Premier Béguin

         Laissez-le passé derrière soit le béguin reviendra sûrement un jour?

 Les idées que caressa notre jeunesse, et qui eurent les prémices de notre esprit, laissent en nous des traces ineffaçables. On peut avoir des passades, mais tôt ou tard on revient à ses premières amours.

 Un premier amour a tout pouvoir sur le cœur de la jeunesse, le premier amour, quoique le plus déraisonnable, est cependant le plus saint. Son bandeau est, à la vérité, plus épais et plus large, car il couvre à la fois les yeux, les oreilles et la bouche.

 Mais les plumes de ses ailes sont plus longues et plus blanches que celles d’aucun autre amour.

Le premier amour, quoique le plus déraisonnable, est cependant le plus saint. Son bandeau est, à la vérité, plus épais et plus large, car il couvre à la fois les yeux, les oreilles et la bouche ; mais les plumes de ses ailes sont plus longues et plus blanches que celles d’aucun autre amour.

Le moment présent est comme la proue d’un navire qui fonce dans l’océan du temps et transforme le futur incertain en un présent devenant sitôt après un passé immuable. Ce passé contient tout ce que je connais de l’histoire.

Tout ce que je sais du temps, c’est que je suis dans le temps, sois ami du présent qui passe : le futur et le passé te seront donnés par surcroît

J’avais cru que se serait un souvenir d’adolescence auquel je repenserai, comme avoir eu le béguin pour le capitaine de l’équipe de football. Mais je me rends compte que ce qu’on a va plus loin, bien plus loin. Nous avons une histoire commune, une amitié, nous nous écoutons l’un l’autre, nous rions ensemble, chacun finit les paroles des chansons de l’autre, je n’ai pas besoin de faire semblant avec le hip hop, et le hip hop n’as pas besoin de faire semblant avec moi. Mes sentiment n’ont jamais été plus clairs et je sais qu’il ne disparaîtrons jamais.

1 Avoir le béguin pour quelqu’un peut être à la fois excitant et terrifiant. Il est parfois difficile de savoir si tu as ou non le béguin pour quelqu’un. Lis ce qui suit pour savoir si tu as ou non un faible pour une autre personne.

  • Sache ce qu’est un béguin. Un dictionnaire définit le béguin comme « un désir ardent de se trouver avec quelqu’un que l’on trouve très séduisant et très original . » Un béguin peut provoquer des émotions extrêmes, comme de te sentir à la fois affreusement timide et incroyablement euphorique. Tu ne peux pas choisir la personne pour laquelle tu as le béguin, mais tu peux décider de ta réaction une fois que tu as réalisé ton béguin pour quelqu’un.


2 Sache qu’il existe différentes sortes de béguins.
 Le terme de béguin est employé à tort et à travers. Cela peut vouloir dire que tu as juste un petit faible pour quelqu’un ou que c’est vraiment l’amour de ta vie.

  • Le béguin amical : il est important que tu saches que tous les sentiments passionnés ne sont pas forcément amoureux. Tu peux te sentir très proche de quelqu’un sans pour autant être amoureux(se) de cette personne et c’est là un sentiment à part entière. Le fait de vouloir être toujours dans les parages de quelqu’un peut simplement vouloir dire que tu es passé(e) du stade de simple camarade à celui d’ami(e) véritable. Il est tout à fait normal de ressentir une grande affection pour un(e) ami(e) et de vouloir te trouver tout le temps en sa compagnie.
  • Le béguin idolâtre : quand tu idéalises une personne (comme une célébrité, un professeur ou un camarade de classe qui a fait quelque chose de formidable), tu peux te rendre compte que tu ressens des émotions intenses vis-à-vis de cette personne et de ce qu’elle a fait. On peut confondre ce type d’émotion avec un sentiment amoureux à cause de son intensité. Il est tout à fait naturel de ressentir une grande admiration en présence de quelqu’un qui a fait quelque chose d’incroyable ou qui peut t’enseigner un tas de choses formidables. La plupart du temps, il vaut mieux laisser passer un peu de temps avant d’analyser ces sentiments en profondeur. En général, quand tu as passé pas mal de temps avec cette personne, tu en auras appris beaucoup de choses et tu pourrais avoir l’impression d’être sur un pied d’égalité avec elle. Tu pourrais te rendre compte que ta forme de béguin s’est assagie en présence de cette personne.
  • Le béguin de passage : il est tout naturel d’être attiré par d’autres personnes. Même si tu vis une belle relation amoureuse, tu peux tout de même te sentir attiré(e) par une autre personne que ton partenaire. Ce type d’attraction est ce que l’on nomme une passade, cette nouvelle personne peut paraitre très intéressante et elle l’est probablement, mais cela ne veut pas dire que tu devrais remettre en question ta relation amoureuse ou, si tu es solo, de tout laisser tomber pour essayer de sortir avec cette personne. Ces passades sont souvent liées à une attirance purement physique pour quelqu’un.
  • Le béguin amoureux : avoir le béguin pour quelqu’un signifie parfois que tu aimes vraiment cette personne, et ce sur un plan amoureux. Un béguin amoureux veut dire que tu cherches à être constamment avec cette personne et plus que sur un plan purement amical, tu veux vraiment être le partenaire amoureux de cette personne. Tu vis sans doute un béguin amoureux si tu rêves de l’embrasser, de lui prendre la main ou de la prendre dans tes bras.

