Le confinement et pour l’avenir

Il paraît qu’un jour ce confinement s’arrêtera (j’ai un doute, mais bon). Et que donc nous pourrons ressortir de chez nous, parler avec d’autres personnes que celles avec lesquelles nous partageons nos miasmes et/ou une partie de notre matériel génétique.

Il y a des problèmes aux confins du courage et du désespoir, que la raison ne peut affronter sans y risquer son existence.

Et alors, que se passera-t-il? Reprendrons-nous la vie là où nous l’avions laissée? (C’est-à-dire pour moi manger une burger à l’avant première avec mon meilleur ami en poussant des soupirs existentiels?) Ou allons-nous changer nos vies? Mais dans ce cas, à un niveau individuel ou collectif? Ou allons-nous subir ces changements comme des marionnettes à peine consentantes? Faut-il changer de travail? De logement? De conjoint? De pays? De continent? De système économique?

Chacun·e d’entre nous, affalé·e sur son canapé en pyjama sale, le cheveu gras, la main dans le paquet de gâteaux, ferait partie d’un ensemble plus grand. Nous ne serions pas seulement l’addition d’individus errant dans leur chambre les yeux hagards, nous formerions un tout, une transcendance, une nation.

Pour savoir comment vous voyez le futur, choisissez trois réponses dans cette liste. La majorité de vos symboles vous dira dans quel avenir vous vous projetez et quelle est votre chanson des Beatles.

A. J’ose espérer qu’on va arrêter de faire la bise à n’importe qui à tout bout de champ.

B. Puisqu’on annonce que les supermarchés ont décidé de proposer en priorité des fruits et légumes français pour aider les agriculteurs et les agricultrices, je pense que ça continuera après.

D. Le gouvernement va adopter des lois liberticides sans limitation de durée.

C. J’ai décidé de changer ma manière de faire les courses. Je fais la promesse que j’aurai toujours un stock de PQ d’avance et des conserves. Peut-être même qu’une nuit, j’irai creuser un silo dans le jardin pour enfants pour y enterrer de la farine.

A. J’espère qu’on fera comme dans les pays asiatiques, on prendra l’habitude de porter un masque dès qu’on est malade et que tout le monde a enfin compris qu’on tousse dans le coude.

E. Mon vrai sujet d’inquiétude, c’est comment je vais payer mes charges des six prochains mois alors que je ne gagne plus un kopeck. Ça va être très tendu. C’est surtout mon compte en banque qui est confiné si vous voulez mon avis.

F. On va revaloriser les salaires de celles et ceux qui font un travail utile à la société.

A. J’espère qu’il y aura une prise de conscience et qu’on sera autorisée à acheter la pilule sans ordonnance à jour, comme pendant le confinement.

B. On va limiter les déplacements de personnes entre pays.

D. J’ai changé d’avis sur le partage des données personnelles. Franchement, je suis pour un partage des informations de santé au niveau de l’État si ça peut sauver des vies. Regardez en Corée du Sud, ça a été hyper efficace, ça leur a quand même évité un confinement.

C. Je vends mon appart haussmannien dont le prix du mètre carré va s’effondrer de toute façon pour acheter une maison de campagne avec jardin mais pas trop loin d’un hosto. De toute façon, Airbnb c’est fini.

F. Les gouvernements des dix dernières années vont devoir rendre des comptes, on les traînera en justice s’il le faut. Ils ont démantelé l’hôpital.

A. Il y aura un avant et un après très net concernant le lavage de mains. On a enfin appris quand, comment et pourquoi se laver les mains.

F. On va diviser par 5 le nombre de réunions parce qu’on a compris que la plupart était inutile.

C. Gros changement chez moi: j’achète une machine à pain.

B. On va relocaliser la production d’un ensemble de produits, notamment les médicaments et le matériel médical. Ça nous a servi de leçon.

D. Je vais m’acheter davantage de produits connectés (enceinte, frigo, montre) parce que c’est quand même bien pratique.

E. Sympa vos préoccupations de bobos-slatos, mais je vous rappelle qu’on se dirige surtout vers une crise économique dramatique. Le chômage va exploser. Les entreprises vont faire faillite.

A. Moi, je pense qu’on va recommencer à se téléphoner.

G. Je passe mes journées à imprimer des coloriages Pokémon, foutez-moi la paix avec vos questions à la suçote-moi-la-moule.

