ? Pourquoi tu mords ta sœur ? Vous n’avez jamais fait ça avant !
– C’est elle.
– Non, c’est lui !
– Stop. Stop ou vous allez vous coucher sans bisou et sans histoire.
– Oh non papa ! Toplait !, supplie Nola.
– Écoutez tous les deux. On est une équipe, non ? »

Ils hoche la tête à l’unisson.

« D’accord. Alors racontez-moi ce qui ne va pas, je demande.
– J’aime pas l’école, répond immédiatement ma fille.
– Nola… Mais c’est très bien l’école. Vous ne pouvez pas rester tous les deux toute votre vie, tu comprends ?
– Mais Thaïs il a des copains et pas moi. J’ai pas envie d’y aller.J’ai envie de rester avec toi. Toplait, toplait, elle quémande avec les larmes aux yeux.
– S’il te plaît, je la corrige avant de soupirer. Mais tu dois essayer mon bébé.
– Mais si on va à l’école alors on peut plus venir avec toi pour les voyages, elle me fait justement remarquer.
– Je vais trouver une solution, je promets. Ce n’est pas un problème.
– Tu vas rester ? », demande Thaïs.

Je m’apprête à dire non parce que c’est impossible, mais ils ont leurs yeux rivés sur moi avec tellement d’espoir que je dise oui que je suis incapable de dire l’inverse. Je les aime trop. Je serais prêt à n’importe quoi pour les rendre heureux et jusqu’ici, je crois que je n’ai pas fait mon maximum.

« Oui. Oui, je vais rester, j’affirme en réalisant que faire une promesse de ce genre à mes enfants, sans en avoir parlé avec Sophie, mon manager, c’est très risqué.
– Promis ? », ils demandent en même temps.

Tous les deux lèvent leur petit doigt et sans vraiment y réfléchir, j’y accroche les miens en signe de promesse.

« Promis, je dis. On va faire un marché tous les trois. Si vous vous tenez correctement à l’école, alors je vous promets de ne pas accepter de jouer dans un film jusqu’à la fin de l’année scolaire.
– Pour de vrai ?, ils demandent avec enthousiasme.
– Oui. Parfois je suis obligé d’aller à des fêtes pour mon travail, vous savez ?
– Oui. Quand tu bois les trucs qui rendent débile. », répond Thaïs.

Je fronce les sourcils, un peu surpris par son raisonnement.

« Hey, qui t’a dit ça ?
– C’est tata Marie. Elle a dit que t’avais vraiment eu l’air d’un imbécile la fois où t’étais tombé dans la rue.
– Thaïs il a écouté aux portes. C’est pour ça qu’il le sait, dit Nola.
– Sale cafteuse.
– Non, c’est toi !
– Non, c’est toi !
– Ok ! C’est bon, je tranche pour qu’ils se taisent. Papa fait des trucs débiles parfois, c’est pas grave. Ça arrive. Mais c’est fini maintenant, j’arrête. Puis regarde, t’as mordu ta sœur toi, tu crois que c’était intelligent ? Et toi ? T’as pincé ton frère. Voilà. On fait tous des trucs stupides.
– Est-ce que tu t’es fait mal quand t’es tombé ? », m’interroge Nola.

Je me sens tellement con que j’ai vraiment honte que mes propres enfants me posent ce genre de questions. Alors comme c’est moi l’adulte, j’ai le droit de changer de sujet.

« On était en train de parler sérieusement là. »

Les jumeaux se redressent correctement, signe que j’ai à nouveau leur attention.

« Alors voilà. On va dire que je ne partirai jamais plus de quatre jours, je dis en mimant le chiffre avec mes doigts.
– Oh non, alors. Deux !, dit Thaïs.
– Trois. Trois et c’est tout. », j’insiste pour avoir le dernier mot.

Ils boudent, mais la perspective de m’avoir tous les jours à leurs côtés semble de leur convenir. En faisant cette promesse, je sais que je devrais refuser énormément de soirées ou d’avant-premières et que Sophie va certainement venir m’agiter mon contrat sous les yeux en guise de menace ultime, mais mes enfants doivent devenir une priorité alors je ne regrette pas cette promesse. Pas encore, du moins. 

« Alors trois jours maximum, je répète. Mais vous devrez bien vous comporter à l’école. Je ne veux plus que vous embêtiez des enfants, que vous cassiez le matériel, que vous vous cachiez à l’heure du déjeuner. Interdiction de parler dans votre langue que personne ne comprend quand vous êtes à l’école aussi. Et quand la maîtresse dit quelque chose alors on écoute et on obéit. C’est le papa de l’école, d’accord ? Et quand papa dit quelque chose, qu’est-ce qu’on fait ?, je demande.
– On écoute et on se tait, ils répètent à l’unisson la phrase qu’ils ont apprise par cœur.
– D’accord. On ne tape pas, on ne mord pas, on ne tire pas les cheveux, pas de colle dans les cheveux non plus. Vous ne faites pas ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. Est-ce que c’est clair ?
– Moi je vais pas tout retenir…, soupire Nola.
– Et si on n’est pas sages sans faire exprès ? », demande Nola.

Je soupire, complètement dépité.

« Faites un effort, s’il vous plaît. Sinon vous serez chacun dans une classe, séparés, et personne ne veut ça.
– Mais tu peux dire que tu veux pas, toi. T’as le droit de décider. », insiste Thaïs.

Si j’avais été plus fatigué, j’aurais pu pleurer tant leur débat incessant m’épuise. Ils ont toujours quelque chose à répondre et c’est très agaçant.

« C’est le directeur qui décide. C’est lui le chef à l’école. C’est pas moi. »

Thaïs fait le moue ; mais je crois qu’ils finissent par comprendre qu’ils doivent bien se tenir.

« Est-ce qu’on peut aller jouer avec des autres enfants ?, me demande soudainement Nola.
– Oui, bien sûr, je réponds avec enthousiasme.
– Moi j’ai pas envie, dit Thaïs.
– Mais pourquoi ? Regarde cette petite fille, là. Marie-Rose. Elle a l’air d’être très gentille !
– Tu sais, elle a un iPad et pas nous et elle dit que c’est bien les iPad et les autres enfants ils ont aussi des iPad et même pas nous !
– Vraiment ?, je demande, un peu blasé.
– Oui. Nous on fait les puzzles et on n’a pas d’iPad. »

Je soupire parce qu’à leur âge, je ne cèderai pas.