3 Essaye de savoir si ton béguin est sérieux. Ce faisant, tu peux connaitre le meilleur moyen d’agir, que ce soit en gardant tes sentiments pour toi-même ou en partageant ce que tu ressens avec l’objet de ta passion. Lis ce qui suit pour t’aider à savoir quelle est la profondeur de tes sentiments vis-à-vis de cette personne.

Partie 2 : Que faire quand tu es près de ton béguin

1 Vois ton comportement près de la personne pour laquelle tu sembles avoir un faible. Fais attention à tes réactions physiques instinctives dans l’entourage de ton béguin. Chacun va réagir différemment, et ce sera souvent de manière inconsciente. En général, quand tu as un béguin, tu vas réagir de deux façons différentes, soit tu vas devenir affreusement timide et tu auras perdu ta langue, soit tu vas te montrer très extraverti(e).

  • Le comportement timide : as-tu soudain l’impression de vouloir te fourrer dans un trou de souris quand ton béguin est dans les parages ? Rougis-tu tout de suite en n’osant pas lever les yeux pour te concentrer sur cette très intéressante tache de saleté collée par terre ? As-tu tout à coup l’impression d’avoir l’esprit vide et rien d’intéressant à dire ? Toutes ces réactions sont l’indication d’un gros béguin.
  • Le comportement extraverti : ressens-tu soudain le besoin de taquiner l’objet de ton béguin ? As-tu tout à coup besoin de parler beaucoup en présence de cette personne pour attirer son attention ? Ce sont, là aussi, des symptômes de gros béguin. Assure-toi néanmoins de ne pas mettre ton béguin mal à l’aise en agissant ainsi, ne taquine pas trop l’objet de ta flamme, car il ou elle ne voudrait pas sortir avec toi.
  • Le comportement séducteur : as-tu l’impression que ton béguin doit absolument remarquer ce que tu portes ou la façon dont tu t’es coiffé(e) ce jour-là ? Ressens-tu le besoin de glousser et de faire des blagues ? Tu ressens peut-être le besoin d’avoir une allure la plus séduisante possible afin que ton béguin te remarque. Le fait de tripoter tes cheveux et de faire battre tes cils est toujours un indice de gros béguin.


2 Vois ce que tu ressens en sa présence.
 Les signes de béguin les plus courants sont de ressentir des fourmillements partout dans le corps quand cette personne spéciale est dans les parages ou de sentir ton cœur cogner dans ta poitrine pour te laisser embrasé(e) et euphorique.

  • Te sens-tu soudain nerveux(se) et excité(e) à la fois ? Tu as peut-être l’impression de vouloir prendre cette personne dans tes bras ou de ne pas vouloir la lâcher d’une semelle. Ce sont des réactions tout à fait normales quand on a le béguin.
  • As-tu le sentiment que tu donnerais n’importe quoi pour être près de cette personne ?

3 Remarque tes réactions en compagnie de tes amis et avec ton béguin. Le fait d’avoir un béguin peut te donner envie d’être soudain le centre d’intérêt dans une discussion ou de rester bouche cousue quand ton béguin est à proximité. Que fais-tu quand tu parles à un groupe d’amis et que la personne qui te plait s’approche de toi  ? Si tu as vraiment le béguin, tu pourrais avoir l’une des réactions suivantes.

