« Le Monde des lecteurs » – Confinement : l’occasion de créer un nouveau mode de relation ?

« Le Monde des lecteurs » – Confinement : l’occasion de créer un nouveau mode de relation ?

Se tenir à distance ne signifie plus, dans notre monde connecté, se tenir éloigné. La suspension du contact physique n’abolit pas le contact. Je n’ai jamais autant reçu de mails et de textos pour prendre de mes nouvelles, et n’en ai jamais autant envoyés.

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À la précaution, parce que des automatismes se mettent en place, parce que nous devons intégrer ces fameux gestes barrières -même si je suis irrité de constater que certains y font encore entorse. Ici, précaution rime avec conversion, parce que nous devons nous prémunir face à l’inédit.

Nous apprenons à nous tenir à distance les uns des autres, et donc, à réinventer le lien social, c’est-à-dire à reprendre la mesure des choses et du monde, ou plutôt, de nouvelles choses et d’un nouveau monde. Par exemple se rappeler que se tenir à distance ne signifie plus, dans notre monde connecté, se tenir éloigné. La suspension du contact physique n’abolit pas le contact. Je n’ai jamais autant reçu de mails et de textos pour prendre de mes nouvelles, et n’en ai jamais autant envoyés. Le lien social se crée différemment, en matérialisant la distance physique, il revisite notre conception de la proximité.

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Ça y est. Nous y sommes. Pour un temps indéterminé, nous sommes entrés dans un cycle inédit. Une tranche de vie à construire, où la raison devra le plus possible prévaloir sur l’émotion. Pour certains tempéraments, ce sera plus difficile, pour d’autres moins. Le grand défi est arrivé, le plus ardu, mais aussi le plus noble : le défi de soi par soi-même, qui va impliquer de se mesurer, de se dépasser, de puiser dans ses ressources cette force intérieure, ce petit moi qui dort en chacun de nous, que l’on mésestime mais qui n’en est pas moins là. Toujours là et pourtant si peu convoqué, si peu présent et pourtant si utile.

Le romancier apprend à ses lecteurs à comprendre le monde comme une question.

Le confinement s’adresse à tous, alors libérons notre ingéniosité en louant nos neurones à composer le moment en un temps enjoué.

Le temps est à la précaution, mais il est aussi à la conversion et à la création.

J’aime la lecture parce que c’est la seule conversation à laquelle on peut couper court à tout instant, et dans l’instant.

Le confinement n’est pas réclusion. Il est confrontation de soi à soi, il nous fait revisiter notre rapport au temps, au présent, à l’avenir.

L’occasion est venue de créer, créer de la relation, par la parole, par les images. Face à l’imprévu, nous devrons jouer la carte de la continuité. L’occasion se donne à nous de transformer la crise en une valeur ajoutée, un supplément d’âme en reprenant possession de ce qui fait notre humanité. Saisissons-la.

En France, nous venons d’entrer dans le stade 3 de la lutte contre le coronavirus, l’Europe est le nouveau foyer de la pandémie. Mais pensons aussi que les mesures drastiques de précaution peuvent être sublimées, devenir des mesures drastiques de conversion à de nouvelles pratiques, de nouvelles habitudes, un autre style de vie.

En complément de la lecture en ligne, rapide, profuse, fragmentaire, papillonnante, il n’y a d’autre choix que son exacte opposée, qui donne du temps à la réflexion et s’accorde la place nécessaire, tout en s’offrant cette jouissance des siècles échus : tourner des pages, en apprécier la sensualité des dessins et des photographies, et croire encore que le grain du papier nous rend aussi proches d’un magazine que le grain de la voix, d’une personne.

Si le goût de la bonne lecture était plus répandu parmi les gens du monde, ils auraient plus de bonnes connaissances pour se bien conduire. L’oisiveté engendre tous les vices, mais c’est l’ignorance qui les accrédite et qui les perpétue.

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