Killing eve, la série anglaise diffusée sur netflix biographie sandra oh

Sandra Oh est de retour ! Pas dans la suite de “Grey’s Anatomy, mais dans une nouvelle série BBC America intitulée “Killing Eve”. L’actrice échange le bistouri contre les armes à feu dans son nouveau rôle d’agent secret. La série sera diffusée sur la chaîne américaine à partir du 8 avril 2018. Pourquoi on a hâte de voir cette nouvelle série d’espionnage ? Parce qu’elle repense le genre dans sa version féminine. Bye bye le cliché des mâles espions qui s’enfilent des whiskys secs entre deux missions, et bonjour les héroïnes badass.

Depuis 2005, la série Grey’s Anatomy a vu défiler de nombreux acteurs. Certains sont restés longtemps, d’autres moins. Comment ont-ils négocié l’après Grey’s ?

Sandra Oh

  • Métier : actrice
  • Nom réel : Sandra Oh
  • Signe : Cancer
  • Date de naissance : mardi 20 juillet 1971 (age: 48 ans)
  • Pays : Canada

BIOGRAPHIE


Sandra Oh voit le jour le 20 juillet 1971 à Ottawa au Canada, au sein d’une famille d’origine coréenne. Très sportive, elle commence la danse classique dès l’âge de quatre ans. Plus tard, elle pratique le volley-ball et le ski. Mais, à l’adolescence, la jeune fille se passionne avant tout pour le théâtre. En 1988, elle remporte le titre de vice-championne de théâtre d’improvisation au Canada. Elle intègre la National theatre school of Canada à Montréal et poursuit sa formation artistique pendant trois ans. 

En 1993, elle obtient le premier rôle dans le téléfilm The diary of Evelyn Lau, dans lequel elle incarne une toxicomane. Ce rôle lui vaut de nombreux prix au Canada, et lui permet de recevoir l’année suivante le Fipa d’or de la meilleure actrice lors du Festival de Cannes FIPA 1994. Son talent remarqué, elle obtient son premier rôle au cinéma avec Double Happiness en 1995. 

La jeune actrice surfe sur sa notoriété grandissante et s’installe à Hollywood. En 1996, Elle décroche un rôle récurrent dans la série Arliss, série sur les coulisses du business et du sport dans laquelle elle apparaît jusqu’en 2002. Parallèlement, elle poursuit sa carrière sur grand écran; Last Night (1998), Princesse malgré elle (2001), Sous le soleil de Toscane (2003) et surtout Sideways (2004), qui la révèle au grand public.

Présente dès le début de Grey’s Anatomy dans le rôle de Cristina Yang, Sandra Oh au bout de 10 saisons, estimant avoir fait le tour de son personnage. La canadienne a rejoint ensuite la série Killing Eve : c’est un véritable succès puisque sa prestation lui vaut de nombreux prix et nominations. Elle est aussi passée dans quelques épisodes de la saison 3 d’American Crime. Depuis, les fans de Grey’s Anatomy gardent l’espoir de la voir revenir dans la série mais elle a toujours refusé un retour dans le drame hospitalier qui l’a fait connaître. La série fait un véritable carton d’audience et Sandra Oh reçoit un Golden Globe Award et un Screen Actors Guild Award pour sa performance. Puis en 2014 elle décide de quitter la série à la fin de la dixième saison afin de se consacrer à d’autres projets. Au cinéma, elle enchaîne les rôles; Rabbit Hole (2011), Tammy (2014), Catfight (2016), Medidation Park (2017)…

L’occasion de découvrir le personnage étonnant de l’une des deux héroïnes, la tueuse en série troublante qui fascine tant Eve Polastri. Si elle tue plus vite que son ombre, avec des méthodes généralement très personnelles, la jeune fille a une passion beaucoup plus saine : elle adore la mode ! De quoi lui donner un grain de folie beaucoup plus sympathique que ses pulsions meurtrières. Tailleur, trench ou encore cette magnifique robe de tulle rose, Villanelle ose tout et avec goût ! Oubliez le côté sombre des tueurs psychopathes, Villanelle est tout l’opposé. Jeune, belle, drôle et stylée, la jeune femme détonne. Acheteuse compulsive, elle apparaît dans des tenues plus belles les unes que les autres, dignes d’un défilé de mode, parée pour affronter toute situation.