  • As-tu tout à coup besoin de monopoliser l’attention ? Tu pourrais te retrouver à mener la discussion afin de pouvoir parler d’un truc vraiment super que tu as fait pour impressionner ton béguin. Tu pourrais même couper la parole à un ami afin que ton anecdote soit bien entendue. Tu peux aussi vouloir attirer le plus possible l’attention de ton béguin afin qu’il n’ait d’yeux que pour toi.
  • As-tu soudain l’impression d’être bouche cousue ? Quand on a le béguin, on peut parfois être gêné et n’avoir plus rien à dire. Tu as certainement le béguin, si tu es habituellement assez bavard(e), mais que tu perds ta langue à proximité de la personne qui t’intéresse.
  • As-tu l’impression que tes amis se sont évaporés quand ton béguin s’approche de toi ? Tu pourrais être entouré(e) d’un tas de gens pour ne finir par voir que ton béguin. Tu pourrais sourire tout le temps, même si ce que racontent les autres n’a rien de drôle. Tu peux avoir du mal à faire attention à ce qu’on te dit si l’on te demande quelque chose parce que ton béguin est dans les parages.
  • Vois si tu fais l’effort de soigner ton apparence. Un signe évident de béguin est le fait de vouloir avoir la plus belle allure possible en présence de cette personne. Mets-tu plus de temps à t’habiller et à te préparer le matin ? As-tu acheté de nouveaux vêtements qui pourraient plaire à ton béguin ? Prends-tu plus de temps à te coiffer ou à te maquiller pour le cas où tu pourrais croiser ton béguin ce jour-là ? Si c’est le cas, tu as vraiment le béguin pour cette personne.

Partie 3 : Que faire quand tu es loin de ton béguin

1 Vois si ton béguin est tout ce que tu as en tête. Tu as très certainement un gros béguin pour cette personne si tu te retrouves à penser constamment à elle, et plus que tu ne le voudrais.

  • Tu es peut-être en train de diner avec ta famille, mais tu ne fais pas attention à la discussion parce que tu te demandes ce que fait ton béguin.
  • Tu sors peut-être avec tes amis tout en souhaitant secrètement d’être plutôt avec ton béguin.
  • Quand tu vas te coucher, penses-tu à l’émotion que tu ressentirais si tu pouvais embrasser ton béguin avant de t’endormir ?

2 Remarque si tu parles beaucoup de ton béguin ou pas du tout. As-tu l’impression de parler constamment de lui à tes amis ? Un signe évident est d’évoquer constamment cette personne en particulier auprès de tes amis. Ce serait une bonne idée de parler de ton béguin à tes meilleurs amis, si cela ne te dérange pas trop. Ils peuvent t’aider à mieux comprendre ce que tu ressens ou peuvent avoir de bonnes idées pour t’aider à te rapprocher et mieux connaitre la personne qui te plait.

  • Ne parle pas de ton béguin avec n’importe qui. Ne papote pas à son sujet avec le premier venu. Si tu le fais, on pourrait le lui répéter, ce qui pourrait te mettre dans l’embarras. N’en parle qu’à tes meilleurs amis, ceux en qui tu as le plus confiance.

3 Vois si tu as changé quoi que ce soit dans ta vie en pensant à ton béguin. As-tu changé certaines habitudes dans l’espoir d’attirer son attention ?

  • Passes-tu cent fois devant son casier dans l’espoir de le voir ?
  • As-tu changé ton itinéraire pour aller en cours parce que tu sais qu’il (ou elle) emprunte ce chemin ?
  • Tu as peut-être ressenti un intérêt soudain pour un sujet qui intéresse ton béguin, comme la photographie ou l’escalade.

4 Sois attentif(ve) à tes réactions quand quelqu’un évoque ton béguin dans une discussion. Tu peux souvent ressentir une excitation intense quand il est question de ton béguin au cours d’une discussion. Comment réagis-tu si l’on parle de lui ?

  • Te sens-tu bouleversé(e) ? As-tu l’impression d’avoir des papillons dans l’estomac ? D’avoir l’impression que ton cœur va te sauter de la poitrine ? Rougis-tu ou te mets-tu à glousser ? As-tu perdu ta langue ? Tu as un gros béguin pour quelqu’un s’il se produit chez toi l’une de ces réactions.