« Bon. Écoute, ce n’est pas le propos. Je vais inviter Marie-Rose à venir passer l’après-midi ici et tu verras, tu vas te faire une copine et ça ira mieux à l’école. Tu vas apprendre plein de choses, c’est chouette l’école, j’insiste.
– Mais t’as même pas été toi ! C’est tata qui l’a dit ! »

Je perds patience et même si j’essaie de prendre sur moi, il y a un moment où je sens que je m’énerve et ce moment est arrivé. Il faut également que j’ai une discussion avec ma sœur, parce qu’elle semble dire beaucoup de choses à mes enfants et qu’ils n’hésitent pas à s’en servir contre moi.

« Bon, ça y est. Vous avez trop discutez. Maintenant au lit, je n’ai plus envie de vous entendre, je soupire en me levant de la table basse.
– Pour toujours ?, demande Nola.
– Pour ce soir !
– Ah bah j’ai eu peur quand même. »

Je passe une main sur mon visage, incapable de ne pas me mettre à rire. Ils vont m’avoir à l’usure, je le sais.

« Allez les monstres. Au lit !
– On peut lire une histoire ?, demande Nola.
– On peut dormir dans ton lit ?, renchérit Thaïs.
– Oh oui ! On peut regarder un film pendant qu’on s’endort ? Hein ? Hein ? »

Je jette un œil à ma montre : il n’est même pas 22 heures et pour un vendredi, il est vraiment trop tôt pour que j’aille dormir également, mais je capitule.

« Ok, tous dans mon lit. On met Hercule et pas de discussion. », j’annonce.

J’ai le droit à un milliard de bisous, à des cris de joie et à tout plein de compliments à base de lune, de soleil et d’arc-en-ciel, puis d’un coup, ils filent à l’étage et le silence me presque fait du bien.

Au bout d’une vingtaine de minutes de dessin animé, mes jumeaux dormaient profondément, alors je me glisse hors du lit pour prendre une douche et réfléchir à tout ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Parfois j’ail’impression de me noyer, d’être dépassé par les événements. Mais je ne peux pas craquer. Pas quand le monde entier me regarde.

FAUNES ET FEMMES MAGAZINE

Johnny Depp acculé ? L’ex de l’acteur appelée à la barre dont la charge va être un cauchemar 

Alors que s’ouvre le dernier volet du procès intenté par Johnny Depp à Amber Heard pour diffamation, l’actrice Ellen Barkin va témoigner contre l’acteur, qu’elle a fréquenté en 1997.

Alors que le procès Depp-Heard reprendra lundi 16 mai pour une dernière ligne droite de sept jours, la fin de la trève pourrait être rude pour Johnny Depp. A la barre du tribunal de Fairfax, où se déroule le procès depuis le 11 avril, en Virginie, une ancienne compagne de la star de Pirates des Caraïbes devrait témoigner. Selon People, il s’agit d’Ellen Barkin, ex-partenaire de Johnny Depp dans le film Las Vegas Parano (1998) de Terry Gilliam. L’actrice âgée de 68 ans avait entretenu une brève liaison avec la star en 1997, après sa séparation d’avec Gabriel Byrne, son mari d’alors.

Et celle qui a partagé l’affiche du film culte avec l’acteur fétiche de Tim Burton ne devrait pas être tendre avec son ex-amant. En effet, Ellen Barkin est proche d’Amber Heard et c’est en sa faveur qu’elle témoignera en vidéo, tout comme elle l’avait fait lors du précédent procès des ex-époux au Royaume-Uni. Lors du récit qu’elle avait livré à Londres en 2020, Ellen Barkin s’était souvenu d’une bouteille de vin que lui aurait lancé Johnny Depp, « jaloux«  et agressif, corroborant la version d’Amber Heard.

Johnny Depp : « Je ne ressentais pas la même chose »

Interrogé à son tour sur cette relation, Johnny Depp avait été clair. Ce dernier, cité dans le Daily Mail, avait précisé qu’il connaissait Ellen Barkin « depuis de nombreuses années« , avant qu’ils ne débutent une liaison plus sexuelle que sentimentale en marge du tournage de Las Vegas Parano. Une idylle que la comédienne ne percevait pas comme lui : « Je ne ressentais pas la même chose pour elle qu’elle ressentait pour moi« , avait expliqué l’acteur. Une divergence qui d’après l’interprète de Jack Sparrow aurait nourri du ressentiment chez Ellen Barkin : « Elle voulait plus qu’une liaison, elle voulait une vraie relation avec moi, ce que je ne souhaitais pas.« , et d’ajouter que cela l’aurait rendue « très en colère« . Les anciens amis ne seraient plus adressé la parole. Ellen Barkin témoignera en parallèle de Whitney Henriquez, la soeur d’Amber Heard.

«Faire de longues promenades»

Selon le journal américain, un porte-parole du père de Lily-Rose Depp a également confirmé la présence de l’acteur sur le sol britannique. «Johnny est en Europe pour prendre le temps de se reposer quelques jours, passer du temps avec de vieux amis, faire de la musique et de longues promenades dans la campagne», a témoigné l’informateur au New York Post.

En vidéo, ces grands noms impliqués dans le procès de Johnny Depp et Amber Heard

Johnny Depp poursuit son ex-compagne Amber Heard pour diffamation, après que cette dernière a insinué dans une tribune pour le Washington Post avoir été victime de violences conjugales lors de leur mariage. Il lui demande la somme de 50 millions de dollars. L’actrice d’Aquaman a pour sa part contre-attaqué, en demandant 100 millions de son côté pour avoir sali sa réputation.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Un membre du Fidesz détaille les conséquences de la loi interdisant la représentation de l’homosexualité devant les mineurs, loi qui inquiète les LGBTQ mais aussi les milieux culturels.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion
La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Le dimanche 3 avril, alors que les législatives prennent déjà l’allure d’un référendum pour ou contre Viktor Orban, les électeurs sont invités à répondre à quatre questions contre la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs.