Pour l’instant, on peut dire qu’on est face à un échec cuisant. Les fractures habituelles de la société sont toujours là –et je ne suis pas loin de me demander si elles ne s’accentuent pas.

En premier lieu, il y a eu la fracture cognitive du jeudi soir, entre le clan des «on a compris le principe du confinement» (les protestant·es pisse-froid dont je fais évidemment partie) et le clan du «tiens, il fait beau, j’ai envie d’aller postillonner dans un parc» (je suis certaine que ce sont les mêmes qui demandaient à reporter un contrôle alors que toi, tu t’étais fait chier à réviser).

Vous avez une majorité de:

A. Vous pensez que rien ne va vraiment changer. La vie va reprendre pour le pire et le meilleur.
Votre chanson des Beatles est «Nothing’s gonna change my world».

B. Pour vous, la crise actuelle se couple avec la crise écologique et va nous forcer à pratiquer une forme de démondialisation, à nous recentrer à l’échelle du pays. Mais on ignore encore si ce sera avec Nicolas Hulot ou Marine Le Pen.
Votre chanson des Beatles est «Strawberry fields forever».

C. Vous êtes survivaliste. Pour vous, ce confinement n’a été qu’un exercice qui vous a permis de vous mettre en situation pour identifier vos points faibles. Une sorte de répétition pour être fin prêt·e le jour de la Grande Catastrophe.
Votre chanson des Beatles est «Dear Prudence».

D. Que vous le craignez ou que vous le désiriez, vous pensez que le plus net changement qu’entraînera cette crise, c’est l’acceptation d’une société de surveillance numérique –qu’elle soit dirigée par l’État ou/et/en collaboration avec de grandes entreprises privées.
Votre chanson des Beatles est «Everybody’s got something to hide except me and my monkey».

E. Foin de discussion, ce qui nous attend c’est une sacrée crise économique. (Partant de là, vous pouvez bien sûr aussi bien penser que le système finit toujours par se réparer et continuer, ou qu’on va aboutir à un changement radical de paradigme.)
Votre chanson des Beatles est «Taxman».

F. Nous assistons aux derniers soubresauts d’une société et d’un système agonisants. La crise écologique était déjà en train de le déstabiliser, la crise sanitaire aura sa peau.
Votre chanson des Beatles est «Revolution».

G. J’en ai ras-le-cul. Je ne sais pas ce qu’il va se passer à part que je vais finir par me taper la tête contre les murs parce que j’en peux plus de ce putain de confinement.
Votre chanson des Beatles est «Help!».

C’est comme si ce virus, loin de nous rapprocher, faisait ressortir, exacerbait notre conscience des inégalités. Cette quarantaine concerne tout le pays certes, mais selon des réalités très différentes, avec un pôle où il y a les personnes qui doivent travailler (sans protection), un autre diamétralement opposé avec les aisé·es qui ont pu choisir dans quel domicile vivre leur confinement, et entre les deux tout un spectre en fonction de votre travail, de votre situation familiale et de votre logement.

Autant dire qu’on est loin de la concorde annoncée. La société française était fractionnée avant. On avait déjà envie de s’entre-tuer. Et ça n’a pas vraiment changé. Cette tension transparaît sur n’importe quel sujet, avec ce que j’appelle les agacements continus.

Alors que dans les jours suivants, le monde était frappé par la pandémie du coronavirus, et qu’aujourd’hui, le commentaire le plus souvent exprimé est celui d’une société, de systèmes, de modèles économiques et philosophiques qui vont changer, nul doute que les jeunes générations ont plus que « leur mot à dire ». Une certitude pour les habitants de Vandoeuvre-Les-Nancy : « réitérer l’expérience les années suivantes.

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Johnny Depp acculé ? L’ex de l’acteur appelée à la barre dont la charge va être un cauchemar 

Alors que s’ouvre le dernier volet du procès intenté par Johnny Depp à Amber Heard pour diffamation, l’actrice Ellen Barkin va témoigner contre l’acteur, qu’elle a fréquenté en 1997.