5 Fais attention à tes rêveries tout le long de la journée. Il y a une différence entre penser à quelqu’un et fantasmer sur quelqu’un. Penser à quelqu’un signifie que tu te demandes ce que cette personne est en train de faire ou ce qu’elle ressent. Tu fantasmes quand tu imagines des choses qui pourraient se produire entre la personne et toi. Les personnes qui ont le béguin fantasment beaucoup sur l’objet de leur passion.

  • Tu as très certainement le béguin si tu fantasmes sur cette personne en particulier et imagines tout ce que tu pourrais faire avec elle, l’embrasser, lui prendre la main ou tout autre comportement amoureux.

6 Remarque si certaines choses te rappellent ton béguin. C’est un signe évident si la lecture d’un livre, l’écoute d’une chanson ou un film te rappelle cette personne spéciale [3].

  • Tu as le béguin si tu écoutes une chanson d’amour et te dis que tu ressens exactement la même chose.
  • Tu as le béguin si tu regardes un film comme Titanic et que tu t’y vois avec lui (elle) à la place de Jack et de Rose.
  • Tu as le béguin si tu lis Roméo et Juliette et si tu t’identifies tout de suite à l’amour désespéré des personnages principaux.

7 Vois quels sont tes sentiments à la lecture de cet article. As-tu pensé à une personne précise pendant que tu lisais cet article ? Si ta réponse est oui, c’est que tu as le béguin pour elle.

Conseils

  • Ne t’affole pas quand tu te rends compte que tu as le béguin pour quelqu’un. Habitue-toi à ces sentiments avant de prendre une initiative.
  • Ne confonds pas un béguin et une amitié ! Un béguin amical se produit aussi facilement avec le sexe opposé qu’un sentiment amoureux.
  • Apprends à mieux le connaitre. La personne qui t’attire n’est pas forcément celle que tu crois ou que tu as mise sur un piédestal.

Protester, c’est refuser d’être réduit à rien et forcé au silence. Au moment même où une protestation a lieu, si elle a lieu, alors il y a une petite victoire. Le moment, bien que passé comme tout moment, acquiert un caractère indélébile. Il passe, mais il a été imprimé. Une protestation n’est pas seulement un sacrifice accompli en vue d’une alternative, d’un futur plus juste ; c’est une rédemption inconséquente du présent. Le problème est comment continuer à vivre avec l’adjectif inconséquent.

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Le côté désintéressé de la force : Les femmes au cœur de la vérité

L’opinion la plus commune veut que nous agissions toujours pour satisfaire un intérêt particulier. Ce serait donc, en un sens, l’égoïsme qui nous déterminerait à agir. La rubrique des « faits divers » ne confirme-t-elle pas d’ailleurs cette première impression, qui décline dans les plus hautes sphères de l’État, politiques, administratives et financières, et à travers les plus attristants scandales, sempiternellement le même fléau, celui, bien sûr, de la corruption ?

Le côté désintéressé de la force : Les femmes au cœur de l'innovation
@Presse / moneytalksnews.com

C’est dire comme jusque dans nos actions prétendument les plus désintéressées plane le plus inquiétant soupçon touchant leur rectitude morale. Pourtant, s’il est clair que nous serions bien naïfs de croire les hommes toujours sincères en leur aveu de vertu, faut-il pour autant renoncer à penser, premièrement la nature propre de l’action morale, et deuxièmement la possibilité d’une telle action ? Les hommes sont-ils absolument incapables de sacrifice, d’abnégation, de charité librement consentie ?

Que penser, alors, des héros, des martyrs et des saints ? Ne sont-ils que des imposteurs et des prestidigitateurs tentant vainement de maquiller leurs désirs, condamnés à agir encore et toujours par intérêt ? Mais dans ce cas, comment expliquer qu’ils aient pu délibérément choisir de se perdre ? Il y a là un problème qui mérite toute notre attention, et qui nous amènera pour ainsi dire à jouer Mandeville et Smith – et dans leur sillage Bentham – contre Kant. D’un côté donc la passion et son utilité sociale, l’égoïsme, que Luther déjà inscrivit au cœur de la réalité humaine, et de l’autre la vertu, le désintéressement et l’hypothétique force de l’idée du devoir vers quoi tend ce qui seul semble pouvoir la fonder, à savoir l’idée d’une force de l’idée [1]

La vérité est une valeur honorée dans nos sociétés. Depuis que nous sommes enfants, la communauté nous répète qu’il faut dire la vérité. Mais pourquoi la vérité est-elle toujours demandée et recherchée? Le terme de vérité est un terme difficile à appréhender, son sens fluctuant dans l’histoire de la philosophie.