En avril 2018, Sandra Oh fait son retour sur le petit écran dans la série Killing Eve sous les traits d’une espionne.

Killing Eve, la série anglaise diffusée sur Canal+ et myCANAL en France, cartonne. Depuis trois saisons, les aventures d’Eve Polastri, incarnée par Sandra Oh, qui promet que “la saison 3 est celle du changement pour Eve !” et Villanelle, interprétée par Jodie Comer, passionnent les téléspectateurs. Ce thriller psychologique imaginé par Phoebe Waller-Bridge met en scène un jeu du chat et de la souris entre la première, agent du service des renseignements secrets britanniques, et la seconde, tueuse en série. Killing Eve a d’ailleurs remporté de nombreux prix, dont trois lors de la cérémonie des BAFTA en Angleterre.

Cocorico ! Une actrice française au casting de la saison 3.

Selon le site américain Entertainment WeeklyGemma Whelan, qui a incarné Yara Greyjoy dans Game of Thrones et Predrag Bjelac, qui a jouéIgor Karkaroffdans Harry Potter et la Coupe de feu, vont intégrer la saison 3 de Killing Eve. Ces deux noms s’ajoutent à la longue liste des guests déjà annoncés : Steve Pemberton (Happy Valley), Raj Bajaj (Doctor Who), Turlough Convery (Ready Player One) ou encore Evgenia Dodina (Une semaine et un jour). Et cerise sur le gâteau, la française Camille Cottin (Dix pour cent) sera elle aussi de la partie ! Serait-ce sa participation à la fiction Mouche (elle même adaptée de la série britannique Fleabag) qui lui aurait ouvert les portes de Killing Eve ? Il est fort probable que oui ! Puisque Phoebe Waller-Bridge est très proche des productions de ces deux séries britanniques et que les deux femmes ont été en contact lors de la conception de la série Mouche.

Sandra Oh toujours aussi enthousiaste à l’idée de jouer dans Killing Eve…

Dans une interview qu’elle a accordée, Sandra Oha déclaré être très “chanceuse d’avoir pu décrocher deux séries, Grey’s Anatomy puis Killing Eve, qui sont devenues de vrais phénomènes”. Celle qui a incarné la docteur Cristina Yang ajoute aussi que son personnage dans Killing Eve allait passer “par une phase de grosse remise en question” dans cette saison 3 qu’elle caractérise comme étant “la saison du changement”. De quoi nous donner inlassablement envie de binge-watcher les nouveaux épisodes à vitesse grand V.

Si, depuis son départ, Sandra Oh s’est fait discrète, elle s’apprête bientôt à revenir dans une nouvelle série, Killing Eve. Dans un rôle différent de celui qui l’a fait connaître, elle interprète Eve, un agent de sécurité qui ne parvient pas à réaliser son rêve d’être une espionne. Un jour, elle se retrouve à devoir traquer une tueuse psychopathe. Pour l’occasion, l’actrice a accordé une interview au site américain Entertainment Weekly, où la journaliste en profite pour l’interroger sur un éventuel retour dans Grey’s Anatomy.

C’est vraiment drôle. Chaque année, j’entends que je reviens dans la série. Comme pour de vrai. Mais ce dont je me rends compte, c’est que je suis vraiment heureuse et reconnaissante que la série continue son chemin, et que les gens qui sont toujours attachés à la série, sont toujours attachés à Cristina. Cela signifie beaucoup pour moi“, explique Sandra Oh. Ne répondant pas vraiment à la question, la journaliste insiste et la comédienne finit par donner son avis : “Je ne suis pas sûre. Je suppose que je ne peux pas vraiment y répondre maintenant, car je suis tellement dévouée à Eve. L’idée de revenir dans les chaussures de Cristina, ne me semble pas être le bon moment. Mais honnêtement, qui sait combien de temps Grey’s Anatomy va durer ?