Alors que le procès Depp-Heard reprendra lundi 16 mai pour une dernière ligne droite de sept jours, la fin de la trève pourrait être rude pour Johnny Depp. A la barre du tribunal de Fairfax, où se déroule le procès depuis le 11 avril, en Virginie, une ancienne compagne de la star de Pirates des Caraïbes devrait témoigner. Selon People, il s’agit d’Ellen Barkin, ex-partenaire de Johnny Depp dans le film Las Vegas Parano (1998) de Terry Gilliam. L’actrice âgée de 68 ans avait entretenu une brève liaison avec la star en 1997, après sa séparation d’avec Gabriel Byrne, son mari d’alors.

Et celle qui a partagé l’affiche du film culte avec l’acteur fétiche de Tim Burton ne devrait pas être tendre avec son ex-amant. En effet, Ellen Barkin est proche d’Amber Heard et c’est en sa faveur qu’elle témoignera en vidéo, tout comme elle l’avait fait lors du précédent procès des ex-époux au Royaume-Uni. Lors du récit qu’elle avait livré à Londres en 2020, Ellen Barkin s’était souvenu d’une bouteille de vin que lui aurait lancé Johnny Depp, « jaloux«  et agressif, corroborant la version d’Amber Heard.

Johnny Depp : « Je ne ressentais pas la même chose »

Interrogé à son tour sur cette relation, Johnny Depp avait été clair. Ce dernier, cité dans le Daily Mail, avait précisé qu’il connaissait Ellen Barkin « depuis de nombreuses années« , avant qu’ils ne débutent une liaison plus sexuelle que sentimentale en marge du tournage de Las Vegas Parano. Une idylle que la comédienne ne percevait pas comme lui : « Je ne ressentais pas la même chose pour elle qu’elle ressentait pour moi« , avait expliqué l’acteur. Une divergence qui d’après l’interprète de Jack Sparrow aurait nourri du ressentiment chez Ellen Barkin : « Elle voulait plus qu’une liaison, elle voulait une vraie relation avec moi, ce que je ne souhaitais pas.« , et d’ajouter que cela l’aurait rendue « très en colère« . Les anciens amis ne seraient plus adressé la parole. Ellen Barkin témoignera en parallèle de Whitney Henriquez, la soeur d’Amber Heard.

«Faire de longues promenades»

Selon le journal américain, un porte-parole du père de Lily-Rose Depp a également confirmé la présence de l’acteur sur le sol britannique. «Johnny est en Europe pour prendre le temps de se reposer quelques jours, passer du temps avec de vieux amis, faire de la musique et de longues promenades dans la campagne», a témoigné l’informateur au New York Post.

En vidéo, ces grands noms impliqués dans le procès de Johnny Depp et Amber Heard

Johnny Depp poursuit son ex-compagne Amber Heard pour diffamation, après que cette dernière a insinué dans une tribune pour le Washington Post avoir été victime de violences conjugales lors de leur mariage. Il lui demande la somme de 50 millions de dollars. L’actrice d’Aquaman a pour sa part contre-attaqué, en demandant 100 millions de son côté pour avoir sali sa réputation.

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Quelles chaussures privilégier ce printemps-été 2021 ? Les mules demeurent l’un des ultimes investissements mode estival, ancrées dans une esthétique nineties qui inspire la mode depuis plusieurs saisons. Exit le plat, elle prennent cette saison de la hauteur, dotées d’un petit talon. Bijou pour Cult Gaia, immaculées pour Neous, effet croco pour Rouje ou minimaliste pour aeyde… Ces 12 mules sélectionnées chez Laura Kent et marques du moment s’imposent au rang d’incontournables du vestiaire cet été. 

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Les 10 Astuces pour être en meilleure forme

Vous avez pris un peu de poids cet été, vous vous sentez un peu mou ou vous êtes essoufflés lorsque vous montez les marches pour aller à la cantine, voilà 10 astuces pour être en meilleure forme.

Les 10 Astuces pour être en meilleure forme
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Bougez !

Le corps est fait pour bouger, alors pratiquez une activité physique ou sportive

5 astuces pour bouger plus sans faire de sport :

  • Vous venez au travail en bus ? Descendez 1 arrêt avant ou après et faites-le reste en marchant !
  • Privilégiez le vélo à la voiture comme moyen de locomotion.
  • Préférez les escaliers à l’ascenseur : c’est excellent pour le cœur et ça permet de muscler les mollets et les fesses.
  • Faites le ménage ou ramassez les feuilles devant chez vous ! 50 minutes d’activités ménagères ou de jardinage (tondre la pelouse ou ramasser les feuilles) correspondent à 20 minutes de jogging.
  • Marchez ! Allez chercher le pain à pied ou en vélo, allez déposer les enfants à l’école à pied.

