Le confinement et pour l’avenir

Il paraît qu’un jour ce confinement s’arrêtera (j’ai un doute, mais bon). Et que donc nous pourrons ressortir de chez nous, parler avec d’autres personnes que celles avec lesquelles nous partageons nos miasmes et/ou une partie de notre matériel génétique.

Il y a des problèmes aux confins du courage et du désespoir, que la raison ne peut affronter sans y risquer son existence.

Et alors, que se passera-t-il? Reprendrons-nous la vie là où nous l’avions laissée? (C’est-à-dire pour moi manger une burger à l’avant première avec mon meilleur ami en poussant des soupirs existentiels?) Ou allons-nous changer nos vies? Mais dans ce cas, à un niveau individuel ou collectif? Ou allons-nous subir ces changements comme des marionnettes à peine consentantes? Faut-il changer de travail? De logement? De conjoint? De pays? De continent? De système économique?

Chacun·e d’entre nous, affalé·e sur son canapé en pyjama sale, le cheveu gras, la main dans le paquet de gâteaux, ferait partie d’un ensemble plus grand. Nous ne serions pas seulement l’addition d’individus errant dans leur chambre les yeux hagards, nous formerions un tout, une transcendance, une nation.

Pour savoir comment vous voyez le futur, choisissez trois réponses dans cette liste. La majorité de vos symboles vous dira dans quel avenir vous vous projetez et quelle est votre chanson des Beatles.

A. J’ose espérer qu’on va arrêter de faire la bise à n’importe qui à tout bout de champ.

B. Puisqu’on annonce que les supermarchés ont décidé de proposer en priorité des fruits et légumes français pour aider les agriculteurs et les agricultrices, je pense que ça continuera après.

D. Le gouvernement va adopter des lois liberticides sans limitation de durée.

C. J’ai décidé de changer ma manière de faire les courses. Je fais la promesse que j’aurai toujours un stock de PQ d’avance et des conserves. Peut-être même qu’une nuit, j’irai creuser un silo dans le jardin pour enfants pour y enterrer de la farine.

A. J’espère qu’on fera comme dans les pays asiatiques, on prendra l’habitude de porter un masque dès qu’on est malade et que tout le monde a enfin compris qu’on tousse dans le coude.

E. Mon vrai sujet d’inquiétude, c’est comment je vais payer mes charges des six prochains mois alors que je ne gagne plus un kopeck. Ça va être très tendu. C’est surtout mon compte en banque qui est confiné si vous voulez mon avis.

F. On va revaloriser les salaires de celles et ceux qui font un travail utile à la société.

A. J’espère qu’il y aura une prise de conscience et qu’on sera autorisée à acheter la pilule sans ordonnance à jour, comme pendant le confinement.

B. On va limiter les déplacements de personnes entre pays.

D. J’ai changé d’avis sur le partage des données personnelles. Franchement, je suis pour un partage des informations de santé au niveau de l’État si ça peut sauver des vies. Regardez en Corée du Sud, ça a été hyper efficace, ça leur a quand même évité un confinement.

C. Je vends mon appart haussmannien dont le prix du mètre carré va s’effondrer de toute façon pour acheter une maison de campagne avec jardin mais pas trop loin d’un hosto. De toute façon, Airbnb c’est fini.

F. Les gouvernements des dix dernières années vont devoir rendre des comptes, on les traînera en justice s’il le faut. Ils ont démantelé l’hôpital.

A. Il y aura un avant et un après très net concernant le lavage de mains. On a enfin appris quand, comment et pourquoi se laver les mains.

F. On va diviser par 5 le nombre de réunions parce qu’on a compris que la plupart était inutile.

C. Gros changement chez moi: j’achète une machine à pain.

B. On va relocaliser la production d’un ensemble de produits, notamment les médicaments et le matériel médical. Ça nous a servi de leçon.

D. Je vais m’acheter davantage de produits connectés (enceinte, frigo, montre) parce que c’est quand même bien pratique.

E. Sympa vos préoccupations de bobos-slatos, mais je vous rappelle qu’on se dirige surtout vers une crise économique dramatique. Le chômage va exploser. Les entreprises vont faire faillite.

