Syndrome de stress post-traumatique : symptômes,

Le stress post-traumatique affecte les personnes victimes ou témoins d’événements catastrophiques et tragiques. Comment reconnaître ses symptômes et comment le prendre en charge ? 

D’intensité et de durée variable, l’état de stress post-traumatique correspond à un ensemble de symptômes se manifestant de façon prolongée, à la suite d’un épisode de vie particulièrement éprouvant. Parfois associé à d’autres troubles, sa prise en charge par la psychothérapie et éventuellement par un traitement pharmacologique donne de bons résultats.

Stress post-traumatique : un trouble anxieux

L’état de stress post-traumatique (ESPT), ou syndrome de stress post-traumatique (SSPT), apparaît suite à l’exposition à un événement ou à une situation traumatisants, dont une personne est directement la victime ou dont elle est témoin. Ce peut être :

  • une agression ;
  • un accident ;
  • une fausse couche,
  • une prise d’otage ;
  • une catastrophe naturelle…

L’épisode en question suscite de vives émotions : un sentiment de peur, la crainte pour son intégrité physique ou celle d’autrui…

Des études ont montré que la flore intestinale (microbiote) jouait un rôle essentiel dans la réponse au stress et dans les troubles psychiques, ainsi que sur le moral (via la fabrication de sérotonine). Or, chez les patients atteints de SSPT on retrouve des taux particulièrement élevés de marqueurs inflammatoires au niveau intestinal. Ainsi, il est probable qu’une perturbation du microbiote intestinal en début de vie (y compris au cours de la période prénatale) ait des conséquences néfastes sur le fonctionnement immunitaire ce qui rend les personnes plus vulnérables au SSPT suite à un événement traumatisant.

Définition

Le stress post-traumatique (TSP) est un syndrome résultant de l’exposition d’un sujet à une situation extrême dont il a été la victime ou seulement le témoin : viol, scènes de guerre, attentats, accidents graves, etc. Il se manifeste par une grande anxiété, des insomnies et une dépression. Ce syndrome est diagnostiqué lorsque le patient est significativement perturbé par des souvenirs obsessionnels ayant une incidence directe sur sa vie sociale, affective et professionnelle. Les femmes sont deux fois plus exposées que les hommes.

Syndrome de stress post-traumatique complexe

Il s’agit d’une forme particulière de STSP. “Le STSP complexe est consécutif à des événements traumatiques répétés qui n’ont pas obligatoirement confronté la personne à un sentiment d’horreur ou d’impuissance. Les personnalités traumatiques complexes déclenchent des contre attitudes de rejet à l’égard des soignants.” explique la psychologue. Le STSP se manifeste par des troubles somatiques variés souvent sous forme de douleurs chroniques : “troubles digestifs, troubles de la sexualité, troubles obstétricaux, fibromyalgie, troubles cardio-respiratoires, céphalées, etc., sans que personne ne fasse en général le lien avec les événements traumatiques subis.” précise la spécialiste Il est souvent responsable de troubles psychologiques affectant la personnalité :

  • Difficulté à gérer ses émotions (Altération de la régulation émotionnelle, impulsivité, agressivité)
  • Altération Perception de soi : Absence de confiance en soi et en toute forme d’aide possible, dévalorisation, culpabilité, sentiment d’incompréhension, vécu abandonnique.
  • Troubles du comportement répétant les traumatiques initiaux : comportements autodestructeurs, auto agressions (toxicomanie, alcoolisme, comportements suicidaires, sexualité à risque)
  • Etat dépressif avec risque de passage à l’acte.
  • Altération de l’attention et de la conscience, amnésie (traumatique), épisodes dissociatifs, troubles dissociatifs.

Syndrome de stress post-traumatique chronique

Le TSP devient chronique s’il persiste au-delà de 3 mois. Johanna Rozenblum énumère “les facteurs de chronicisation du TSPT peuvent être :

  • Un manque de reconnaissance sociale
  • Un défaut d’informations sur les symptômes et donc une prise en charge tardive voire inexistante
  • Des jugements de valeur sur la personne, sa capacité à réagir
  • Une absence ou arrêt trop précoce du soutien de la part des proches, des soignants…
  • L’aspect traumatisant de la procédure et sa durée”

Causes

Le stress post-traumatique survient après un événement traumatisant, que la personne subit directement ou dont elle est témoin. Il s’agit généralement d’un événement extrême, au cours duquel l’intégrité physique (de soi ou d’autrui) est réellement ou potentiellement menacée : accident grave, viol, agression, violence familiale, attentat, mort violente, catastrophe naturelle. “On parle de sentiment de peur de mort imminente et de sentiment d’impuissance ajoute la psychologue. Les personnes exposées de façon répétées à des situations dramatiques (forces de l’ordre) sont également sujettes au stress post-traumatique. “Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’après un événement traumatique, le souvenir revient et s’impose sans cesse. Il y a une hyperactivité de l’hippocampe qui génère du stress par sécrétion excessive de cortisol. L’hippocampe active en cascade l’amygdale qui gère les émotions sans pouvoir jouer son rôle de régulateur. Ceci expliquerait, entre autres, les réactions de souvenirs intrusifs ainsi que l’état d’hyper-vigilance constante. Les progrès en neuro-imagerie ont permis de montrer que le cerveau des personnes exposées à un événement traumatique n’est pas semblable à celui des personnes non traumatisées.” 