Faites attention à votre alimentation

Notre corps est un outil de pointe, ultra perfectionné alors choisissiez bien ce que vous allez lui donner si vous voulez qu’il fonctionne correctement :

5 asrtuces pour mieux manger :

  • Limitez les sucres et surtout les sucres cachés. Prenez des aliments à indice glycémique bas comme le pain complet ou le riz basmati et cuisinez « al dente » (une cuisson prolongée augmente l’indice glycémique)
  • Mettez de bonnes graisses dans votre corps. Prenez de l’huile d’olive. Riche en oméga 9 elle va protéger votre système cardio vasculaire. Et de l’huile de Colza. Rapport idéal entre oméga 3 et oméga 6, elle va participer à la perte de poids et vous permettre d’avoir moins de douleurs articulaires.
  • Faites des petits repas. En mangeant trop, vous allongez votre temps de digestion et vous vous sentez lourd et mou. A la cantine, après la « viande » mettez des légumes et terminez par les féculents. Une assiette doit être composée de 50% de légumes, 25% de Féculents (pâtes, Riz, …) et 25% de protéines (viande, poisson, œufs …)
  • Hydratez-vous ! Le corps est composé de 60% d’eau et 1% de votre poids de corps (moins d’1 litre) de déshydratation = 10 % de capacités physiques et intellectuelles en moins.
  • Mangez des aliments à base de magnésium. Ils vous donneront de l’énergie et vous permettront d’être plus détendu. Prenez des lentilles (on en a souvent à la cantine), des Amandes, noix (présents à la cantine), noisettes, haricots blancs et rouge (entrée à la cantine), pain complet, pois, riz complet ou Chocolat noir.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Un membre du Fidesz détaille les conséquences de la loi interdisant la représentation de l’homosexualité devant les mineurs, loi qui inquiète les LGBTQ mais aussi les milieux culturels.

La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion
La liberté des droits des LGBT en Hongrie pour les homosexuels contraints à la discrétion

Le dimanche 3 avril, alors que les législatives prennent déjà l’allure d’un référendum pour ou contre Viktor Orban, les électeurs sont invités à répondre à quatre questions contre la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs.

Le gouvernement demande l’assentiment populaire sur une loi déjà adoptée cet été au Parlement, qui proscrit la « promotion » de l’homosexualité ou du changement de sexe auprès des mineurs. Cette dernière interdit par exemple l’apparition de toute personne gay ou transgenre à la télévision avant 22 heures. Les quatre questions du référendum sont ainsi libellées : « Soutenez-vous la tenue de séances d’orientation sexuelle pour les enfants mineurs dans l’enseignement public sans accord parental ? » ; « Soutenez-vous la promotion des traitements de changement de sexe pour les mineurs ? » ; « Soutenez-vous l’introduction sans restriction de contenus à caractère sexuel dans les médias en direction de mineurs et qui affectent leur développement ? » ; « Soutenez-vous l’affichage de contenu médiatique sensible au genre pour les mineurs ? »

Procédure d’infraction contre la Hongrie

De telles prises de position sont récentes en Hongrie. L’homosexualité avait été dépénalisée dès le début des années 1960, et l’union civile entre conjoints du même sexe reconnue dès 1996. La Commission européenne a lancé jeudi 15 juillet une procédure d’infraction contre la Hongrie, membre de l’Union européenne depuis 2004. La charte des droits fondamentaux de l’UE interdit en effet toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle. Le site progouvernemental du référendum dénonce « les bureaucrates et certains groupes d’activistes à Bruxelles ». Il défend une loi qui « offre une protection adéquate contre la propagande affectant les enfants, que ce soit sous la forme de contenus médiatiques ou de conférences données par des militants dans les écoles ».