Le gouvernement demande l’assentiment populaire sur une loi déjà adoptée cet été au Parlement, qui proscrit la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs. Cette dernière interdit par exemple l’apparition de toute personne gay ou transgenre à la télévision avant 22 heures. Les quatre questions du référendum sont ainsi libellées : « Soutenez-vous la tenue de séances d’orientation sexuelle pour les enfants mineurs dans l’enseignement public sans accord parental ? » ; « Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe pour les mineurs ? » ; « Soutenez-vous l’introduction sans restriction de contenus à caractère sexuel dans les médias en direction de mineurs et qui affectent leur développement ? » ; « Soutenez-vous l’affichage de contenu médiatique sensible au genre pour les mineurs ? »

Procédure d’infraction contre la Hongrie

De telles prises de position sont récentes en Hongrie. L’homosexualité avait été dépénalisée dès le début des années 1960, et l’union civile entre conjoints du même sexe reconnue dès 1996. La Commission européenne a lancé jeudi 15 juillet une procédure d’infraction contre la Hongrie, membre de l’Union européenne depuis 2004. La charte des droits fondamentaux de l’UE interdit en effet toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle. Le site progouvernemental du référendum dénonce « les bureaucrates et certains groupes d’activistes à Bruxelles ». Il défend une loi qui « offre une protection adéquate contre la propagande affectant les enfants, que ce soit sous la forme de contenus médiatiques ou de conférences données par des militants dans les écoles ».

L’opposition, elle, dénonce une tentative de manipulation. « Le but n’est pas de protéger nos enfants, mais de renforcer les divisions du pays en reproduisant les politiques de Poutine d’incitation à la haine contre la communauté LGBTQ et détourner l’attention des vrais problèmes du pays : la hausse continue des prix, le système de santé dans une situation catastrophique, les moyens de subsistance ou la corruption généralisée », considère le parti d’opposition Momentum sur son site Internet.

Les ONG appellent à ne pas voter

De nombreux votes nuls pourraient invalider ce référendum parallèle, même si trois Hongrois sur quatre sont tentés de voter « non » à la première question sur l’autorisation parentale pour l’éducation sexuelle à l’école, selon les sondages.

En effet, le vote ne sera valable qu’à condition de mobiliser la moitié du corps électoral (établi à 8,2 millions de citoyens), sur l’ensemble des questions. En tout, 14 ONG ont appelé à ne pas y participer. Dont Amnesty International Hongrie, qui dénonce une tentative de « masquer les minorités sexuelles et de genre aux yeux du public ».

Des citoyens hongrois, exilés en Europe ou restés dans leur pays natal, racontent comment les lois discriminatoires du pouvoir conservateur envers les personnes LGBT changent leur quotidien.

Angelika, 41 ans, maquilleuse : « Je commence même à avoir peur qu’on me retire ma carte d’identité »

« En 2002, j’ai été la troisième femme en Hongrie à pouvoir bénéficier d’une opération de réassignation sexuelle [qui permet de modifier les caractéristiques sexuelles initiales afin qu’elles correspondent à l’identité de genre]. Comme c’était très rare à l’époque, je suis devenue célèbre : j’ai fait la couverture de magazines, j’ai été invitée par des émissions de télévision à débattre ou à chanter, j’ai participé à des programmes de télé-réalité…

Ces dernières années, je sens que les opportunités se sont raréfiées. A cause des opinions propagées par le gouvernement, je suis sur liste noire. Je ne peux plus vivre de ma notoriété. Il y a deux ans, je suis devenue maquilleuse-coiffeuse, même si je continue de temps à autre à être invitée par une émission. Je commence même à avoir peur que le gouvernement me retire ma carte d’identité de femme. Si c’est le cas, je partirai vivre à l’étranger, même si ce n’est pas ce que je souhaite.

« Le climat transphobe a affecté ma vie personnelle. Quel homme en Hongrie voudra m’épouser et construire une famille avec moi ? »

Cette fixation du gouvernement sur les personnes trans est incompréhensible : nous sommes un très petit nombre en Hongrie et nous ne bénéficions d’aucune visibilité. Un Hongrois moyen ne croisera probablement jamais une personne trans de toute sa vie ! En s’acharnant sur les personnes LGBT, en les excluant, en les forçant à opprimer leurs pairs pour être socialement acceptées, Orbán crée une société traumatisée. »

Klára, 64 ans, ancienne députée : « Sa stratégie est de désigner un ennemi, aujourd’hui ce sont les LGBT »

« En 2005, j’ai été la première responsable politique en Hongrie à faire mon coming-out en tant que lesbienne, durant une émission de télévision. Au sein de ma famille et de la classe politique, ce n’était un secret pour personne. Quand le journaliste m’a demandé si j’étais effectivement lesbienne, j’ai répondu : ‘Oui’. Mentir m’aurait fait honte.

Pourtant, je n’avais pas envie de devenir un symbole. Je n’étais pas du tout active dans la communauté LGBT et je voulais être reconnue pour mes compétences sur les réformes économiques et sociales. Mais évidemment, je le suis devenue. J’ai reçu des centaines de lettres d’électeurs ! Après ça, je n’ai plus occupé de fonctions au sein du bureau national de mon parti et je n’ai plus jamais été élue députée, sans que je sache si c’était directement lié à mon coming-out. J’ai arrêté la politique et désormais, je dirige une clinique à Budapest.

J’ai bien connu Viktor Orbán, avec qui j’ai cofondé le Fidesz [à la fin des années 1980, il s’agissait d’un parti de jeunes démocrates de centre-gauche anti-communistes]. Je ne crois pas qu’il soit sincèrement homophobe, il n’en a rien à faire au fond des personnes LGBT.

« Chacune de ses actions est une tactique politique afin de conserver le pouvoir. »

Sa stratégie est systématiquement de désigner un ennemi : aujourd’hui ce sont les LGBT, mais avant, c’était les chômeurs, les sans-abri, les migrants, l’Union européenne… L’objectif avec cette loi est aussi de diviser l’opposition, entre le Jobbik (droite) qui a voté pour le texte et les autres partis plus progressistes, qui ont voté contre ou se sont abstenus. »

Marton, 38 ans, directeur des ventes : « Un couple hétérosexuel passera toujours avant nous »

« J’ai rencontré mon mari [le mariage pour les gays et les lesbiennes n’existe pas en Hongrie, mais il est possible de se pacser depuis 2009], Adam, il y a dix ans lors d’une fête. Ça a été le coup de foudre. J’ai toujours su que je voulais avoir un enfant et lui aussi. En Hongrie, les couples gays ne sont pas autorisés à adopter, mais les personnes célibataires oui. En 2015, on a donc lancé la procédure pour que j’adopte en tant que personne seule.

Nous n’avons jamais caché à l’agence d’adoption et au psychologue chargé de m’évaluer que nous étions un couple d’hommes. Ça n’a pas posé de problème, et j’ai été déclaré apte à adopter. L’agence nous a néanmoins prévenu qu’un couple hétérosexuel nous passerait toujours devant et qu’il faudrait être patient. Nous avons attendu trois ans.