Sandra Oh ne ferme donc pas la porte à un potentiel retour mais il ne semble pas que celui-ci arrive dans un futur proche !

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Le côté désintéressé de la force : Les femmes au cœur de la vérité

L’opinion la plus commune veut que nous agissions toujours pour satisfaire un intérêt particulier. Ce serait donc, en un sens, l’égoïsme qui nous déterminerait à agir. La rubrique des « faits divers » ne confirme-t-elle pas d’ailleurs cette première impression, qui décline dans les plus hautes sphères de l’État, politiques, administratives et financières, et à travers les plus attristants scandales, sempiternellement le même fléau, celui, bien sûr, de la corruption ?

Le côté désintéressé de la force : Les femmes au cœur de l'innovation
@Presse / moneytalksnews.com

C’est dire comme jusque dans nos actions prétendument les plus désintéressées plane le plus inquiétant soupçon touchant leur rectitude morale. Pourtant, s’il est clair que nous serions bien naïfs de croire les hommes toujours sincères en leur aveu de vertu, faut-il pour autant renoncer à penser, premièrement la nature propre de l’action morale, et deuxièmement la possibilité d’une telle action ? Les hommes sont-ils absolument incapables de sacrifice, d’abnégation, de charité librement consentie ?

Que penser, alors, des héros, des martyrs et des saints ? Ne sont-ils que des imposteurs et des prestidigitateurs tentant vainement de maquiller leurs désirs, condamnés à agir encore et toujours par intérêt ? Mais dans ce cas, comment expliquer qu’ils aient pu délibérément choisir de se perdre ? Il y a là un problème qui mérite toute notre attention, et qui nous amènera pour ainsi dire à jouer Mandeville et Smith – et dans leur sillage Bentham – contre Kant. D’un côté donc la passion et son utilité sociale, l’égoïsme, que Luther déjà inscrivit au cœur de la réalité humaine, et de l’autre la vertu, le désintéressement et l’hypothétique force de l’idée du devoir vers quoi tend ce qui seul semble pouvoir la fonder, à savoir l’idée d’une force de l’idée [1]

La vérité est une valeur honorée dans nos sociétés. Depuis que nous sommes enfants, la communauté nous répète qu’il faut dire la vérité. Mais pourquoi la vérité est-elle toujours demandée et recherchée? Le terme de vérité est un terme difficile à appréhender, son sens fluctuant dans l’histoire de la philosophie.

Une recherche de la vérité doit donc s’accompagner d’une réflexion critique, ce que la philosophie permet de faire.
Si il y a toujours des passions qui sous-tendent la recherche de la vérité, il est néanmoins nécessaire de les maîtriser et d’en prendre conscience.

Psychologies : Qu’est-ce qui vous a conduites, l’une et l’autre, à interroger la force des femmes ?

Sophie Cadalen : On a beau considérer l’égalité des sexes comme un acquis indiscutable, femme et pouvoir continuent d’être des termes antinomiques. Celles qui l’exercent sont accusées d’être « phalliques », comme si cette autorité appartenait nécessairement aux hommes. Dans ma pratique, je suis frappée de voir combien les femmes, toutes générations confondues, continuent de se heurter à des représentations du féminin qui les ligotent, les plongent dans des questionnements qui peuvent paraître dérisoires, mais qui sont terribles : est-ce que je peux coucher avec cet homme ? Est-ce que je peux laisser mes enfants, prendre du temps pour moi, gagner plus que mon conjoint ?… La psychanalyse est une entreprise de libération. On se cogne fatalement aux images et lieux communs qui freinent notre émancipation. À mon sens, la vraie puissance, celle qui nous rend charismatiques, motivés et motivants, c’est d’oser nos désirs profonds indépendamment de ce que nous croyons devoir être en tant que femme ou homme.