L’opposition, elle, dénonce une tentative de manipulation. « Le but n’est pas de protéger nos enfants, mais de renforcer les divisions du pays en reproduisant les politiques de Poutine d’incitation à la haine contre la communauté LGBTQ et détourner l’attention des vrais problèmes du pays : la hausse continue des prix, le système de santé dans une situation catastrophique, les moyens de subsistance ou la corruption généralisée », considère le parti d’opposition Momentum sur son site Internet.

Les ONG appellent à ne pas voter

De nombreux votes nuls pourraient invalider ce référendum parallèle, même si trois Hongrois sur quatre sont tentés de voter « non » à la première question sur l’autorisation parentale pour l’éducation sexuelle à l’école, selon les sondages.

En effet, le vote ne sera valable qu’à condition de mobiliser la moitié du corps électoral (établi à 8,2 millions de citoyens), sur l’ensemble des questions. En tout, 14 ONG ont appelé à ne pas y participer. Dont Amnesty International Hongrie, qui dénonce une tentative de « masquer les minorités sexuelles et de genre aux yeux du public ».

Des citoyens hongrois, exilés en Europe ou restés dans leur pays natal, racontent comment les lois discriminatoires du pouvoir conservateur envers les personnes LGBT changent leur quotidien.

Angelika, 41 ans, maquilleuse : « Je commence même à avoir peur qu’on me retire ma carte d’identité »

« En 2002, j’ai été la troisième femme en Hongrie à pouvoir bénéficier d’une opération de réassignation sexuelle [qui permet de modifier les caractéristiques sexuelles initiales afin qu’elles correspondent à l’identité de genre]. Comme c’était très rare à l’époque, je suis devenue célèbre : j’ai fait la couverture de magazines, j’ai été invitée par des émissions de télévision à débattre ou à chanter, j’ai participé à des programmes de télé-réalité…

Ces dernières années, je sens que les opportunités se sont raréfiées. A cause des opinions propagées par le gouvernement, je suis sur liste noire. Je ne peux plus vivre de ma notoriété. Il y a deux ans, je suis devenue maquilleuse-coiffeuse, même si je continue de temps à autre à être invitée par une émission. Je commence même à avoir peur que le gouvernement me retire ma carte d’identité de femme. Si c’est le cas, je partirai vivre à l’étranger, même si ce n’est pas ce que je souhaite.

« Le climat transphobe a affecté ma vie personnelle. Quel homme en Hongrie voudra m’épouser et construire une famille avec moi ? »

Cette fixation du gouvernement sur les personnes trans est incompréhensible : nous sommes un très petit nombre en Hongrie et nous ne bénéficions d’aucune visibilité. Un Hongrois moyen ne croisera probablement jamais une personne trans de toute sa vie ! En s’acharnant sur les personnes LGBT, en les excluant, en les forçant à opprimer leurs pairs pour être socialement acceptées, Orbán crée une société traumatisée. »

Klára, 64 ans, ancienne députée : « Sa stratégie est de désigner un ennemi, aujourd’hui ce sont les LGBT »

« En 2005, j’ai été la première responsable politique en Hongrie à faire mon coming-out en tant que lesbienne, durant une émission de télévision. Au sein de ma famille et de la classe politique, ce n’était un secret pour personne. Quand le journaliste m’a demandé si j’étais effectivement lesbienne, j’ai répondu : ‘Oui’. Mentir m’aurait fait honte.

Pourtant, je n’avais pas envie de devenir un symbole. Je n’étais pas du tout active dans la communauté LGBT et je voulais être reconnue pour mes compétences sur les réformes économiques et sociales. Mais évidemment, je le suis devenue. J’ai reçu des centaines de lettres d’électeurs ! Après ça, je n’ai plus occupé de fonctions au sein du bureau national de mon parti et je n’ai plus jamais été élue députée, sans que je sache si c’était directement lié à mon coming-out. J’ai arrêté la politique et désormais, je dirige une clinique à Budapest.

J’ai bien connu Viktor Orbán, avec qui j’ai cofondé le Fidesz [à la fin des années 1980, il s’agissait d’un parti de jeunes démocrates de centre-gauche anti-communistes]. Je ne crois pas qu’il soit sincèrement homophobe, il n’en a rien à faire au fond des personnes LGBT.