« En janvier 2018, on nous a proposé un garçon de 18 mois qui avait été refusé par 12 couples hétérosexuels. C’est comme ça que j’ai pu adopter Andréas. »

Comme nous aimerions avoir trois enfants, Adam a à son tour entamé la procédure d’adoption, en 2018. Mais en novembre 2020, le gouvernement hongrois a changé la législation : désormais, toutes les demandes d’adoption de personnes seules doivent passer par le ministère de la Famille pour être validées, même si elles ont déjà été approuvées par l’agence d’adoption. Ça n’est pas dit clairement, mais évidemment cette mesure permet de discriminer plus facilement les personnes LGBT. Comme mon mari et moi avons publiquement dénoncé cette loi, je crains que le gouvernement n’accède jamais à notre deuxième demande d’adoption. »

Csaba, 53 ans, concierge : « Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne »

« Je suis né en 1969 dans une petite ville dans l’ouest de la Hongrie. A l’époque, la télévision nationale hongroise était notre seul lien avec le reste du monde. Elle n’évoquait jamais l’homosexualité et mes parents, un réparateur et une femme de ménage, n’ont jamais abordé avec moi les questions de sexualité. Je ne savais même pas ce que voulait dire être gay. Pourtant, j’ai su très jeune que j’étais différent. Mais toute la journée, j’entendais des gens parler des ‘putains d’homos’, etc. Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne.

« Peut-être que si j’avais pu en parler à l’époque, ma vie aurait été différente. »

J’ai déménagé à Budapest à 23 ans en pensant que ça serait plus simple de se cacher dans une grande ville. Là-bas, j’ai finalement fait mon coming-out auprès de tout le monde, même mes collègues, et je n’ai jamais eu de souci. Mettre dans la même loi la pédophilie, qui est une mauvaise chose, et l’homosexualité, qui ne l’est pas, entraîne forcément une connexion entre les deux dans l’esprit des gens. Le pays est si divisé sur ce sujet et sur la politique en général, entre les partisans d’Orbán et les autres, que j’ai préféré déménager l’hiver dernier à Cologne, en Allemagne. »

Matteo, 22 ans, étudiant : « La loi interdit de parler d’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas »

« C’est compliqué de tenir la main de mon copain dans la rue, on ne peut jamais être à 100% nous-mêmes. En septembre, on se baladait dans le centre-ville de Budapest quand trois hommes d’une quarantaine d’années nous ont vus au loin et ont couru vers nous en nous insultant.

« J’ai dû attendre de déménager en Angleterre, en 2018, pour comprendre que j’étais gay et réaliser que c’était une option possible dans la vie. »

A Londres, où je suis parti faire mes études d’informatique, je n’ai pas l’impression de devoir faire attention à ce que je fais comme ici. Là-bas, tous mes amis savent que je suis gay. En Hongrie, je l’ai dit à ma famille qui l’a très bien pris, mais pas à tous mes amis d’enfance. Je ne suis pas certain de la réaction de certains d’entre eux, alors je préfère attendre.

La loi qui vient de passer interdit de discuter de l’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas ! C’est un véritable tabou. Mes amis gays qui vivent ici sont obligés de le cacher à leurs collègues, sinon ils savent qu’ils ne pourront jamais être promus. C’est pour ça que je ne me vois pas vivre en Hongrie plus tard. »

Anna, 38 ans, chercheuse et activiste : « Je ne me laisserai pas intimider »

« La loi qui dit ‘protéger les mineurs’ est tellement vague qu’elle n’est pas faite pour être appliquée, mais pour provoquer l’autocensure. Mais je ne crois pas au fait qu’elle entraîne beaucoup de changements. Les professeurs qui veulent aborder le sujet de l’homosexualité pourront le faire en montrant Friends ou Modern Family [deux séries américaines dont certains personnages sont LGBT+par exemple, en prétextant qu’il s’agit de progresser en anglais. Moi-même, en tant qu’enseignante, je ne me laisserai pas intimider et je continuerai d’aider mes élèves à découvrir qui ils sont.

« J’ai confiance en l’Union européenne pour forcer Orbán à reculer. »

En revanche, je crains qu’il utilise les sanctions européennes pour faire monter le sentiment anti-européen au point que la question de la sortie de l’UE se pose un jour. C’est quelque chose qui me fait très peur, car les femmes, la communauté LGBT et les minorités en Hongrie seraient abandonnées. Je pense que si ça arrive, nous serons très nombreux à partir vivre à l’étranger. »

Pourquoi vous ne vous sentez pas soutenu dans votre projet de reconversion

Diana Unlimited c’est lancer dans un projet de reconversion professionnelle à des allures de grand saut dans l’inconnu. Une situation plus facile à vivre quand on sent soutenu. Mais ce n’est pas toujours le cas. On vous explique le pourquoi et surtout comment. Voici les 5 signes qui montrent que vous ne me soutenez pas .

La vie du solopreneur n’est pas toujours si tranquille qu’on le croit et dans les remous, pour tenir bon, ça aide de se sentir soutenue, surtout par son entourage proche.

Il arrive pourtant que ce ne soit pas toujours le cas, et que nous ayons l’impression que notre entourage nous met plus de bâtons dans les roues qu’autre chose. Intentionnellement ou pas, d’ailleurs !

Et pour celles et ceux qui préfèrent lire :

On dit que pour réussir quand on lance son activité, on a besoin d’avoir autour de soi un cercle d’environ 10 personnes pour vous soutenir in-con-di-tio-nne-lle-ment. Cela inclus les personnes qui vivent sous le même toit que vous ou votre famille proche (sachant que les ami(e)s peuvent aussi faire partie de vos soutiens mais pas au même niveau).

Et pourtant il se peut que ce ne soit pas le cas et qu’ils le manifestent de différentes manières. Et dans ce cas, comment tenir bon ?

#1- Ces signes qui vous montrent que votre entourage ne vous soutient pas :

☹️ Les petites phrases (pas si) anodines que ça : du style « quand est-ce que tu te cherches un vrai travail », « eh bien, maintenant, tu vas pouvoir te chercher un travail » (hey, mais j’en ai un, de travail ! Même si je débute !) ou encore « Tu sais, les autres ont du mal, alors tu crois que tu vas pouvoir y arriver ? ».
Sous couvert de sollicitude (feinte ? sournoise ?), ça aurait plutôt tendance à vous décourager, non ?