Une recherche de la vérité doit donc s’accompagner d’une réflexion critique, ce que la philosophie permet de faire.
Si il y a toujours des passions qui sous-tendent la recherche de la vérité, il est néanmoins nécessaire de les maîtriser et d’en prendre conscience.

Psychologies : Qu’est-ce qui vous a conduites, l’une et l’autre, à interroger la force des femmes ?

Sophie Cadalen : On a beau considérer l’égalité des sexes comme un acquis indiscutable, femme et pouvoir continuent d’être des termes antinomiques. Celles qui l’exercent sont accusées d’être « phalliques », comme si cette autorité appartenait nécessairement aux hommes. Dans ma pratique, je suis frappée de voir combien les femmes, toutes générations confondues, continuent de se heurter à des représentations du féminin qui les ligotent, les plongent dans des questionnements qui peuvent paraître dérisoires, mais qui sont terribles : est-ce que je peux coucher avec cet homme ? Est-ce que je peux laisser mes enfants, prendre du temps pour moi, gagner plus que mon conjoint ?… La psychanalyse est une entreprise de libération. On se cogne fatalement aux images et lieux communs qui freinent notre émancipation. À mon sens, la vraie puissance, celle qui nous rend charismatiques, motivés et motivants, c’est d’oser nos désirs profonds indépendamment de ce que nous croyons devoir être en tant que femme ou homme.

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Toute l’actualité en France et à l’international, décryptages et débats. L’Humanité, ♦ Désintoxication ♦ Invention ♦ Diabolisation ♦ Diversion. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes. Qui peut faire appel au coeur des hommes avec plus d’efficacité que la femme.. DIANA UNLIMITED FAUNES ET FEMMES MAGAZINE est un magazine web qui place la femme au cœur de sa ligne rédactionnelle. Vous pouvez découvrir en temps réel toute l’actualité concernant les femmes et les actes qui les concernent. Quelles sont les rubriques de ce magazine féminin ? Pourquoi devriez-vous découvrir Culture Femme ? Ci-dessous quelques mots sur ce magazine web.

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Valérie Colin-Simard : Cette question de la puissance du féminin, je l’ai rencontrée dans mon propre parcours. Elle s’est posée à ma mère et à ma grand-mère avant moi. Ma grand-mère était non seulement licenciée ès sciences, mais aussi l’assistante de Marie Curie. Lorsqu’elle s’est mariée, mon grand-père l’a obligée à s’arrêter de travailler. À l’inverse, c’est ma mère qui pourvoyait à nos besoins, car mon père avait eu un accident cérébral. Elle m’a élevée dans l’idée qu’il fallait être indépendante financièrement, réussir professionnellement, serrer les dents. Elle était passée du côté des hommes, et je me souviens qu’elle regardait avec la plus grande condescendance ses amies femmes au foyer. Elle m’a ainsi transmis son mépris de ce qui, en moi, ressemblait de près ou de loin à une femme. Dans un premier temps, j’ai suivi le même chemin. Aujourd’hui, dans mon cabinet, je suis sidérée de voir le nombre de femmes qui, même brillantes professionnellement, s’accordent peu de valeur.

Comme moi autrefois, elles ont intériorisé les seules valeurs masculines de performance, de rationalité, de rentabilité, d’efficacité… et trouvent dévalorisantes celles que l’on associe au féminin. Par exemple, elles se coupent de ce qu’elles ressentent. Pour beaucoup d’entre elles, seul compte l’intellect. Des mots comme douceur ou vulnérabilité sont presque devenus des insultes. Et pourtant, exprimer ce que nous ressentons nous donne de la puissance. Nous ne le savons pas assez. Nous sommes tous à la fois puissants et vulnérables, homme et femme. Et notre force naît de l’acceptation de cette réalité.