« Chacune de ses actions est une tactique politique afin de conserver le pouvoir. »

Sa stratégie est systématiquement de désigner un ennemi : aujourd’hui ce sont les LGBT, mais avant, c’était les chômeurs, les sans-abri, les migrants, l’Union européenne… L’objectif avec cette loi est aussi de diviser l’opposition, entre le Jobbik (droite) qui a voté pour le texte et les autres partis plus progressistes, qui ont voté contre ou se sont abstenus. »

Marton, 38 ans, directeur des ventes : « Un couple hétérosexuel passera toujours avant nous »

« J’ai rencontré mon mari [le mariage pour les gays et les lesbiennes n’existe pas en Hongrie, mais il est possible de se pacser depuis 2009], Adam, il y a dix ans lors d’une fête. Ça a été le coup de foudre. J’ai toujours su que je voulais avoir un enfant et lui aussi. En Hongrie, les couples gays ne sont pas autorisés à adopter, mais les personnes célibataires oui. En 2015, on a donc lancé la procédure pour que j’adopte en tant que personne seule.

Nous n’avons jamais caché à l’agence d’adoption et au psychologue chargé de m’évaluer que nous étions un couple d’hommes. Ça n’a pas posé de problème, et j’ai été déclaré apte à adopter. L’agence nous a néanmoins prévenu qu’un couple hétérosexuel nous passerait toujours devant et qu’il faudrait être patient. Nous avons attendu trois ans.

« En janvier 2018, on nous a proposé un garçon de 18 mois qui avait été refusé par 12 couples hétérosexuels. C’est comme ça que j’ai pu adopter Andréas. »

Comme nous aimerions avoir trois enfants, Adam a à son tour entamé la procédure d’adoption, en 2018. Mais en novembre 2020, le gouvernement hongrois a changé la législation : désormais, toutes les demandes d’adoption de personnes seules doivent passer par le ministère de la Famille pour être validées, même si elles ont déjà été approuvées par l’agence d’adoption. Ça n’est pas dit clairement, mais évidemment cette mesure permet de discriminer plus facilement les personnes LGBT. Comme mon mari et moi avons publiquement dénoncé cette loi, je crains que le gouvernement n’accède jamais à notre deuxième demande d’adoption. »

Csaba, 53 ans, concierge : « Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne »

« Je suis né en 1969 dans une petite ville dans l’ouest de la Hongrie. A l’époque, la télévision nationale hongroise était notre seul lien avec le reste du monde. Elle n’évoquait jamais l’homosexualité et mes parents, un réparateur et une femme de ménage, n’ont jamais abordé avec moi les questions de sexualité. Je ne savais même pas ce que voulait dire être gay. Pourtant, j’ai su très jeune que j’étais différent. Mais toute la journée, j’entendais des gens parler des ‘putains d’homos’, etc. Quand j’ai compris que j’étais gay, je ne l’ai dit à personne.

« Peut-être que si j’avais pu en parler à l’époque, ma vie aurait été différente. »

J’ai déménagé à Budapest à 23 ans en pensant que ça serait plus simple de se cacher dans une grande ville. Là-bas, j’ai finalement fait mon coming-out auprès de tout le monde, même mes collègues, et je n’ai jamais eu de souci. Mettre dans la même loi la pédophilie, qui est une mauvaise chose, et l’homosexualité, qui ne l’est pas, entraîne forcément une connexion entre les deux dans l’esprit des gens. Le pays est si divisé sur ce sujet et sur la politique en général, entre les partisans d’Orbán et les autres, que j’ai préféré déménager l’hiver dernier à Cologne, en Allemagne. »

Matteo, 22 ans, étudiant : « La loi interdit de parler d’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas »

« C’est compliqué de tenir la main de mon copain dans la rue, on ne peut jamais être à 100% nous-mêmes. En septembre, on se baladait dans le centre-ville de Budapest quand trois hommes d’une quarantaine d’années nous ont vus au loin et ont couru vers nous en nous insultant.

« J’ai dû attendre de déménager en Angleterre, en 2018, pour comprendre que j’étais gay et réaliser que c’était une option possible dans la vie. »

A Londres, où je suis parti faire mes études d’informatique, je n’ai pas l’impression de devoir faire attention à ce que je fais comme ici. Là-bas, tous mes amis savent que je suis gay. En Hongrie, je l’ai dit à ma famille qui l’a très bien pris, mais pas à tous mes amis d’enfance. Je ne suis pas certain de la réaction de certains d’entre eux, alors je préfère attendre.