Symptômes caractéristiques du stress post-traumatique

Il se manifeste sous la forme de différents symptômes, qui surviennent quelques semaines ou mois après l’événement déclencheur. Il arrive que l’état de stress post-traumatique n’apparaisse que plusieurs années plus tard, à l’occasion d’une date anniversaire par exemple, il est alors dit « différé ».

Les principaux symptômes associés à l’état de stress post-traumatique sont :

  • des reviviscences : l’événement est constamment revécu, sous la forme de cauchemars ou de flashbacks (rappels d’image) ;
  • un détachement vis-à-vis du monde extérieur, des autres personnes ;
  • un évitement des situations susceptibles d’évoquer l’épisode traumatisant ;
  • une hypervigilance, comme si le danger était imminent.

S’il est normal de réagir vivement après un événement traumatisant, le fait que des symptômes persistent longtemps après celui-ci doit inviter à consulter.

La durée de cet état est variable et peut se résorber en 1 ou 2 ans. Dans certains cas cependant, il devient chronique.

Les personnes subissant un état de stress post-traumatique sont souvent touchées par d’autres affections :

  • une dépression ;
  • des troubles anxieux ;
  • des douleurs chroniques, de la fibromyalgie ;
  • le développement d’addictions.

Traitements de l’état de stress post-traumatique

Psychothérapie

La prise en charge des patients qui souffrent d’état de stress post-traumatique consiste d’abord en une psychothérapie. Différentes approches peuvent être utilisées, et principalement :

  • la thérapie cognitive et comportementale, où le thérapeute expose le patient à la source de son traumatisme afin de réduire les manifestations anxieuses qui y sont associées ;
  • l’EMDR (ou intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires), technique qui consiste à stimuler le cerveau de manière à ce qu’il traite différemment le souvenir traumatisant pour lui faire perdre sa charge négative.

Traitement médicamenteux

Lorsque la psychothérapie seule n’est pas suffisante, ou que les patients présentent d’autres troubles, comme une dépression par exemple, le recours à différents médicaments peut s’avérer nécessaire, principalement des antidépresseurs.

Traitements

Deux médicaments possèdent une autorisation de mise sur le marché pour le traitement du syndrome de stress post-traumatique. Il s’agit d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : la paroxétine et la sertraline.”

Thérapies

Quelle que soit la technique thérapeutique adoptée, il convient de développer une relation de confiance qui permette de réécrire le scénario traumatique. Il faudra écouter le vécu propre, entendre la souffrance pour aider à l’acceptation des séquelles et apprendre à vivre avec.” explique la psychologue clinicienne. Les traitements psychothérapeutiques du TSPT repose sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), la désensibilisation par des mouvements oculaires (EMDR), et l’hypnose.

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) :

Il s’agit d’une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) centrée sur le traumatisme. Le principe de la TCC est le même que dans le traitement des autres formes de troubles anxieux. Pour les patients, la vie ne sera plus jamais comme avant. Il y a toujours un “avant” et un “après” trauma. Comme l’explique la psychologue “C’est un constat souvent très dur à accepter pour les patients. Une grande partie du traitement va consister en une modification progressive de cette vision déficitaire pour aboutir à la conception qu’il est possible de reprendre le cours de sa vie, certainement de façon différente”

La désensibilisation par des mouvements oculaires EMDR :

La thérapie de désensibilisation avec mouvements oculaires ou EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une thérapie cognitive des troubles psychotraumatiques, basée sur une exposition mentale au souvenir douloureux couplée à des mouvements oculaires réguliers et visant à une désensibilisation émotionnelle. “L’EMDR est l’une des techniques utilisées pour apaiser des symptômes particulièrement invalidants du Trouble de Stress Post Traumatique et faire baisser l’intensité des affects négatifs” précise la spécialiste.

L’hypnose

“L’hypnose se focalise sur l’élément traumatique induisant la dissociation et agit directement sur le traitement de l’information. Le processus de conscientisation est relancé afin que, cette fois-ci, toutes les étapes se déroulent comme il se doit. L’événement traumatisant est “digéré”, le sujet est libéré des conséquences que le traumatisme avait pu avoir sur sa vie quotidienne.

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Crédit photo : Diana ABDOU Éditrice En Chef Web | Diana Unlimited
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