A. Moi, je pense qu’on va recommencer à se téléphoner.

G. Je passe mes journées à imprimer des coloriages Pokémon, foutez-moi la paix avec vos questions à la suçote-moi-la-moule.

Pour l’instant, on peut dire qu’on est face à un échec cuisant. Les fractures habituelles de la société sont toujours là –et je ne suis pas loin de me demander si elles ne s’accentuent pas.

En premier lieu, il y a eu la fracture cognitive du jeudi soir, entre le clan des «on a compris le principe du confinement» (les protestant·es pisse-froid dont je fais évidemment partie) et le clan du «tiens, il fait beau, j’ai envie d’aller postillonner dans un parc» (je suis certaine que ce sont les mêmes qui demandaient à reporter un contrôle alors que toi, tu t’étais fait chier à réviser).

Vous avez une majorité de:

A. Vous pensez que rien ne va vraiment changer. La vie va reprendre pour le pire et le meilleur.
Votre chanson des Beatles est «Nothing’s gonna change my world».

B. Pour vous, la crise actuelle se couple avec la crise écologique et va nous forcer à pratiquer une forme de démondialisation, à nous recentrer à l’échelle du pays. Mais on ignore encore si ce sera avec Nicolas Hulot ou Marine Le Pen.
Votre chanson des Beatles est «Strawberry fields forever».

C. Vous êtes survivaliste. Pour vous, ce confinement n’a été qu’un exercice qui vous a permis de vous mettre en situation pour identifier vos points faibles. Une sorte de répétition pour être fin prêt·e le jour de la Grande Catastrophe.
Votre chanson des Beatles est «Dear Prudence».

D. Que vous le craignez ou que vous le désiriez, vous pensez que le plus net changement qu’entraînera cette crise, c’est l’acceptation d’une société de surveillance numérique –qu’elle soit dirigée par l’État ou/et/en collaboration avec de grandes entreprises privées.
Votre chanson des Beatles est «Everybody’s got something to hide except me and my monkey».

E. Foin de discussion, ce qui nous attend c’est une sacrée crise économique. (Partant de là, vous pouvez bien sûr aussi bien penser que le système finit toujours par se réparer et continuer, ou qu’on va aboutir à un changement radical de paradigme.)
Votre chanson des Beatles est «Taxman».

F. Nous assistons aux derniers soubresauts d’une société et d’un système agonisants. La crise écologique était déjà en train de le déstabiliser, la crise sanitaire aura sa peau.
Votre chanson des Beatles est «Revolution».

G. J’en ai ras-le-cul. Je ne sais pas ce qu’il va se passer à part que je vais finir par me taper la tête contre les murs parce que j’en peux plus de ce putain de confinement.
Votre chanson des Beatles est «Help!».

C’est comme si ce virus, loin de nous rapprocher, faisait ressortir, exacerbait notre conscience des inégalités. Cette quarantaine concerne tout le pays certes, mais selon des réalités très différentes, avec un pôle où il y a les personnes qui doivent travailler (sans protection), un autre diamétralement opposé avec les aisé·es qui ont pu choisir dans quel domicile vivre leur confinement, et entre les deux tout un spectre en fonction de votre travail, de votre situation familiale et de votre logement.

Autant dire qu’on est loin de la concorde annoncée. La société française était fractionnée avant. On avait déjà envie de s’entre-tuer. Et ça n’a pas vraiment changé. Cette tension transparaît sur n’importe quel sujet, avec ce que j’appelle les agacements continus.

Alors que dans les jours suivants, le monde était frappé par la pandémie du coronavirus, et qu’aujourd’hui, le commentaire le plus souvent exprimé est celui d’une société, de systèmes, de modèles économiques et philosophiques qui vont changer, nul doute que les jeunes générations ont plus que “leur mot à dire”. Une certitude pour les habitants de Vandoeuvre-Les-Nancy : “réitérer l’expérience les années suivantes.

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