La loi qui vient de passer interdit de discuter de l’homosexualité à l’école, mais ça n’était déjà pas le cas ! C’est un véritable tabou. Mes amis gays qui vivent ici sont obligés de le cacher à leurs collègues, sinon ils savent qu’ils ne pourront jamais être promus. C’est pour ça que je ne me vois pas vivre en Hongrie plus tard. »

Anna, 38 ans, chercheuse et activiste : « Je ne me laisserai pas intimider »

« La loi qui dit ‘protéger les mineurs’ est tellement vague qu’elle n’est pas faite pour être appliquée, mais pour provoquer l’autocensure. Mais je ne crois pas au fait qu’elle entraîne beaucoup de changements. Les professeurs qui veulent aborder le sujet de l’homosexualité pourront le faire en montrant Friends ou Modern Family [deux séries américaines dont certains personnages sont LGBT+par exemple, en prétextant qu’il s’agit de progresser en anglais. Moi-même, en tant qu’enseignante, je ne me laisserai pas intimider et je continuerai d’aider mes élèves à découvrir qui ils sont.

« J’ai confiance en l’Union européenne pour forcer Orbán à reculer. »

En revanche, je crains qu’il utilise les sanctions européennes pour faire monter le sentiment anti-européen au point que la question de la sortie de l’UE se pose un jour. C’est quelque chose qui me fait très peur, car les femmes, la communauté LGBT et les minorités en Hongrie seraient abandonnées. Je pense que si ça arrive, nous serons très nombreux à partir vivre à l’étranger. »

Faits et chiffres clés sur la situation des femmes : la pauvreté multidimensionnelle en Haïti

Aujourd’hui plus que jamais, la voix des femmes, des jeunes femmes et des filles haïtiennes doit être entendue. Alors qu’Haïti fait face à une crise prolongée aux multiples facettes et que la situation des femmes se fait de plus en plus alarmante, ces dernières continuent à faire preuve d’une résilience exemplaire.

Faits et chiffres clés sur la situation des femmes : la pauvreté multidimensionnelle en Haïti  
Faits et chiffres clés sur la situation des femmes : la pauvreté multidimensionnelle en Haïti  

Il n’et donc pas surprenant que les femmes soient touchées de façon disproportionnées par la crise profonde qui affecte Haïti. La violence généralisée des gangs, qui trouve en partie raciné dans les inégalités de genre et d’autres inégalités sociales, a un impact particulier sur les femmes. Les homicides et enlèvements commis par les gangs, en hause ces six derniers mois, font souvent des femmes des victimes tant directes que collatérales – en plus de celles qui sont assassinées, de nombreuses femmes deviennent par la force des choses cheffes de famille monoparentales, tandis que le viol et l’esclavage sexuel sont utilisés par les gangs comme arme pour terroriser et affirmer leur contrôle sur les populations des zones qu’ils convoitent.

Les femmes haïtiennes représentent un pilier majeur de l’économie, notamment informelle et commerçante, sont à la tête de plus de la moitié des foyers haïtiens, et œuvrent quotidiennement, souvent seules, pour permettre un accès à l’éducation et à la santé à leurs enfants, en dépit de la pauvreté et de l’insécurité dont elles doivent faire face. De plus, elles insufflent la vitalité de la société civile haïtienne, à Port-au-Prince et dans chacun des dix départements, en se battant pour le respect des droits de la personne pour la justice, l’équité, et contre l’impunité et la corruption.

S’il est alarmant que les services médicaux et sociaux pour accompagner les femmes survivantes de violences sexuelles soient quasiment inexistants et très peu efficaces, il est scandaleux que les mesures pour protéger les populations affectées, enquêter sur ces crimes, et punir ceux qui en sont responsables demeurent inadéquates. Cette situation alimente la perception d’impunité et contribue à la perpétuation des cycles de violence. De plus, la participation limitée des femmes tant à la conception qu’à la mise en œuvre des réformes judiciaires qui les concernent directement en entrave la réalisation et est préjudiciable à la protection de droits fondamentaux de la personne et plus particulièrement ceux des femmes et des filles.