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Diana Unlimited Hors série

Toute l’actualité en France et à l’international, décryptages et débats. L’Humanité, ♦ Désintoxication ♦ Invention ♦ Diabolisation ♦ Diversion. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes. Qui peut faire appel au coeur des hommes avec plus d’efficacité que la femme.. DIANA UNLIMITED FAUNES ET FEMMES MAGAZINE est un magazine web qui place la femme au cœur de sa ligne rédactionnelle. Vous pouvez découvrir en temps réel toute l’actualité concernant les femmes et les actes qui les concernent. Quelles sont les rubriques de ce magazine féminin ? Pourquoi devriez-vous découvrir Culture Femme ? Ci-dessous quelques mots sur ce magazine web.

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Valérie Colin-Simard : Cette question de la puissance du féminin, je l’ai rencontrée dans mon propre parcours. Elle s’est posée à ma mère et à ma grand-mère avant moi. Ma grand-mère était non seulement licenciée ès sciences, mais aussi l’assistante de Marie Curie. Lorsqu’elle s’est mariée, mon grand-père l’a obligée à s’arrêter de travailler. À l’inverse, c’est ma mère qui pourvoyait à nos besoins, car mon père avait eu un accident cérébral. Elle m’a élevée dans l’idée qu’il fallait être indépendante financièrement, réussir professionnellement, serrer les dents. Elle était passée du côté des hommes, et je me souviens qu’elle regardait avec la plus grande condescendance ses amies femmes au foyer. Elle m’a ainsi transmis son mépris de ce qui, en moi, ressemblait de près ou de loin à une femme. Dans un premier temps, j’ai suivi le même chemin. Aujourd’hui, dans mon cabinet, je suis sidérée de voir le nombre de femmes qui, même brillantes professionnellement, s’accordent peu de valeur.

Comme moi autrefois, elles ont intériorisé les seules valeurs masculines de performance, de rationalité, de rentabilité, d’efficacité… et trouvent dévalorisantes celles que l’on associe au féminin. Par exemple, elles se coupent de ce qu’elles ressentent. Pour beaucoup d’entre elles, seul compte l’intellect. Des mots comme douceur ou vulnérabilité sont presque devenus des insultes. Et pourtant, exprimer ce que nous ressentons nous donne de la puissance. Nous ne le savons pas assez. Nous sommes tous à la fois puissants et vulnérables, homme et femme. Et notre force naît de l’acceptation de cette réalité.

S.C. : Ce malaise que vous décrivez, entre ce qu’elles s’efforcent d’être dans leur vie sociale et ce qu’elles sont dans leur intimité, ne me semble pas être l’apanage des femmes. Il est aussi le lot de beaucoup d’hommes qui ne se satisfont pas de la combativité, la dureté, l’investissement qu’on leur demande dans le contexte économique qui est le nôtre. De manière générale, il touche ceux qui sont aux prises avec un « devoir-être » homme ou femme dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

V.C.-S. : Je suis d’accord, les hommes aussi peuvent se sentir coupés du féminin. Mais ils commencent à se réconcilier avec leurs émotions. De plus en plus, ils osent se montrer vulnérables. Les femmes, beaucoup moins. Elles mettent un point d’honneur à ne dépendre de personne. Certaines de mes patientes cherchent refuge dans la nourriture, seul soutien qu’elles s’accordent, et deviennent boulimiques. D’autres portent à bout de bras carrière et vie de famille sans s’autoriser à demander de l’aide à leur mari ou à leur entourage. Dans mon livre, j’invite les femmes à oser s’appuyer sur leurs vulnérabilités et à en découvrir la puissance.

Ce qui vous gêne, Sophie Cadalen, n’est-ce pas d’associer les qualités dont nous parlons à des pôles masculin ou féminin ?

S.C. : Je reconnais que nous sommes dans la dualité et l’ambivalence, tantôt forts ou faibles, dans la rationalité ou dans l’émotion. Freud préférait parler d’« actif » et de « passif » que de masculin ou de féminin, termes qui pouvaient prêter à confusion. Ce qui me dérange dans le fait de mettre la dureté, la force, la rationalité du côté des hommes, et l’intuition, la tendresse ou l’abandon du côté des femmes, c’est qu’on laisse croire à des « natures », masculine et féminine, fondées sur des différences physiques. Je préfère l’image chinoise du yin et du yang, symbolisant ces énergies complémentaires qui nous traversent dans un tourbillon propre à chacun.