S.C. : Ce malaise que vous décrivez, entre ce qu’elles s’efforcent d’être dans leur vie sociale et ce qu’elles sont dans leur intimité, ne me semble pas être l’apanage des femmes. Il est aussi le lot de beaucoup d’hommes qui ne se satisfont pas de la combativité, la dureté, l’investissement qu’on leur demande dans le contexte économique qui est le nôtre. De manière générale, il touche ceux qui sont aux prises avec un « devoir-être » homme ou femme dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

V.C.-S. : Je suis d’accord, les hommes aussi peuvent se sentir coupés du féminin. Mais ils commencent à se réconcilier avec leurs émotions. De plus en plus, ils osent se montrer vulnérables. Les femmes, beaucoup moins. Elles mettent un point d’honneur à ne dépendre de personne. Certaines de mes patientes cherchent refuge dans la nourriture, seul soutien qu’elles s’accordent, et deviennent boulimiques. D’autres portent à bout de bras carrière et vie de famille sans s’autoriser à demander de l’aide à leur mari ou à leur entourage. Dans mon livre, j’invite les femmes à oser s’appuyer sur leurs vulnérabilités et à en découvrir la puissance.

Ce qui vous gêne, Sophie Cadalen, n’est-ce pas d’associer les qualités dont nous parlons à des pôles masculin ou féminin ?

S.C. : Je reconnais que nous sommes dans la dualité et l’ambivalence, tantôt forts ou faibles, dans la rationalité ou dans l’émotion. Freud préférait parler d’« actif » et de « passif » que de masculin ou de féminin, termes qui pouvaient prêter à confusion. Ce qui me dérange dans le fait de mettre la dureté, la force, la rationalité du côté des hommes, et l’intuition, la tendresse ou l’abandon du côté des femmes, c’est qu’on laisse croire à des « natures », masculine et féminine, fondées sur des différences physiques. Je préfère l’image chinoise du yin et du yang, symbolisant ces énergies complémentaires qui nous traversent dans un tourbillon propre à chacun.

V.C.-S. : Mais ces valeurs nous sont précieuses, elles sont une grille de lecture du monde et de nous-mêmes ! Parmi mes patientes, une chef d’entreprise ne comprenait pas pourquoi ses ordres n’étaient pas exécutés. Le jour où elle a osé dire : « Je suis inquiète pour la survie de l’entreprise, j’y ai pensé toute la nuit et j’ai vraiment besoin de votre soutien », ses employés se sont mis à coopérer. Savoir s’appuyer sur son féminin nous donne de la puissance. C’est aussi vrai pour les hommes. Notre nature profonde à tous, c’est d’être homme et femme à la fois. Il est urgent de retrouver l’équilibre entre ces deux facettes de notre être. Je parle évidemment du masculin et du féminin comme de principes, en aucun cas de dispositions naturelles.

S.C. : Pourquoi alors employer ces termes ? Ils entretiennent une forme de conditionnement. J’entendais ce matin à la radio un bout d’émission où il était question d’écologie. L’un des invités affirmait que la terre était le combat des femmes parce qu’elle était la mère matrice, ajoutant d’un ton faussement repentant : « Laissons la politique et l’économie aux hommes, elles ont bien mieux à faire. » Mais qui est cet homme pour me dire que je dois m’occuper de la terre, et laisser les entreprises aux hommes ? Ce type de discours est la conséquence logique des distinctions que vous faites.

On a beaucoup reproché à Margaret Thatcher de se montrer plus impitoyable qu’un homme, ou à Ségolène Royal de mettre en avant son identité de mère. Le pouvoir se conjugue-t-il différemment selon qu’il est masculin ou féminin ?

V.C.-S. : Le féminin n’est pas le seul apanage des femmes. Je me souviens du débat télévisé qui a opposé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle. Avant de commencer, Patrick Poivre d’Arvor leur avait demandé comment ils se sentaient. Ségolène Royal a répondu d’un air pincé : « Très bien, très fière d’être ici, très heureuse, merci ! » Nicolas Sarkozy, lui, a osé développer ce qu’il ressentait, et cela lui a donné plus de présence. Il s’est appuyé sur son féminin.

S.C. : La féminité des femmes de pouvoir est sans cesse questionnée. Elle n’est jamais à la bonne place. Dans un magazine américain, il a été reproché à Hillary Clinton d’avoir
versé une larme en public. Elle aurait usé de son féminin de façon déloyale, comme on le reproche aussi à Rama Yade. Qu’elles en usent trop ou pas assez, le charme des femmes de pouvoir pose toujours problème. Celui de Barak Obama, lui, est reconnu comme une qualité supplémentaire. De leur côté, elles essuient des insultes d’une rare violence. Celles qui s’en sortent le mieux sont celles qui les laissent glisser pour revenir à leurs convictions politiques. Ségolène Royal a fait l’erreur d’entrer dans le jeu de la justification, d’en appeler à son ventre quand ce n’était pas le propos. Pas étonnant qu’on lui ait renvoyé cette question déplacée : « Qui va s’occuper des enfants ? »

On a récemment parlé d’affrontements en banlieue impliquant des gangs de filles, pour pointer le fait qu’elles deviennent aussi violentes que les garçons. Les filles justifient leur agressivité en avançant qu’il manque des figures positives. En gros, elles refusent d’incarner une féminité dominée.