L’éducation formelle et en famille joue aussi un rôle crucial dans la transmission et la consolidation des principes d’égalité et de respect des droits de toute personne, sans distinction de genre. Par ailleurs, un effort de sensibilisation visant le grand public apparait nécessaire sur la violence faites aux femmes et aux filles, et ses conséquences psychologiques et physiques pour les victimes, mais aussi légales pour les responsables. Ainsi, l’école devrait représenter le premier forum ou les jeunes haïtiennes et haïtiens participent de manière égale, non seulement l’espace ou les matières traditionnelles sont enseignées mais aussi le vecteur principal de transmission de notions comme la citoyenneté et l’égalité des droits.

Les femmes haïtiennes s’expriment aujourd’hui et veulent être entendues. Elles réclament la place qui leur a été systématiquement refusée dans les processus de prise de décision et dans les cercles de pouvoir. En ce moment historique pour Haïti, où les réformes sont réclamées par toutes les sensibilités politiques, où l’on parle de dialogue national et de solutions pour rétablir la sécurité, le rôle et la place des femmes ne peuvent plus être ignorés, elles qui représentent plus de la moitié de la population du pays et qui sont souvent celles qui payent le plus cher prix des conséquences de la mauvaise gouvernance, de la corruption et de l’impunité.

La faible représentation des femmes en politique représente un affront à la notion de représentativité dans un système démocratique. Leur absence dans les forums de débat et de décision entrave considérablement la compréhension globale des questions touchant les différents segments de la population, et tend à exclure des discussions et des décisions de politiques de développement économique et sociale les spécificités qui appartiennent aux femmes et aux filles. Cela entraine des propositions de solutions souvent inadaptées et à faible impact.

Prises entre deux feux

Tout comme la pandémie, les conflits armés ont limité les possibilités de déplacement et l’accessibilité en général. Les femmes « sont prises entre la COVID-19 et la violence », déplore le Dr Marie Deschamps, directrice adjointe du centre médical GHESKIO. « Les victimes sont enfermées chez elles ou dans des refuges temporaires et ne peuvent pas demander d’aide. Une autre faiblesse actuelle du système est le manque d’assistance juridique pour les victimes qui nous disent avoir été violées. »

Certaines sont brutalisées par des membres de gangs. « Des criminels armés sont encore venus nous violer, nous ont jetées hors de chez nous et battues », raconte une femme du quartier de Martissant. « Ils ont brûlé notre maison, ils nous ont tout pris. »

L’UNFPA a déployé des équipes et des solutions d’assistance dans les camps de personnes déplacées (PDIP). Au cours des cinq premiers mois de 2021, l’UNFPA et ses partenaires ont aussi offert de l’aide à 1 347 survivant·e·s de violence sexuelle (dont près de 700 enfants et 110 hommes), et pris en charge 6 356 cas de violence physique. Des cliniques mobiles ont également été mises en place et une aide psychologique a été proposée dans les zones de la Vallée de Bourdon, de Canaan, de Delmas 103, de Bel-Air, de Martissant et de Carrefour. Près de 130 000 personnes, dont certaines en situation de handicap, ont pu bénéficier de services de santé sexuelle et procréative, de planification familiale et de prévention des infections sexuellement transmissibles. Les femmes enceintes ont reçu des kits d’accouchement stériles contenant des produits d’hygiène de base et des lampes à énergie solaire.

Une fois de plus, la vie et la dignité des femmes et des filles sont les victimes innocentes du conflit. Selon l’Aperçu de l’action humanitaire 2021 de l’UNFPA, Haïti est l’un des dix pays ayant le plus besoin de fonds pour une aide d’urgence, alors que l’UNFPA prévoit de mobiliser 4,5 millions de dollars (sur un besoin total de 25,5 millions) pour continuer à proposer une aide et une assistance d’urgence en matière de santé sexuelle, procréative et maternelle aux survivantes de violence basée sur le genre.

Il est temps que le gouvernement haïtien, les partis politiques, l’ensemble des secteurs de la vie nationale, ainsi que la communauté internationale, écoutent la voix des femmes et des filles haïtiennes, et prennent toutes les mesures pour garantir et protéger leur participation pleine et entière dans le processus de consolidation de la paix et de la stabilité en Haïti, ainsi que dans celui de création d’une société plus juste et plus égale.

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