V.C.-S. : Mais ces valeurs nous sont précieuses, elles sont une grille de lecture du monde et de nous-mêmes ! Parmi mes patientes, une chef d’entreprise ne comprenait pas pourquoi ses ordres n’étaient pas exécutés. Le jour où elle a osé dire : « Je suis inquiète pour la survie de l’entreprise, j’y ai pensé toute la nuit et j’ai vraiment besoin de votre soutien », ses employés se sont mis à coopérer. Savoir s’appuyer sur son féminin nous donne de la puissance. C’est aussi vrai pour les hommes. Notre nature profonde à tous, c’est d’être homme et femme à la fois. Il est urgent de retrouver l’équilibre entre ces deux facettes de notre être. Je parle évidemment du masculin et du féminin comme de principes, en aucun cas de dispositions naturelles.

S.C. : Pourquoi alors employer ces termes ? Ils entretiennent une forme de conditionnement. J’entendais ce matin à la radio un bout d’émission où il était question d’écologie. L’un des invités affirmait que la terre était le combat des femmes parce qu’elle était la mère matrice, ajoutant d’un ton faussement repentant : « Laissons la politique et l’économie aux hommes, elles ont bien mieux à faire. » Mais qui est cet homme pour me dire que je dois m’occuper de la terre, et laisser les entreprises aux hommes ? Ce type de discours est la conséquence logique des distinctions que vous faites.

On a beaucoup reproché à Margaret Thatcher de se montrer plus impitoyable qu’un homme, ou à Ségolène Royal de mettre en avant son identité de mère. Le pouvoir se conjugue-t-il différemment selon qu’il est masculin ou féminin ?

V.C.-S. : Le féminin n’est pas le seul apanage des femmes. Je me souviens du débat télévisé qui a opposé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle. Avant de commencer, Patrick Poivre d’Arvor leur avait demandé comment ils se sentaient. Ségolène Royal a répondu d’un air pincé : « Très bien, très fière d’être ici, très heureuse, merci ! » Nicolas Sarkozy, lui, a osé développer ce qu’il ressentait, et cela lui a donné plus de présence. Il s’est appuyé sur son féminin.

S.C. : La féminité des femmes de pouvoir est sans cesse questionnée. Elle n’est jamais à la bonne place. Dans un magazine américain, il a été reproché à Hillary Clinton d’avoir
versé une larme en public. Elle aurait usé de son féminin de façon déloyale, comme on le reproche aussi à Rama Yade. Qu’elles en usent trop ou pas assez, le charme des femmes de pouvoir pose toujours problème. Celui de Barak Obama, lui, est reconnu comme une qualité supplémentaire. De leur côté, elles essuient des insultes d’une rare violence. Celles qui s’en sortent le mieux sont celles qui les laissent glisser pour revenir à leurs convictions politiques. Ségolène Royal a fait l’erreur d’entrer dans le jeu de la justification, d’en appeler à son ventre quand ce n’était pas le propos. Pas étonnant qu’on lui ait renvoyé cette question déplacée : « Qui va s’occuper des enfants ? »

On a récemment parlé d’affrontements en banlieue impliquant des gangs de filles, pour pointer le fait qu’elles deviennent aussi violentes que les garçons. Les filles justifient leur agressivité en avançant qu’il manque des figures positives. En gros, elles refusent d’incarner une féminité dominée.

V.C.-S. : La femme a été libérée dans la société, pas dans l’intimité. Nos grilles de lecture du féminin n’ont pas changé, nous les avons héritées de l’idéologie patriarcale : la maman et la putain. Ces carcans ne sont pas nouveaux.

N’avez-vous pas le sentiment qu’en associant le féminin à la douceur vous ne pouvez qu’agacer celles qui ne veulent pas être résumées à ça ?