☹️ La (glaciale) indifférence : dans ce cas, la personne ne montre aucun intérêt pour votre activité, elle ne vous pose jamais de question sur ce que vous faites. Limite si elle sait ce que vous faites, d’ailleurs…

☹️ Les bâtons… dans les roues (au lieu de vous soutenir) : dans ce cas, la personne en face de vous rajoute une contrainte supplémentaire à tout ce que vous avez déjà à faire : « Non, je ne vais pas pouvoir te déposer (comme prévu), va falloir que tu te débrouilles sans moi ». Super…

☹️Le manque de reconnaissance pour vos compétences : « oui, ben, tout ça, tout le monde peut le faire » ou « je peux le faire aussi bien que toi ». Ou à la suite d’un témoignage client : « c’est parce qu’il a voulu te faire plaisir ». En somme, vous n’êtes pas capable de faire quelque chose de bien dans votre activité !

☹️L’irrespect pour votre travail : un peu comme le précédent, mais là, au lieu de dénigrer vos talents, on vous dérange dans votre travail : arrivée impromptue dans votre bureau alors que vous êtes en vidéo-conférence, que vous aviez prévenu et fermé la porte, ou 10 appels + 5 sms alors que vous êtes en rendez-vous client…

Dans ces 2 derniers cas, le manque de soutien est un peu plus caractérisé, un peu plus frontal.

#2- Pourquoi cette attitude ?

– Si cela vient de votre ado, sachez que c’est tout à fait normal ! Les ados sont tournés vers leur monde, et votre entreprise n’en fait pas partie.

– Pour les autres, cela oscille entre la jalousie (eh oui, même dans votre famille !) et la peur que vous preniez trop de place dans la famille, que vous n’attiriez trop de lumière sur vous. En tout cas, quand les comportements cités plus haut sont récurrents.

#3- Comment tenir malgré tout ?

  •  Évidemment, on aurait envie de dire qu’il vaut mieux fuir ces personnes. Impossible, car elles font partie de votre famille… Dans ce cas, je préfère rester lisse, et d’éviter de parler de mon activité, de toute façon, je ne reçois rien de positif. Il faut donc que j’aille chercher un soutien à l’extérieur (Fondation, networking, coach…)
  • J’utilise mes chiffres et d’en faire part que ce dont j’en ai besoin : un « tu sais, j’ai doublé mon chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière » est assez radical pour contrer ce manque de soutien (et ce, même si mes chiffres sont petits ! Pas besoin de claironner le montant, restez général…
  • Je reste focalisée sur mes objectifs et ma vision d’entrepreneur, à condition de les mettre par écrit et que les rendus concrets pour en faire mes meilleurs alliés, et les intégrer dans votre cercle de soutien.

Je sais que ce n’est pas facile d’avoir élaboré sa vision d’entrepreneur, c’est pour cela que je vous invite à me soutenir en ce moment sur le concours prix moovje pour que je puisse réaliser mon rêve, un simple j’aime. Vous êtes 6680 Abonné(es) à mon actif, si vous êtes autant, c’est que vous croyez en moi.

Le choix de l’avenir : quel choix faire 

Dans un monde en profonde mutation, la France peut encore tirer son épingle du jeu digital. Le choix du prochain président de la République sera déterminant.

Le choix de l’avenir : quel choix faire 

Après les Anglais, les Américains, les Italiens, les Néerlandais, pour ne parler que d’un passé récent, les Français ont rendez-vous, à leur tour, avec leur avenir. L’occasion nous est donnée de reprendre en main le récit de notre histoire. Dans un monde en profonde mutation, où désormais tous les êtres humains vivent dans le même temps digital, à un tweet l’un de l’autre, où nous gagnons un trimestre d’espérance de vie chaque année, où la notion de travail est en pleine redéfinition et les modèles anciens profondément remis en cause, les raisons d’être déboussolé ne manquent pas. 

Nous sommes au cœur d’un changement de civilisation. Feindre de l’ignorer serait pure folie. L’Europe doit faire face aujourd’hui à deux puissances numériques particulièrement efficientes. D’un côté, les Etats-Unis d’Amérique, démocratie dérégulée, soutient ses entreprises dont les fleurons, à l’instar de Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft, états numériques dans l’Etat, ont une capitalisation boursière, chacune supérieure à 400 milliards de dollar, soit autant ou plus que le produit intérieur brut d’un pays comme l’Autriche. Et aux antipodes, l’Asie-Pacifique et la Chine, régimes plus autoritaires certes mais de plus en plus libéralisés, soutiennent sans faille leurs entreprises. Même si elles nous sont, pour l’instant, un peu moins familières (Baidu, Alibaba, Tencent).

Face à ces deux continents digitaux, l’Europe semble empêtrée dans sa réglementation, en panne d’innovation et en manque de confiance. Alors que nous avons toutes les qualités pour devenir le grenier numérique du monde : des formations mathématiques parmi les plus recherchées et particulièrement adaptées pour affronter la “plateformisation” de l’économie dirigée par les algorithmes, une langue, le français, qui sera plus parlée au monde que l’espagnol à l’horizon 2030, une culture pour ne pas dire une “french touch” et des marques reconnues et recherchées. De fait, nous avons toutes les qualités pour repartir à la conquête du monde.

Nos concitoyens ont conscience de ce changement de paradigme. Eux qui ont parfois le sentiment d’être mieux traités par les marques en leur qualité de consommateurs qu’ils ne le sont en tant que salariés par leurs employeurs ou en tant que citoyens par la puissance publique. 

Et c’est en cela qu’il y a un profond décalage entre les citoyens et leurs dirigeants qui de fait semblent très en retard pour ne pas dire en décrochage. La société ne rejette pas ses élites. Elle les devance. Désormais, nous aimerions que tout fonctionne aussi bien qu’un simple échange de SMS.

La question n’est pas tant de savoir s’il faut rassurer en parlant du passé et de nos racines ou effrayer en évoquant le futur. La réalité est que les Français ont déjà le regard tourné vers l’avenir et qu’ils cherchent celui ou celle le plus à même de les y emmener pour construire.