V.C.-S. : La femme a été libérée dans la société, pas dans l’intimité. Nos grilles de lecture du féminin n’ont pas changé, nous les avons héritées de l’idéologie patriarcale : la maman et la putain. Ces carcans ne sont pas nouveaux.

N’avez-vous pas le sentiment qu’en associant le féminin à la douceur vous ne pouvez qu’agacer celles qui ne veulent pas être résumées à ça ?

V.C.-S. : Je ne dis pas aux femmes d’être seulement dans la douceur ! Je leur dis qu’elles ont le droit d’être fermes et douces à la fois. Je les invite à ne plus jouer le seul jeu des valeurs masculines et aussi à oser se réapproprier des valeurs du féminin telles que l’émotion, le lien, oser prendre le temps…

S.C. : Mais qui décide de ce qui est masculin ou féminin ? Sur quoi vous fondez-vous ?

V.C.-S. : Ces notions sont présentes et définies dans toutes les traditions spirituelles ou presque. Un livre, Le Sexe des âmes(1) de Charles Mopsik, montre ainsi la place des principes féminin et masculin dans le Talmud et la Kabbale. Dans le christianisme, les évangiles apocryphes nomment également le féminin et le masculin. Dans mon livre, j’ai voulu mettre ces concepts spirituels au service de la psychologie

S.C. : Les références à la religion nous mènent sur une pente glissante. Elles renvoient à des figures qui sont, pour moi, le prolongement fantasmatique des parents tout-puissants. Or, à mon sens, grandir, devenir adulte, élaborer sa propre masculinité ou féminité et trouver sa force supposent de pouvoir s’émanciper de ces imagos de père et de mère, dont on ne s’affranchit jamais complètement, mais qu’il faut pouvoir questionner pour être dans son propre désir.

1. Le Sexe des âmes de Charles Mopsik (Éditions de l’Éclat, 2003).

Ce qui est intéressant, c’est de comprendre pourquoi on continue de s’accrocher à ces images…

S.C. : Parce qu’elles donnent aux hommes et aux femmes un pouvoir auquel ils ne veulent pas renoncer. Celui, pour les premiers, de maintenir leur position de force dans la société et sur les femmes; celui, pour les secondes, de garder la mainmise sur le foyer et les enfants. Cet attachement est inconscient et n’empêche pas de s’élever en toute bonne foi contre la discrimination faite aux femmes. La psychanalyse nomme « phallus » cette puissance autour de laquelle nous construisons nos identités. C’est un symbole, celui du désir en érection. Ces phallus sont nombreux, chaque sexe brandit les siens : l’argent, la grosse voiture, la maternité, ou cette fameuse intuition féminine…

Mais, que la voiture explose, que l’intuition échoue, que la beauté se fane, et cette prétendue supériorité fond comme neige au soleil. La véritable force, celle que chaque individu, quel que soit son sexe, peut trouver, est celle qui n’est pas dupe de ces phallus, qui sait s’en servir sans s’identifier à eux, et qui s’appuie sur ses désirs singuliers. Dès lors, une femme sera puissante, qu’elle choisisse de planter des salades ou d’être entretenue par un homme. Sa force ne sera ni masculine ni féminine, elle sera celle de son désir.

V.C.-S. : Pour moi, si nous continuons de nous accrocher à ces images, c’est parce
que nous en avons besoin. Elles véhiculent un certain nombre de valeurs qui sont les
lunettes à travers lesquelles nous regardons le monde. Ces lunettes, nous avons aujourd’hui la liberté de les changer. Je voulais au départ intituler mon livre « Dieu est aussi une femme ». C’est écrit noir sur blanc dans la Bible : « Dieu a fait l’homme à Son image, homme et femme, Il le créa ». Il est donc, aussi, une femme. Et ce n’est jamais dit. Cela signifie que les valeurs du féminin sont en réalité aussi importantes que celles du masculin. Oser le féminin, c’est oser être soi.

Crédit photo : Diana ABDOU Éditrice En Chef Web | Diana Unlimited
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