V.C.-S. : Je ne dis pas aux femmes d’être seulement dans la douceur ! Je leur dis qu’elles ont le droit d’être fermes et douces à la fois. Je les invite à ne plus jouer le seul jeu des valeurs masculines et aussi à oser se réapproprier des valeurs du féminin telles que l’émotion, le lien, oser prendre le temps…

S.C. : Mais qui décide de ce qui est masculin ou féminin ? Sur quoi vous fondez-vous ?

V.C.-S. : Ces notions sont présentes et définies dans toutes les traditions spirituelles ou presque. Un livre, Le Sexe des âmes(1) de Charles Mopsik, montre ainsi la place des principes féminin et masculin dans le Talmud et la Kabbale. Dans le christianisme, les évangiles apocryphes nomment également le féminin et le masculin. Dans mon livre, j’ai voulu mettre ces concepts spirituels au service de la psychologie

S.C. : Les références à la religion nous mènent sur une pente glissante. Elles renvoient à des figures qui sont, pour moi, le prolongement fantasmatique des parents tout-puissants. Or, à mon sens, grandir, devenir adulte, élaborer sa propre masculinité ou féminité et trouver sa force supposent de pouvoir s’émanciper de ces imagos de père et de mère, dont on ne s’affranchit jamais complètement, mais qu’il faut pouvoir questionner pour être dans son propre désir.

1. Le Sexe des âmes de Charles Mopsik (Éditions de l’Éclat, 2003).

Ce qui est intéressant, c’est de comprendre pourquoi on continue de s’accrocher à ces images…

S.C. : Parce qu’elles donnent aux hommes et aux femmes un pouvoir auquel ils ne veulent pas renoncer. Celui, pour les premiers, de maintenir leur position de force dans la société et sur les femmes; celui, pour les secondes, de garder la mainmise sur le foyer et les enfants. Cet attachement est inconscient et n’empêche pas de s’élever en toute bonne foi contre la discrimination faite aux femmes. La psychanalyse nomme « phallus » cette puissance autour de laquelle nous construisons nos identités. C’est un symbole, celui du désir en érection. Ces phallus sont nombreux, chaque sexe brandit les siens : l’argent, la grosse voiture, la maternité, ou cette fameuse intuition féminine…

Mais, que la voiture explose, que l’intuition échoue, que la beauté se fane, et cette prétendue supériorité fond comme neige au soleil. La véritable force, celle que chaque individu, quel que soit son sexe, peut trouver, est celle qui n’est pas dupe de ces phallus, qui sait s’en servir sans s’identifier à eux, et qui s’appuie sur ses désirs singuliers. Dès lors, une femme sera puissante, qu’elle choisisse de planter des salades ou d’être entretenue par un homme. Sa force ne sera ni masculine ni féminine, elle sera celle de son désir.

V.C.-S. : Pour moi, si nous continuons de nous accrocher à ces images, c’est parce
que nous en avons besoin. Elles véhiculent un certain nombre de valeurs qui sont les
lunettes à travers lesquelles nous regardons le monde. Ces lunettes, nous avons aujourd’hui la liberté de les changer. Je voulais au départ intituler mon livre « Dieu est aussi une femme ». C’est écrit noir sur blanc dans la Bible : « Dieu a fait l’homme à Son image, homme et femme, Il le créa ». Il est donc, aussi, une femme. Et ce n’est jamais dit. Cela signifie que les valeurs du féminin sont en réalité aussi importantes que celles du masculin. Oser le féminin, c’est oser être soi.

Crédit photo : Diana ABDOU Éditrice En Chef Web | Diana Unlimited
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Les débuts d’histoire et courants du féminisme

Le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. Quoique le terme « féminisme » ne prenne son sens actuel qu’à la fin du XIXe siècle, les idées de libération de la femme prennent leurs racines dès le siècle précédent, dit « des Lumières ».

Crédit photo : Diana ABDOU Éditrice En Chef Web | Diana Unlimited
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