L’enjeu est la subsistance même de notre Nation. Et pour cela, il ne s’agit pas de monter les anciens contre les modernes, les jeunes contre les plus âgés, les fonctionnaires contre les entrepreneurs, etc… 

Il faut au contraire rassembler et faire œuvre de concorde, de curiosité et d’ouverture, pour que puisse émerger les talents que recèle notre pays. Pour cela, la candidature Marine Le Pen me semble la plus porteuse d’espoir outre le fait qu’elle incarne un saut générationnel, parfaitement au centre de notre société quand on sait que l’âge moyen et médian en France est de 39 ans. 

Il est encore temps pour notre pays de se rassembler, de porter nos valeurs humaines, d’une incroyable modernité, en faisant le pari de la liberté.

Ce qu’il faut retenir de l’actualité à la-journée de ce samedi 12 mars

Les associations nord-iséroises d’accueil de réfugiés en première ligne avec la guerre en Ukraine ; une fromagerie en lice au championnat de France de fondue ; un salon pour les gourmands à Vienne … Voici ce qu’il faut savoir dans l’actualité nord-iséroise en ce samedi 12 mars.

Ce qu’il faut retenir de l’actualité à la-journée de ce samedi 12 mars

Plusieurs associations nord-iséroises viennent en aide aux réfugiés, notamment depuis la guerre en Syrie. Aujourd’hui, elles savent quel parcours et quelles solutions elles doivent proposer à ces personnes pour qu’elles reprennent leur souffle et s’acclimatent, à terme, à la société française.

Guerre en Ukraine : à Pajay, Gabriel Attal au chevet des secteurs les plus touchés

Le porte-parole du gouvernement et secrétaire d’État auprès du Premier ministre s’est rendu ce vendredi 11 mars à Pajay pour rencontrer des agriculteurs et des chefs d’entreprise directement impactés par la crise en Ukraine. Bilan : le climat est morose.

Montferrat : la fromagerie Beaudé veut mitonner la meilleur fondue de France

Dimanche 13 mars à Montréjeau (Haute-Garonne), Philippe et Marine Beaudé participeront à la première édition du championnat de France de fondue. Ils représenteront le savoir-faire de la fromagerie qui porte leur nom, installée à Montferrat depuis 1919.

« Ce n’est pas de ma faute si je suis né là-bas » : l’épicier russe de Bourgoin contre la guerre en Ukraine

« Spécialités de la Russie, du Caucase et des pays de l’Est » : voici ce qu’on lit au-dessus des trois poupées russes reproduites sur une partie de la devanture de l’épicerie Matrioshka. Le magasin, géré par un jeune couple russe, a ouvert il y a quatre ans rue Robert-Belmont. Alors que la Russie a attaqué l’Ukraine, comment vivent-ils la situation ?

Vienne : un Choco Show pour les fondus de chocolat et au profit des enfants malades

Organisée par le Kiwanis Club de Vienne La Romaine, la 8e édition du Choco Show a lieu ce samedi 12 et ce dimanche 13 mars. Au bénéfice de la recherche sur les maladies rares infantiles.

Espérer : les choix d’avenir la détermination personnelle et le courage d’oser

Comment communiquer avec l’avenir ? C’est impossible intrinsèquement ou l’avenir ressemblerait au présent, et on ne l’écouterait pas, ou il serait différent, et son enseignement, dans ce cas, n’aurait aucun sens.

By Diana ABDOU

Le 23 février 2022

Là où se prépare l’avenir d’une nation ou d’une communauté internationale, il importe que le Quart Monde en soit partie prenante. S’il ne l’est pas aujourd’hui au temps des projets, il ne le sera pas demain au temps des changements. Nous appelons notre avenir l’ombre de lui-même que notre passé projette devant nous…


Chaque être est libre de ses choix, c’est ce qu’il s’appelle le libre-arbitre. Nous pouvons les guider et les soutenir, mais nous sommes les seuls maîtres, capables de décider vers quel chemin nous diriger.

Choisir fait partie de notre quotidien

Certains choix s’imposent d’eux-mêmes et font partie de notre routine de vie. Ils nous créent peu ou pas de stress. Par exemple : nos vêtements, nos repas, les références pour réaliser un travail scolaire, les personnes avec qui on fera équipe, etc. Souvent, ces choix nous stimulent et satisfont notre besoin de changement.

Cependant, à certains moments, il nous faut prendre un peu de recul, nous donner du temps et évaluer les pour et les contre de certaines décisions, car leurs conséquences sont plus importantes. Par exemple : les cours à options (mathématiques, sciences, arts, etc.), l’achat d’un bien dispendieux, la recherche d’un logement et, bien sûr, le choix de son avenir.

Choisir à sa façon

Malheureusement, il n’y a pas de modèle idéal pour faire un choix professionnel. Différentes approches  peuvent vous aider, mais tous les professionnels de l’orientation vous diront qu’il est important de bien se connaître et d’explorer le monde du travail pour énoncer quelques solutions de rechange souhaitables.

Quel est votre profil de décideur?

Pour vous aider à diriger votre propre recherche, je vous propose un petit exercice qui consiste à faire un parallèle entre votre profil de consommateur et les étapes d’une démarche d’orientation.

1. Votre profil de consommateur

Supposons que vous devez acheter un ordinateur (l’exercice fonctionnerait aussi avec une voiture, un téléphone, etc.). Comment vous y prenez-vous pour faire un choix éclairé et fidèle à vos besoins? Notez les comportements que vous êtes susceptible d’adopter.

1. Je lis des livres, des journaux, des revues et des blogues spécialisés en matériel électronique et je visionne des chroniques sur le sujet.

2. Je pose beaucoup de questions à des personnes qui s’y connaissent dans le domaine.

3. J’énumère les caractéristiques que je souhaite retrouver dans mon futur ordinateur.

4. Je fixe des priorités selon l’usage que je prévois en faire.

5. Je fixe un prix d’achat maximum qui respecte ma capacité à payer.

6. Je visite plusieurs boutiques spécialisées en matériel électronique.

7. J’essaie plusieurs modèles en magasin.

8. Je m’intéresse aux caractéristiques techniques et à la performance de l’ordinateur.

9. Je m’adresse à un vendeur en qui j’ai confiance.

10. Je m’en tiens à une catégorie d’appareils qui répond à mes besoins.

11. Je compare les prix de vente de différents produits.

12. Je m’informe sur les garanties et les protections offertes à l’achat.

13. Je tente de négocier le prix d’achat.

14. Je lis toutes les clauses du contrat d’achat avant de m’engager.

15. Je m’informe de mes droits en tant que consommateur et m’assure d’obtenir toutes les protections possibles.

2. Votre profil de chercheur d’orientation

Voici maintenant une liste de comportements correspondant à une démarche d’orientation. Chaque comportement correspond à un numéro de l’exercice précédent. Notez les comportements que vous êtes susceptible d’adopter.

1. Je consulte plusieurs sources d’informations sur l’orientation (livres, articles, sites Web, vidéos, etc.)

2. Je pose beaucoup de questions à des personnes susceptibles de me renseigner sur les options qui m’intéressent.

3. Je fais le bilan de mon profil personnel en utilisant des outils appropriés.

4. Je me fixe des priorités selon les solutions de rechange possibles et je privilégie des critères bien précis dans ma recherche.

5. J’évalue le coût des études (frais de scolarité, transport, logement, etc.) avant de choisir un établissement.

6. Je visite un salon de l’éducation et de l’emploi et je me rends aux portes ouvertes des établissements scolaires dans lesquels j’aimerais étudier.

7. Je visite des entreprises, je rencontre des travailleurs et je participe à des stages d’un jour (ex. : étudiant d’un jour).

8. Je note les avantages, les inconvénients, les conditions de travail et les perspectives d’emploi des options explorées.

9. Je consulte un professionnel de l’orientation (conseiller d’orientation, conseiller en information scolaire et professionnelle, conseiller en emploi, etc.).

10. Je tiens compte de mes habiletés et de mes caractéristiques personnelles dans mon choix.

11. Je compare les informations se rapportant à différents programmes d’études.

12. J’opte pour des projets d’études pour lesquels j’ai de réelles chances d’être admis.

13. Je compare les caractéristiques d’un même programme dans plusieurs établissements où il est offert.

14. Je m’assure de connaître toutes les procédures d’admission avant de faire ma demande.

15. Je m’informe des services offerts par l’établissement et de mes responsabilités en tant qu’étudiant.

Vous reconnaissez-vous?

Comparez votre profil de consommateur et votre profil de chercheur d’orientation. Avez-vous choisi les mêmes énoncés?

Cet exercice se veut une invitation à franchir toutes les étapes d’une démarche d’orientation et à ajuster votre stratégie, si cela vous inspire. Chose certaine, il faut y mettre du temps et de la volonté pour atteindre ses objectifs!

La vie est un choix. Du matin au soir, tous les jours. A qui l’on parle, où l’on s’assoit, ce que l’on dit, comment on le dit. Notre vie est définie par nos choix. C’est aussi simple et aussi complexe que cela. Et aussi fort.

L’obsession française pour le star système : peut-on y échapper

La technique commerciale qui consiste à vendre certains produits en publicisant la personnalité privée de certains individus prend son origine dans ce qu’Hollywood a appelé le « star system ». L’industrie de la culture et des médias a généralisé le procédé : son extension a transformé des personnalités de toutes sortes en « stars », c’est-à-dire en images vivantes et rémunératrices. La concurrence a alors conduit à des formes variées d’altérations de l’obsession française pour le star système : peut-on y échapper, particulièrement présentes à la télévision.

L’obsession française pour le star système : peut-on y échapper


J’appellerai people une tendance des médias contemporains à utiliser de façon systématique d’une part les ressorts et les actes de la personnalité et de la vie privée et d’autre part les comportements et les langages familiers en général attribués à la sphère privée : cette définition très large doit suffire à la présente recherche sur l’histoire de cet usage médiatique. Le terme décisif en est « de façon systématique ». Car bien entendu les « actes de la vie privée » ont de tout temps réussi à trouver le chemin de la sphère publique.

Arlette Farge (1986) a par exemple montré combien la vie privée était omniprésente au XVIIIe siècle y compris dans la sphère politique. Mais l’emploi rationalisé d’arguments touchant à la vie privée, aux sentiments et aux comportements qu’elle est réputée abriter ne prend son essor qu’au début du XXe siècle. Il est attaché à une conception commerciale de la production culturelle, dont je crois qu’il est intéressant de rappeler la logique si l’on veut saisir sa généralisation ou peut-être faut-il dire sa dissémination actuelle.

On dit d’une personne connue qu’elle est célèbre, populaire par opposition à une personne inconnue, anonyme ou ordinaire.

La célébrité, le succès peuvent rendre la vie difficile. La réputation d’une vedette ou d’une star peut parfois devenir un inconvénient pour l’artiste. On imagine facilement que la vie d’une vedette est bien différente de la vie ordinaire parce que tous ses actes deviennent publics.

Certains artistes connus préfèrent être sous les projecteurs mais d’autres choisissent de rester dans l’ombre, c’est-à-dire anonymes et discrets.

Tout le monde rêve d’être un jour célèbre, certaines personnes ordinaires n’y arriveront jamais. Pourtant le familier, la banalité et le quotidien ordinaire ont aussi des avantages : le bien-être et la tranquillité par exemple.

C’est dur la vie d’artiste ! est une expression courante qui montre les conséquences négatives de la célébrité qui n’est pas toujours facile à gérer.

Voici quelques expressions utilisées pour décrire les personnalités qui ont du succès :

  • être sous les feux de la rampe
  • être sur le devant de la scène
  • être une bête de scène
  • être une star

On dit souvent d’un artiste qui veut préserver sa vie privée, qu’il est modeste. Est-ce vraiment la vérité ?

À peine éveillé, chaque utilisateur se précipite sur son écran pour regarder ses rêves ; bientôt, les rêves deviennent une obsession, les gens les collectionnent et sont happés, toute la journée, devant les mirages de la nuit.

Qu’on ne s’y trompe pas : la situation de la France est grave. Notre pays est encore très riche, doté d’immenses atouts. Il doit cependant comprendre qu’il est menacé de déclin, par son endettement, son chômage et son insuffisante préparation à l’économie du savoir. Il conserve, pour quelque temps encore, les moyens de retrouver les chemins de la croissance, de l’équité et du bien-être de toutes ses stars.

Comme la première fois, nous avons travaillé avec une seule obsession : penser et parler au nom des générations à venir, celles qui n’ont pas encore la parole. Pour dire aux générations aujourd’hui au pouvoir, dans l’État, les entreprises et la société civile, ce que nous pensons qu’elles doivent accomplir pour laisser à leurs successeurs une France harmonieuse, libre et riche.

Autant l’admettre : dans une société où compte avant tout l’écoulement des produits, où la logique consumériste s’étend à tous les domaines de la vie, où l’évanouissement des idéaux laisse le champ libre à toutes les névroses, où règnent à la fois les fantasmes de toute-puissance et une très vieille haine du corps, surtout lorsqu’il est féminin, nous n’avons quasiment aucune chance de vivre les soins de beauté dans le climat de sérénité idyllique que nous vend l’illusion publicitaire.

Pourtant, même si l’on soupire de temps à autre contre des normes tyranniques, la réalité de ce que recouvrent les préoccupations esthétiques chez les femmes fait l’objet d’un déni stupéfiant. L’image de la femme équilibrée, épanouie, à la fois active et séductrice, se démenant pour ne rater aucune des opportunités que lui offre notre monde moderne et égalitaire, constitue une sorte de vérité officielle à laquelle personne ne semble vouloir renoncer.

Au-delà des belles images, l’omniprésence de modèles inatteignables enferme nombre de femmes dans la haine d’elles-mêmes, dans des spirales ruineuses et destructrices où elles laissent une quantité d’énergie exorbitante. L’obsession de la minceur trahit une condamnation persistante du féminin, un sentiment de culpabilité obscur et ravageur. La crainte d’être laissée pour compte fait naître le projet de refaçonner par la chirurgie un corps perçu comme une matière inerte, désenchantée, malléable à merci, un objet extérieur avec lequel le soi ne s’identifie en aucune manière. Enfin, la mondialisation des industries cosmétiques et des groupes de médias aboutit à répandre sur toute la planète le modèle unique de la blancheur, réactivant parfois des hiérarchies locales délétères.

Notre thèse sera ici que la célébration de « l’obsession française pour le star système : peut-on y échapper  », que l’on a vu resurgir, en même temps que la condamnation du « puritanisme américain », lors des affaires Polanski et Strauss-Kahn, en 2009 et en 2011, traduit le désir de maintenir les femmes dans une position sociale et intellectuelle subalterne ; elle est, pour ceux qui la défendent, une manière de nier la subjectivité féminine et de protéger leur monopole de la péroraison.

On a affaire avec ces discours à une banale réaction antiféministe, qui fait semblant de confondre remise en cause d’un ordre social et hostilité envers les hommes. Alors que ses prédécesseurs avaient simplement travesti ce postulat en chauvinisme, Badinter, en 2003, a réussi la prouesse de le travestir en féminisme ; elle s’est d’ailleurs référée à La Tentation de l’innocence de Bruckner dès les premières pages de Fausse route. Dans son attitude, le réflexe de classe et la mise à distance dédaigneuse de la masse des femmes prennent clairement le pas sur la démarche féministe. La journaliste Sylvie Barbier nous livre le résultat de cette opération idéologique, tel qu’on le retrouve dans la bouche du directeur d’un magazine féminin s’adressant à sa rédactrice en chef : « La guerre des sexes c’est fini, les psychos qui se moquent des hommes aussi, on rêve de réconciliation, non ? Françoise, excuse, Évelyne [sic] Badinter elle-même l’affirme : le vrai féminisme, c’est un combat qui doit se mener avec les hommes, pas contre eux. La lutte pour l’autonomie est également terminée, nous allons tourner la page et projeter une vision réconciliée de la féminité. »

À ce conservatisme viscéral s’ajoute le fait que la femme française est un trésor national, quasiment une marque déposée. Elle a pour noble mission de perpétuer l’image d’élégance associée au pays, ne serait-ce que pour servir le rayonnement international des deux géants français du luxe, Moët Hennessy Louis Vuitton (LVMH), le groupe de Bernard Arnault, et Pinault Printemps Redoute (PPR), celui de François Pinault (propriétaire notamment de Gucci et d’Yves Saint Laurent). En a encore témoigné, en 2005, le succès mondial du livre de Mireille Guiliano, French Women Don’t Get Fat (« Les femmes françaises ne grossissent pas »). L’ancienne P-DG des champagnes Veuve Clicquot (groupe LVMH) aux États-Unis y recommande « le pain, le champagne, le chocolat et l’amour comme les ingrédients clés d’une vie et d’un régime équilibrés ». Idée géniale : exploiter en même temps la fascination des Américains pour les clichés sur l’art de vivre à la française, l’obsession des femmes pour les régimes et leur goût des « secrets » partagés (elles en ont bien besoin, les pauvres). Quant à la figure mythique de la Parisienne, elle est incarnée par Inès de la Fressange, mannequin vedette de Chanel dans les années 1980 et modèle pour le buste de Marianne en 1989. En 2011, son guide La Parisienne – cosigné avec une journaliste de Elle –, mélange de conseils vestimentaires et de bonnes adresses, grand succès de librairie, s’est exporté en Grande-Bretagne et aux États-Unis. On y apprend par exemple qu’il ne faut pas porter un collier en diamants « sur une robe noire le soir », mais « sur une chemise en jean le jour ». Ce qui, personnellement, m’a évité de commettre un terrible impair.

Toutefois, il faut bien l’avouer : une fois qu’on a lu Susan Bordo, Eve Ensler, Laurie Essig, Susan Faludi ou Naomi Wolf, la Parisienne apparaît pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une sorte de Nadine de Rothschild en moins joufflue et en plus chic. Même celle qui prête le plus le flanc à la caricature, Naomi Wolf, auteure en 1991 du best-seller The Beauty Myth (« Le mythe de la beauté »), multiplie les intuitions et les analyses brillantes. On regrette, en refermant les livres de toutes ces essayistes remarquables, qu’elles n’aient jamais été traduites en français – à l’exception d’Ensler, grâce au succès mondial des Monologues du vagin. Il est vrai que si elles l’étaient, les Françaises pourraient bien s’inspirer de leur intelligence flamboyante, de leur clairvoyance, de leur humour, du mélange de rigueur et de passion avec lequel elles prennent à bras-le-corps la réalité dans laquelle elles sont plongées, transformant des préoccupations intimes en souci du bien commun, forgeant de puissants outils de compréhension et de libération pour toutes. Elles pourraient commencer à raisonner, à contester ; elles pourraient se mettre en tête de devenir des personnes, les insolentes. Puisse le ciel nous épargner encore longtemps le catastrophe de l’obsession française pour le star système : peut-on y échapper.

De l'espoir à la panne générale
@Presse / De l’espoir à la panne générale

De l’espoir à la panne générale

Il semble que l’année qui vient de s’écouler aura aussi mené les jeunes à approfondir leur démarche et à réfléchir plus longuement avant de prendre une décision.

%d blogueurs aiment cette page :